‹ [Magasin théâtralChapitre 460 sur 1545 · SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL

Les MÊMES, MAURICE, Officiers Français.

MAURICE, entrant et sHncUnant devant le maréchal. Ah! je vous retrouve enfin, monseigneur...

LE MARÉCHAL, pressant la main de Maurice. Noble jeune homme ! je remercie

Dieu de t'avoir conservé à ma reconnaissance !... {Aux Officiers.) Et merci à vous, mes nobles compagnons, qui l'avez ramené jusqu'à moi. Mais avant que les hasards de la guerre ne nous séparent de nouveau et pour toujours peut-être... mon vœu le plus cher est de le faire admettre parmi vous au rang de chevalier.. . de Gisors, refuserez-vous d'être son parrain ?

GISORS. Maréchal, il sera mon frère...

LE MARÉCHAL. Et la fuite des Anglais sera sa fête de baptême. [Aux Officiers, ) Mais tout

n'est pas fini encore, et le temps presse

J'ai de nouveaux ordres à vous donner..... Venez... venez...

Ils disparaissent un moment; pendant ce mouvement de sortie, la Comtesse est restée à l'avant-scène et Maurice et Marie sont près l'un de l'autre, de l'autre côté de la scène.

LA COMTESSE. Pas même un regard!...

MAURICE, à Marie. O Marie, ô ma bienaimée !

LA COMTESSE. Sa bien-aimée î. ..

MAURICE. Pouvais-je m 'attendre à tant de bonheur?...

MARIE, èfls, Vœil sur la Comtesse. Silence!

MAURICE. Oh! oui. Dieu protège notre

amour ! ... il a pris piiié de nos souffrances. ..

MARIE. Tais-toi!

MAURICE. Toi, ici!... mais comment se fait-il?...

MARIE. Tais-toi! tais-toi! plus tard...

MAURICE, qui s'est aperçu que Marie fixait la Comtesse. La comtesse!... Ah! pardon, madame ..

LA COMTESSE, à part. Leurs souffrances!

leur amour !.,. Et moi!... oh! comment me vengerai-je?...

LE MARÉCHAL, revenant à Maurice. Mon jeune ami, le parti du roi est-il désormais le vôtre ?. . .

MAURICE. Vous n'en doutez plus, monseigneur.

LE MARÉCHAL. Vous êtes digiîc de toute ma confiance , et vous allez sur-le-champ donner une preuve de dévouement au roi Charles \TL

MAURICE. Je suis tout prêt à mourir pour lui.

LE MARÉCHAL. Bien, bien attendez

donc...

11 va a une table et écrit. Marie et Maurice seuls sur un plan plus éloigné, sontprès l'un de l'autre.

LA COMTESSE , à part , regardant Marie et Maurice. Oh! oui... il l'aime... et moi, ah ! malheureuse... Il faut les séparer à tout prix... mais j'y songe... Lionel m'en a fait l'aveu. Celle indigne rivale... Lui aussi il r^inie... Il faut qu'elle soit à lui... il me répondra d'elle {Allant à Marie.) Vous

allez uie suivre, Marie.

MARIE. Hélas! on me séjiarc encore de vous, i^Iaurice.

LA co.MTESSE, au Maréchal. Je vous laisse monseigneur... [Bas, au Maréchal.) Vous avez vu ma faiblesse.. .

LE MARÉCHAL. Le cœuf du maréchal de Rieux sait compatir aux douleurs qu'il a souffertes lui-même.

LA COMTESSE. Mon uoblc ami!...

MAURICE, bas, à Marie. Ce soir, à l'Erniilage du Falais.

LA COMTESSE. Vencz, Marie; nous ne nous séparerons plus.

Elles sortent.

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