SCÈNE VI
POiNTOIS, LA COMTESSE, C.\MILLE DE BRÉ- VISE.
LA COMTESSE, en entrant. Ah! c'est vous, Ponlois? Est-ce que vous passez la nuit au château?
PONTOIS
Je n'en avais pas l'intention, madame la comtesse; mais si ces dames ont besoin de moi...
LA COMTESSE
Non! nonl... Ponlois, comme vous restez a deux pas du château, vous pouvez vous retirer ; nous espérons que la nuit sera bonne, et si quelque événement exijîeait votre présence, nous vous ferions avertir.
PONTOIS
Je me relire, madame la comtesse.
(Il va pour sortir.) CAMILLE.
Ayez surtout bien soin de faire fermer toutes les portes, toutes les fenêtres, monsieur Ponlois, car je ne sais pourquoi, mais, dans ce vieux chfktcau, je suis toujours loutc tremblante.
pf)NTOIS.
Oh ! je puis assurer à mademoiselle que depuis plus de quinze ans que je l'habite...
CAMILLE
Ah! c'est égal, monsieur Ponlois, ces grandes pièces noires I res longs corridors! ces immenses «isécs qui remuent toujours...
LA COMTESSE
Tu et folle d'avoir peur : vois donc Eulalie qui
est plus jeune que toi cl qui cependant rcsle seule ici toutes 1rs nuits.
CAMILLE, avec dédain.
Oh! maman... ces gens-là!
LA COMTESSE
MaGlIe!
PONTOIS, avec sourire.
Mademoiselle a raison, madame la comtesse... Nous autres gens de rien, ainsi que nos pauvres enfans, nous n'avons pas le droit d'être superstitieux, (A part.) Petite sotte! elle me déplaît encore plus que sa mère.
LA COMTESSE, bas à sa Glle.
Prends donc garde, Camille, il nous faut ici de la prudence avec tout le monde.
PONTOIS, à Camille.
Mais soyez tranquille, mademoiselle; car pour vous rassurer entièreraeni, je vais prendre le soin de fermer tout cela moi-même... (A part.) Ce sera d'ailleurs ua moyen de rentrer plus dùrcmenL.. (Haut.) A demain, mesdames...
LA COMTESSE
A demain!...
PONTOIS, sortant.
Ahl voici M. Gagerot... écoutons...
(Il reste derrière la persiennc.)
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