SCÈNE IIL
Les MÊMES, MAURICE, Officiers Français.
MAURICE, entrant et sHncUnant devant le maréchal. Ah! je vous retrouve enfin, monseigneur...
LE MARÉCHAL, pressant la main de Maurice. Noble jeune homme ! je remercie
Dieu de t'avoir conservé à ma reconnaissance !... {Aux Officiers.) Et merci à vous, mes nobles compagnons, qui l'avez ramené jusqu'à moi. Mais avant que les hasards de la guerre ne nous séparent de nouveau et pour toujours peut-être... mon vœu le plus cher est de le faire admettre parmi vous au rang de chevalier.. . de Gisors, refuserez-vous d'être son parrain ?
GISORS. Maréchal, il sera mon frère...
LE MARÉCHAL. Et la fuite des Anglais sera sa fête de baptême. [Aux Officiers, ) Mais tout
n'est pas fini encore, et le temps presse
J'ai de nouveaux ordres à vous donner..... Venez... venez...
Ils disparaissent un moment; pendant ce mouvement de sortie, la Comtesse est restée à l'avant-scène et Maurice et Marie sont près l'un de l'autre, de l'autre côté de la scène.
LA COMTESSE. Pas même un regard!...
MAURICE, à Marie. O Marie, ô ma bienaimée !
LA COMTESSE. Sa bien-aimée î. ..
MAURICE. Pouvais-je m 'attendre à tant de bonheur?...
MARIE, èfls, Vœil sur la Comtesse. Silence!
MAURICE. Oh! oui. Dieu protège notre
amour ! ... il a pris piiié de nos souffrances. ..
MARIE. Tais-toi!
MAURICE. Toi, ici!... mais comment se fait-il?...
MARIE. Tais-toi! tais-toi! plus tard...
MAURICE, qui s'est aperçu que Marie fixait la Comtesse. La comtesse!... Ah! pardon, madame ..
LA COMTESSE, à part. Leurs souffrances!
leur amour !.,. Et moi!... oh! comment me vengerai-je?...
LE MARÉCHAL, revenant à Maurice. Mon jeune ami, le parti du roi est-il désormais le vôtre ?. . .
MAURICE. Vous n'en doutez plus, monseigneur.
LE MARÉCHAL. Vous êtes digiîc de toute ma confiance , et vous allez sur-le-champ donner une preuve de dévouement au roi Charles \TL
MAURICE. Je suis tout prêt à mourir pour lui.
LE MARÉCHAL. Bien, bien attendez
donc...
11 va a une table et écrit. Marie et Maurice seuls sur un plan plus éloigné, sontprès l'un de l'autre.
LA COMTESSE , à part , regardant Marie et Maurice. Oh! oui... il l'aime... et moi, ah ! malheureuse... Il faut les séparer à tout prix... mais j'y songe... Lionel m'en a fait l'aveu. Celle indigne rivale... Lui aussi il r^inie... Il faut qu'elle soit à lui... il me répondra d'elle {Allant à Marie.) Vous
allez uie suivre, Marie.
MARIE. Hélas! on me séjiarc encore de vous, i^Iaurice.
LA co.MTESSE, au Maréchal. Je vous laisse monseigneur... [Bas, au Maréchal.) Vous avez vu ma faiblesse.. .
LE MARÉCHAL. Le cœuf du maréchal de Rieux sait compatir aux douleurs qu'il a souffertes lui-même.
LA COMTESSE. Mon uoblc ami!...
MAURICE, bas, à Marie. Ce soir, à l'Erniilage du Falais.
LA COMTESSE. Vencz, Marie; nous ne nous séparerons plus.
Elles sortent.
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