‹ [Magasin théâtralChapitre 487 sur 1545 · PIERRE, BERTRAND, CHARLOTTE, ARTHUR , LA COMTESSE , LA BA- RONNE · texte numérisé non relu

PIERRE, BERTRAND, CHARLOTTE, ARTHUR , LA COMTESSE , LA BA- RONNE

LA COMTESSE. Avancez aussi , Pierre ; yoici votre femme. Arthur , depuis six mois , ces jeunes gens s'aiment.

l'iERRE.Quand je dis six mois, periii elle/,, madame la comtesse , c'est vrai pour ïiioi : il y a six mois que j'aime mamzelle Clmrlotte ; mais elle?... Dam ! je ne sais pas. EnBn , pui.squ'elle veut hien con.sentir.... LA COMTESSE. Oui , elle désire ce inariaf;e.

ARTHUR. Charlotte, répondez!... Répondez!... vous êtes seule maîtresse de votre sort ; personne ici ne doit , ni ne veut vous contraindre. Parlez.

CHARLOTTE. IMou père?... BERTRAND. Que vcux-lu ?

CHARLOTTE. Je ue veux tromper p>i-

sonne. Je ne peux pas épouser Pierre, car je n'ai jamais eu d'amour pour lui. PIERRE. Allons!... quand je vous dis que je suis ensorcelé!... Madame la comtesse, je n'ai plus besoin de votre aigent, je nie fais soldat , et vous verrez encore que je n'aurai pas le bonheur d'attraper un boulet de canon.

LA COMTESSE , à Charlotte. Que signifie cela? N'aviez -vous pas accepté tout à l'heure .^

LA BARONNE , à part. Voilà toute ma diplomatie perdue.

BERTRAND. H me Semble , Cliarlotte , qu'il y a du louche dans tout ça ; et , voistu , le père Bertrand a toujours été droit

.sou chemin! Je veux que ça s'éclair-

cisse.

CHARLOTTE. Mon pèi'e!...

LA COMTESSE. Je voulais vous assurer une existence honnête : vous ne le voulez pas ! ... Vos motifs pour refuser, les avoueriez-vous sans rouyir ?

ARTHUR. Ah !

BERTRAND. Qu'cst-ce que j'entends là ?

Charlotle , tu es mon unique enfant ; mais, tu le .sais bien , j'aimerais mieux te voir morte que méprisée. Ecoute , si Pierie veut encore de toi ?...

PIERRE. Comment!... si j'en veux?

BERTRAND. H faut l'épouser : l'amour viendra après. Vois-tu , ce que dit madame la comtesse me donne des idées. ..Je veux que tu te maries.

CHARLOTTE. Jamais.

BERTRAND. Oses-tu bien ?...

LA COMTESSE. C'en est trop : que les caprices de cette fille ne nous occupent pas plus long-tems. Laissez-nous.

ARTHUR. Oh ! ne la renvoyez pas ainsi , je vous en conjure : elle est libre de ses actions.

LA COMTESSE. Et moi , ne le suis-je pas demed(-livrer desgens qui m'importunent?

ARTHUR , s' animant, ^^a mère...

LA COMTESSE. Faut-il, jwur vous plaire, que je fasse ma société d'une grisetle ? BERTRAND. Madame la comtesse...

CHARLOTTE, à Bertrand. Venez.. . venez.

ARTHUR. Je ne soutfrirai pas qu'on les outrage devant moi.

LA COMTESSE. Et moi , je ne souffrirai pas plus long-tems sa présence. Sortez , sortez à l'inslant même.

ARTHUR. Restez.

LA BARONNE , ci part. Que va-t-il faire? LA COMTESSE. Sortez , dis-je , ou je vous fais cha.sser de chez moi.

ARTin R. La chasser Chasser mon

biave camarade

OHARLOTTB.

BERTRAND. Laissez -nous sortir , mon commandant.

CHARLOTTE. Je ne puis vcster ; je suis chez votre mère.

ARTHUR. Chez ma mère Non , personne n'a le droit de vous faire sortir d'ici.

LA COMTESSE. Que dites-vous ?

CHARLOTTE. Laissez-moi m'en aller.

ARTHUR. Jamais. . . Vous le voulez y ma mère?... Vous m'y forcez P.. .

LA COMTESSE. Comment? que prétendez-vous faire?...

ARTHUR. Comtesse d'Aiglemont... vous êtes chez vous.

FIN DU PREMIER ACTE

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