SCÈNE XII
LES Mkmes, PORNIC.
por:«c.
Ah çal... où'qu'ils sont donc tous?... Mon parrain I... mon parrain !...
(Nouveaux bravos et cris lointains.) MONTÉCLAlJf.
Eli 1 c'est loi, Pornic... qui chcrches-lu donc?
PORSIC.
Monsieur le marquis... Eh bien ! je cherche le père Kérouan, mon parrain.
MONTÉCLAIN.
Tiens, le voilà... Je crois que tu lui rendras service en l'empêchant de voir la défaite de ses poneys...
PORNIC
Tant mieux ! il n'a pas voulu m'emraener... tant mieux, tant mieux !... Où qu'il est?
MONTÉCr.AIX.
Eh birn! là...
PORNIC, au pied de récbelle.
Mon parrain !...
(Nouveaux bravos au dehors.
KKROCAN, sur l'échelle.
Ah ça ! mais... qu'est-ce qu'il fait donc ? Rends donc la m;iiu, mulheureux!...
PORXIC.
Mon parrain! mon parrain!...
QuVsl-ce que c'est que ça?... Mais il le fait exprès !...
MONTÉCLAIN, à part.
Je l'espère bien !
LÉONA, BRIAS, TOUT LE MONDE, eu dehors. Ah I bravo ! bravo!...
(Les applaudisscmens éclatent avec plus de force.) I.ÉONA, d'en haut.
Vous me devez ceiit louis, colonel.
• MONTÎ;CI,AIN.
J'en auriiis parié mille...
KEROUAN, descendant de sou échelle et marchant sur la sc>°.'nc l'échelle à la main.
Ah! le maladroit, riml)écile... Ils appellent ra monter à cheval... Ça ne m'élonuc pas s'ils n'al- Irapenl pas... l'abbé Cadé.
PORNIC
Monparrain, je suis venu...
KÉROUAN
Laisse-moi Iranqnillc ..
(Il Ta porter son échelle dehors. — Pornic s'attache ;i »es pas. — F,n ce moment, une portion de la foule venue aux courses iraveric le fond du théâtre; puis partit le général, appoyé aur Domiiiiqne.) LE UE.NKRAL, au bras de Dominique, rencontrant Mnntéclain qui se promène en riant.
Ah ! monsii-ur le murqiiin, monsieur le marquis, nous talons quelque chose encore, nous au-
tres du temps passé... Si nous ne pouvons plus courir... nous savons faire courir... (A la cantonade.' Lucile, Lucile, je suis à toi dans un moment... Je veux aller voir mon pauvre Louis... Ah! il a bien mené la course... Au revoir, colonel, au revoir...
(Il entre dans la tente, avec Dominique. MONTÉCLAIN, à part.
En vérité, une pareille joie vaut bien cent louis... Je suis siir qu'il me déleste moins. KEROUAN, rentrant, toujours suivi de Poruic. Je ne le pardonnerai pas à Christophe.
PORNIC
Mon parrain !,..
KÉROUAN
Que le diable t'emporte!
MONTÉCLAIN, à part.
Ce pauvre Kérouan, il pourrait bien m'en due autant. Laissons passer sa colère et allons d'abord consoler Aiy.
( Il va vers la tente et y rencontre Lucile, qui vient
de la tente, suivie de M"^ et de M™« de Brias et de
plusieurs autres dames avec leurs cavaliers. —
Brias a rejoint sa mtre. — Mo.'iiéclain salue Lucile
et entre dans la tenlc. — Lucile accompagne la
société qui est avec elle jusqu'à la sortie de droite,
au fond; la société so;i. — Lucile va entrer dans
l'auberge, mais l'aspect de Pornic et ce qu'elle
entend de la scène entre Kérouan et Poruic, qui a
toujours continué pendant tous ces mouvemeiis,
l'arrête.)
KÉROUAN, à lui-même, marchant à grands pas sur
la scène.
Parce que ça vient de Paris ou d'Alger... ça
croit tout savoir.
PORNIC, le suivant.
C'est vrai, ça.
KÉROUAN
Parce que ça trotte à l'exercice sur un mativais cheval de remonte...
PORNIC
Des rosses, des vraies rosses...
KÉROUAN
Ça se croit capable de mener des bêles de prix, qui ont des pieds de feu, une bouche d'cnfanl... Ah ! l'imbécile.
PORNIC
Oui, l'imbécile !..
KÉROUAN, se retournant.
Tu dis?...
PORNIC
Je dis l'imbécile...
KÉROUAN
Comment? c'est comme ça que tu parles de mon fils, loi... mauvai.< gais ?
PORMC.
Vol' lils? vol' nu?.,. Tiens, c'ckl donc lui... Bon ! tunl mieux !