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SCÈNE III

PONTOIS, Mme DUPLESSIS.

M"»* DUPLESSIS, qui est allée à la cheminée. Allons, voilà ce feu qui va s'éteindre.

(Elle souffle, et arrange une cafetière.) PONTOIS , à part.

Fâcheux contre-temps 1

M™' DUPLESSIS , de la cheminée.

Il paraît que vous êtes eu colère contre votre fille, monsieur Pontois?

PO.NTOis , à part.

Il faut pourtant éloigner Eulalie.

(Il rénéchit.) M""* DUPLESSIS.

Que voulez-vous, monsieur Pontois, on n'a guère dcsalisractionà allcndrc descsenfans, dans le siècle de perdition où nous sommes... j'en suis une fameuse exemple, allez I

PONTOIS, à part.

Restons ici , et je trouverai bien quelque moyen...

M"» DUPLESSIS

Moi aussi, voyez-vous, j'ai une fille... et une fille légilime, muiisicur le régisseur.

PONTOIS, avec liumeur, Elil que m'importe?

M"" DUPLESSIS, appuyant sur les derniers mots. Une fille légilime, et du côté de son père, et du côté de sa mère, monsieur Pontois !

PONTOIS, vivement.

Ehiqu'enlendez-vous par là?

M^-e DUPLESSIS.

J'entends... qu'elle est venue au monde en plein mariage , du vivant de feu le chevalier Duplessis, mon mari.

PONTOIS

Laissez-moi donc tranquille avec votre mari le chevalier.

Mme DUPLESSIS.

Oui , monsieur Pontois , chevalier... et de la Légion d'Honneur encore... El si quelqu'un eût osé dire devant lui que Cornélie n'était pas sa fille légitime, il lui eût drôlement retrempé la langue.

PONTOIS

El il aurait bien dû commencer par la vôtre.

M^-e DtPLESSlS.

Et pourquoi cela, s'il vous plaît? J'ai bien le droil de dire que j'ai une fille légilime , peutêtre... Elil n'y a pas à jaser là dessus... Ce n'est pas après trois ans d'absence que je suis revenue au pays avec une pelile fille sur les bras, sans que personne sache où elle est née... comme ça vous est arrivé... Ma Coruélie est née au vu et au su de tout le monde...

PONTOIS , avec impatience.

Grand bien vous fasse 1

M°>8 DUPLESSIS

Ah I ce n'est pas pour le bien qu'elle m'a fait que je le dis, l'ingrate... Une fille comme Cornélie, une fille à laquelle nous avions donné la plus belle figure... et des mains... despieds... et faite.'... Ah! failc pour faire sa fortune el la mienne... avec ça qu'elle avait une clientèle superbe, que c'est elle qui a posé pour W<= Mignon de M. Shœffer... et la Cassandre de M. Pradier. Voiià-t-il pas que pendant une absence que j'ai faite, elle a été s'amouracher d'un méchant rapiu d'atelier et alors la malheureuse...

PONTOIS

A oublié sa légitimité, n'est-ce pas?

M""" DUPLESSIS

Plaît-il?... de quoi I... Pasdeça, monsieur le régisseur : elle l'a légitimement épousé en présence (lu maire et des adjoints réunis en conseil municipal de Paris. Elle est bien devenue madame Cornélie Dubois... El voilà la cause de .tous mes désastres I

PONTOIS, avec humeur.

Eh ! je vous le répèle , qu'est-ce que tout cela méfait, à moi, madame la garde-malade? ( S« rciournant. ) Mais qu'est-ce que vous faites donc , là?

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