SCÈNE H
Les Mêmes, LE MARÉCHAL.
LE MARÉCHAL, au scuil de la porte. Une arme ! une arme !
LACOMTI.SSE. Écoutcz! [Bruit OU (leliorg.) Entendez-vous ces cris? Les furieux qui m'ont poursuivi ont brisé les portes de cet hôtel ; s'ils me trouvent ici, ma mort ne leur sufiira plus...
LACO.MTESSE, à part. Ils sont vainqueurs!
LA PESTE INOIKE.
LE MARÉCHAL. Et ils VOUS tueront toutes les deux avec moi.
LA COMTESSE. Puisque Dieu vous a ramené près de nous, monseigneur, vous y serez en sûreté, je le jure, par la mémoire de mon père!,.. Mais, dites-moi, avez-vous rencontré au premier rang de vos adversaires un jeune homme?
MARIE. Oui... un jeune homme qui...
LE MARÉCHAL. Ah ! je ne me souviens que d'un seul, si fier, si noble, si vaillant... qui deux fois m'a sauvé la vie...
LA COMTESSE ET MARIE. Que diteS-VOUS?
LE MARÉCHAL. Je ne me croyais entouré que de fidèles serviteurs du roi. Tout à coup les malandrins et leur infâme chef tournent leurs armes contre nous... Trahis, les miens qui se croyaient vainqueurs ne songent
plus qu'à la fuite et moi, seul, n'ayant
plus eu main qu'une épée brisée, je suis forcé de chercher un refuge dans une maison située près des piliers des halles... Quelques malandrins qui semblent surtout acharnés à ma perte, m'y poursuivent... je vais périr... Un jeune homme se jette au-devant d'eux, c'est un des leurs. .. un meurtrier de plus, sans doute?... non... non... car, la hache à la main, il se précipite sur eux, les renverse et me délivre...
LA COMTESSE. Ah ! c'cst lui !.. .
MARIE. Je le reconnais...
LA COMTESSE. Parlez, monseigneur... son costume, celui d'un marchand de la cité ? mais l'air noble, grand, fier, tout celui d'un gentilhomme, n'est-ce pas?
LE MARÉCHAL. Oui...
MARIE. Sur saprotrine une croix d'acier ?.. .
LE MARÉCHAL. Oui...
LA COMTESSE et MARIE. Ah! c'est luil... c'est lui !... et où est-il?...
LE MARÉCHAL. Ah ! que me demandezvous? voilà ce qui fait mon désespoir !...
LA COMTESSE et MARIE. O ciel !...
LE MARÉCHAL. Je l'ai vu retomber au pouvoir des siens.
MARIE, tombant sur un siège. Ah !
LA COMTESSE. Et VOUS êtes revenu sans lui!
LE MARÉCHAL. A peine avais-je pressé dans mes bras mon jeune libérateur, qu'une nouvelle attaque menace notre vie... Une femme, que dis-jp, un ange du ciel, Hélène, nous arrache à leurs mains sanglantes.
LA COMTESSE et MARIE. Hélène !...
LE MARÉCHAL. Mais ces lâches assassins, désespérant de nous vaincre par la force des armes , mettent le feu à la maison
qui nous servait d'asile.... Il faut fuir
Hélène nous appelle sur ses pas... Des murs croulants nousont séparés d'elle... Nous nous jetons le fer au poing sur les meurtriers qui nous attendent au dehors... Assaillis de tous
côtés, entraînés loin l'un de l'autre , je veux me frayer un passage jusqu'à lui... Vingtfois abattus et relevés vingt fois , sans cesse un mur de fer dressé entre nous deux, une infranchissable barrière.
LA COMTESSE. Et VOUS n'avez pu le sauver!...
LE MARÉCHAL. Eh ! madame, voilà mon sang, et je n'ai qu'un regret, c'est de ne l'avoir pas versé pour lui tout entier.
LA COMTESSE. Ah ! pardou ! pardon !
noble ami... mais c'est que je souffre tant... (.4 'part. ] S'il n'est plus, malheur à toi, Lionel!
Pendant cet aparté le maréchal remonte la scène.
LE MARÉCHAL, apercevant Maurice, à la cantonade. Maurice !
LA COMTESSE et MARIE. Maurice !
LA COMTESSE, regardant au dehors. C'est lui !.,. ah! c'est lui!...
MARIE. Vivant ! ah ! que le ciel soit béni !
Maurice entre.
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