I.KONA
El finirez-vmis, monsieur ?...
MONTF.CLAiTf, lui moinrant le fauteuil oi< elle éiait assise;
As<:evrz-vons donc. I «ona se rassind.) Vous no vo'i'ez pas croire qne vous êtes ici entre les mains des héros de M. de Riilzi'- ?... mais adnicllcz nn moment que i^ela soit vrai, rien que pour suivre mon rai.^onnemenf. Supposez qnc nous .«oyons ce tribunal secret, terrible, implacable, qui distiibnc dans l'ombre U'iejns'icc inaperçue... qui frapiic les coupables par des voies inconnues, comme la Providence; supposez, non sculf^itient que riioiirrenr nous encliaîne les uns aux antres, mais encore que la complicité nous lie ; supposez que nous soyons dans un cliàleau perdu... comme le mien, et admettez que, complclcnicut déj-onillés de cet esprit chevaleresque qui permet à la femme tous le> crimes à l'abri de sa faiblesse , nous ouvrions sous vos pas un abime... comme celui-ci... (Il ouvre la trappe; Lêona fait un mouvement de terreur.) Léona... Mo"-' de Beauval... M-^f-d'Esléve, si vous voulez, disparaît à tout jamais... Georges est veuf; il réparc sa faute... et personne n'est puni que la coupable... que penscviez-vous de celle juslice?
LÙONA.
Qu'elle serait un crime... car la mort est le chùlimenl des meurtriers seulement...
MONTÉCLAIN, referme la trappe.
Ajissi, ne vous ai-jc montré ce danger, que pour mieux vous faire comprendre la conclusion de mon raisonnement... c'est que tout pourrait s'arranger, si Georges était libre...
LKOSA , .'i part.
Ah! je comprends ciifin... (Haut.) Je suis désolée de ne pouvoir lui rendre cette liberté... mais le divorce est aboli...
MONTÉCLAIN.
Vous ne savez peut-être pas exflotemffnl Iti loi... (Donnant 5 Léon» le code ouvert, y Voulez- vous prendre la peine d<i lire ce passage?... là... U. . arliclo 180. (H v^ rt-picmlre sa phicc.)
l.i:o>A, lisant d'une voix qui s'affaiLIJl peu ."i p<ii.
« Le mariage q^ui a clé conlractc sans le con- )v senlcment libio des époux, ou de l'un d'eux, ne 1) peut être altnqué que par le> époux, ou par cci> lui dis deux (l.)iil le conscnlcuicnl n'a pas été ). libre. » — M. Gc -rKcs li'Estévc prétendrail-il dire qu'il n'a pas été libre, el vous a-l-il chargé
de me dire qu'il dî'mnndtT.iJl la nulliié de no'.re mariope ? C'est pitoyable !
Pardon... passez donc au sec >ud paragraphe.
LÉONA , lisant.
« I.ors(juil y a eu errciir dans la personne... » le mariapc peut élro déchné nul. »
MOKTRCLAIN.
Ce qui vent dire que le înariage fait avec une autre personne que celle qu'on crwajt épouser est nul.
i.ÉONA , ù pnrr.
Ah I c'est donc là (pi'ils eu veulcnl venir !...
MON PRCLAIX.
Eh! bien, mndrime... ne voyez-vous rien là qui puisse nous venir en aide?... et ne voulezvous pn*nons empL'chcr d'arriver à de tristes extrémités?...