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PROLOGUE, SCENE V

M"»» DCPLESSIS, qui apporte un fauteuil. Eh bien ! je m'arrange donc ! Quand on est obligée de passer toute la nuit debout... il faut au moinsélre assise à son aise...

PONTOIS

Ah ! vous veillez donc aussi cette nuit?

Mme DlIPLESSIS.

Ces jeunesses, ça n'a pas l'babitude.. Esl-ce que vous croyez que votre Eulalie pourrait y suffire... tandis que moi, voyez-vous, quand je veille, je dors là dedans comme dans mon lit.

PONTOIS

Oui! c'est ce que je sais parfaitement.

jime DUPLESSIS.

Oui, mais cette nuit, il ne s'agit pas de ça... Il s'agit d'une potion qu'il faut donner toutes les demi-heures. . Ah ! monsieur Pontois, dire qu'à mon Sge je suis réduite à poser des sangsues et autres choses par l'ingratitude d'une fille qui pouvait faire ma fortune... Ah ! c'est affreux !

PONTOIS , à part en réfléchissant.

Quelle idée !

Mme DDPLESSIS, mettant un sucrier et des tasses sur la table.

Mais c'est son gueux de mari , son Dubois qui a changé de nom pour que je ne le retrouve pas ; je ne le connais point, il ne m'a jamais vue, mais si je le tenais seulement un quart d'heure... je le ferais bouillir comme ça.

(Elle montre une cafetière sur le feu.) PONTOIS, regardant dans la cheminée.

Ehl qu'est-ce que c'est que ça ?

Mme DUPLESSIS.

Oh! c'est rien... c'est un brin de café,.. C'est que, voyez-vous, monsieur Pontois, le proverbe est vrai, le sommeil c'est comme la mort, ça connaît personne, pas même les garde-mulades; et si on ne se réveillait pas de temps en temps avec une petite goutte de gloria, on serait toute la nuit à dormir comme un plomb... et comme je vous le disais... je serai comme seule... Eulalie n'en peut plus... et à moins qu'elle ue lasse comme moi... PONTOIS, à part.

Bien!... (Allant rôder autour de l'armoire.) Vous avez raison, madame Duplessis...

(Il prend dans l'armoire une petite bouteille et la cache dans sa poche.) Mme DUPLESSIS.

Mais maintenant que tout cela est prêt, il faut penser à madame la marquise, le devoir avant tout... Voyons d'abord la potion calmante. (Elle va à l'armoire.) Il faut y mêler deux gouttes d'opium... Eh bien! où est-elle donc cette opium? (Elle cherche.) P05T0IS, à part.

Oui, cherche.

Mme DUPLESSIS, cherchant toujours.

Mais qu'est-clle donc devenue cette opium?...

C'est votre fille qui range tout ça... Mi ! ces jeune» têtes, il leur en faudrait, de l'opium pour les rendre raisonnables l

PONTOIS

Eh bien! il faut en aller chercher d'autre.

Mme DUPLESSIS.

A près de minuit... jusqu'à Montbéliard !... Merci de la commission !... Et cependant il en faut absolument de l'opium.

PONTOIS

Eh bien, vous pouvez envoyer quelqu'un de la ferme; et d'ailleurs, il y en a peut-être encore dans la pharmacie du château.

Mme DUPLESSIS.

Bien! je vais y voir... mais alors, ne bougez pas, monsieur Pontois, car si madame sonnait...

PONTOIS

Allez... je vous attends...

Mme DUPLESSIS, en sortant.

O Cornélie!... penser que c'est ton union légitime qui a réduit la pauvre mère à garder des malades ! Ah 1 c'est désolunl, c'est affreux!

(Elle sort par une porte au fond.)

osQoocooooscoossooooooooooooojooooooooooooooooeooog

PONTOIS, seul, tirant la petite bouteille de sa poche.

Bien!... profitons de celte absence... Quelques goutles dans son café... ^Il va ù la cheminée et verse dans la cafetière.) Assez pour m'assurer son sommeil pendant toute la nuit... (On entend des pas.) Déjà de retour... Non, ce n'est pas de ce côté. (Il écoute.) C'est dans le jardin... Qui peut venir si tard?...

(La porte-croisée s'entr'ouvre sur la terrasse ;Denne— ville parait.)

ooooooooooocoeoooooooooooooooooooooooooooooooooooe

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