VAUDOYER, JOSEPH, LUCIEN
VAUDOYER, qui a tout à coup ouvert la porte, le surprend et s'arrête.
Ah!
JOSEPH
Mais, monsieur...
VAnoOTER.
Je veux voir ton maître , il faut que je parle à ton maître...
JOSEPH
Pardon, monsieur, mais je vous ai dit que personne...
Personne et moi c'est deux... Va m'annoncer... ( Le domestique sort. ) Que diable ! ( Avec ironie. ) Le docteur... parlait bien à la sœur... le frère daignera peut-êlre me recevoir.
LUCIEN
Monsieur!...
VAUDOYEn, avec ironie.
Excusez-moi de vous avoir dérangé, monsieur le docteur, mais chacun ses affaires... et celles qui m'amènent...
LUCIEN
Ne me regardent en rien. . monsieur; je vous salue... (II sort.)
VAUDOYER
Ensemble !... Je Icsavaisbien qu'ilss'aimaicnl!... Oh! maintenant plus que jamais... ils qnitleront ce diàteaui... Ce chûlcau, qui m'ciU dit qu'un jour je devais m'y retrouver encore?... .\h!... je ne soupçonnais pas, tout 5 l'heure, que je tremblais en y entrant... Mais elle... Valentine... oh !... je ne veux plus la voir. (D'une voix sourde. ) Elle que j'ai peur d'aimer aussi I... L'aimer I oh!... mais ce serait une horrible vengeance du ciell... JOSEPH, entrant.
Voici M. le cnmic! (Il s«rt.)
ACTt: J, II* TABLEAU, SCKNK VIII.
oc M000e0O0909MQOd«eO 000900 0000000000003000000000
SCÈiNE VIII.
r.AOUL, VAUDOYEB.
RAOUL, entrant.
C'est vous, monsieur, qui désirez me pai 1er 7
VAUDOyER.
Oui, monsieur le comte, moi-même.
RAOUL , avec hauteur.
'■ Monsieur Vaudoycr, m'u-t-on dit?
1 vaudoyer,
- Monsieurl... (Se reinettani et le regardant en ace.) Oui, monsieur, M. Vaudoyer.
BAOUL.
Depuis un mois j'ai pris des renseignemeiissur le pays et ceux qui l'habileiit. On prétend que vous êtes l'ennemi de ma famille?
VADDOYEB, froidement.
Moi!... c'est possible, monsieur le comte... je n'aime pas les châteaux... le vôtre surtout, parce que... parce qu'il masque ma ferme! Et... si vous venez à quitter le pays et qu'on le jette en bas... ça me fera plaisir.
RAOUL
Parce qu'à la porte de ce château l'ancien comte de Luxeuil fil arrêter et punir un de ses fermiers convaincu de braconnage!... et par conséquent de vol I C'était votre père, je crois. VAUDOYER, avec force.
Tenez, monsieur... ( D'une voix sourde.) croyezmoi, ne parlons ni de votre père, ni du mien; c'est pour mon propre compte que je suis ici, je viens vous réclamer ce qui m'est dû.
RiOUL , avec dédain.
Ce... qui... vous est dû... Ëh! mais vous avez raison... oui, votre nom figure dans les notes que j'ai prises... ( Il regarde sur un agenda.)
VAUDOYER
Une misère... J'ai rafraîchi vos parcs de quelques moutons... il y a deux ans... RAOUL, tirant de son portefeuille un billet de banque.
Mille francs ! les voilà, monsieur !
VAUDOYER, prenant le billet d'une main et de l'autre tirant un papier de sa poche.
Et voilà mon reçu.
RAOUL
Maintenant, monsieur, je pense qu'entre nous tout est dit.
VAUDOYER
Pas tout à fait , monsieur le comte ; à moins que vous n'ayez encore de la monnaie pour une vingtaine de mille francs... à l'ordre Duhamel.
RAOUL
Duhamel!...
VAUDOYER
A Paris... rue Grammont.
RAOUL, vivement troublé.
Mais comment se fuit-il que cette créance soit en (ri- vos mains?