MARIE, MAURICE
MARIE. Lionel!. . Lionel!...
MAURICE. Marie, mon amour t'a perdue ! ... Rappelle Lionel.. . fuis avec lui. . . abandonnemoi...
MARIE. T'abandonner... le suivre!... Oh!
jamais! jamais! mieux vaut la mort ici, avec toi... Ah! mon Dieu, quel est ce bruit?... On entend de l'eau tomber lentement du plafond.
MAURICE. Marie.. . un voile s'étend sur mes yeux... où es-tu?...
MARIE. Mort!... mort!... Au secours!...
Oh ! mais personne ne viendra donc à notre secours?...
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Les MÊMES, LE MARÉCHAL, arrivant par la gauche.
LE MARÉCHAL. Me voici ! me voici!...
MARIE Vous!... vous!... Ah! c'est le ciel qui vous envoie!...
LE MARÉCHAL. C'est Hélène l'inspirée, qui m'a guidé dans ces souterrains... Au détour de la galerie voisine, elle m'a brusquement abandonné !... Dieu a fait le reste, puisqu'il m'a conduit ici.
MARIE, lui montrant Maurice. Sauvez-le!
sauvez-le 1...
LE MARÉCHAL, couraut à son fils. Maurice... mourant!... blessé!. ..
MARIE. Non, frappé de la peste.
LE MARÉCHAL. Mon enfant! mon enfant!
MARIE. N'approchez pas... la contagion vous tuera.
LE MARÉCHAL. Est-cc qu'uu père est jamais mort du mal de son enfant ?.. . {Il prend Maurice dans ses bras.) Tu souffres? mon Dieu! comme lu es pâle!... Réponds-moi, Maurice, réponds-moi; dis-moi que tu reconnais ton père... Tu ne réponds pas... Maurice!... Maurice!... rien!... rienl...
MARIE. La mort est sur son visage.
LE MARÉCHAL. La mort!... elle n'osera le prendre dans les bras de son ûls... je l'en défie !
Il entoure son fils de ses bras, ot le soulève en regardant autour de lui comme si on voulait le lui dérober.
MARIE. Ah! VOUS êtes courageux... vous!
LE MARÉCAAL. La galerie est libre encore... venez! venez I...
Au moment où ils vont sortir par la galerie de gauche un grand bruit se fait entendre dans la coulisse, et un quartier de roche tombe et bouche le sentier par lequel est sorti Lionel.
MARIE. Ah! mon Dieu... ce bruit?
LE MARÉCHAL. Malédiction ! un éboiilement.
MARIE. Ah!
LE MARÉCHAL. La voûtc s'cst écrasée!...
elle s'écroule encore.
^ MARIE. Perdus! perdus!...
LE MARÉCHAL. La route est impraticable; des fragments de granit l'encombrent et en ferment l'accC'S.
MARIE, montrant au fond. Ah! si du moins ce sentier...
LE MARÉCHAL, couraut à la porte. Oui, c'est vrai... c'est notre seul moyen de salut!... [Prenant son fils dans ses bras.) Maurice, un dernier effort... ton père est
avec toi; mon enfant, il ne t'abandonnera pas.
II marche avec Marie et Maurice vers le fond. Le fond s'écroule ot l'on voit de sombros galeries que l'eau à déjà envahies; le Maréchal recule.
MARTE. Ah! cette eau... cette eau... elle monte! elle monte!...
LE MARÉCHAL. Là, là, sur ces rochers... (// saisit Maurice et le forte sur la première marche; il y monte lui-même, ainsi que Marie.) Ah! ïeau monte toujours!...
Mais il faut donc mourir?... {Entraînant Maurice et Marie sur les degrés supérieicrs.) Venez!... venez!... là, peut-être... elle ne nous atteindra pas.
MARIE, voyant Veau monter de plus en 2)lus. Encore! encore!... Maurice, adieu! adieu!...
LE MARÉCHAL. Mauricc!... Marie!... dans mes bras, sur mon cœur!.. . c'est ainsi qu'il faut paraître devant Dieu.
MARIE, voyant Veau monter jusqu'audessus de leur marche. Ah ! la mort !... voici la mort!...
En cet instant, la porte du fond s'ouvre violemment, Hélène paraît et les saisit tous les trois.
HÉLÈNE. Vous ne mourrez pas!... vous ne mourrez pas!...
LE MARÉCHAL et MARIE. Ah! sauvés!...
sauvés!
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