ACTE I, SCÈNE V
enkndre pailcr... le général Uoyer d'Orilly... celui qui a été fusillé en Pologne.
OLIVIER, avec épouvante.
D'Orilly... fusillé!...
OLIVIER
Oui, monsieur, fusillé pour s'être mis à la tête de ce sublime dévoùment qui lutta si long-temps... un homme contre dix, une province contre un empire, un régiment contre une armée .. Il combattit le dernier, jusqu'à ce que la malheureuse Polognetombàt, !ion pas vaincue, mais écrasée... Mon père n'eût pas fui... mais ma mère était avec nous... ma inérc qui venait de donner le jour à une pauvre enfant... Nous errions dans les bois... en proie à la faim, à la pluie, au froid... Enfin nous arrivâmes prés d'un château...
FÉLIX
Appartenant à cet infàmebaron de Mortagne!... Mais comment ton père a-t-il pu se fier à un pareil homme?
ROYER, se levant.
C'était un Français... Mon père l'avait sauvé durant la terreur... Il espéra de lui le dévoùment qu'il lui avait montré... Il lui demanda un asile... et le baron de Mortagne lui ouvrit sa maison... Mais la tête de mon père était mise à prix... il y avait peine de mort contre ceux qui arrachaient les proscrits à leurs bourreaux... Le baron de Mortagneeut peur, et une nuit, pendant que mon père dormait, confiant dans la foi de celui qui lui avait ouvert son hospitalité, le baron de Mortagne ouvrit de sa propre main la porte aux soldats qui poursuivaient mon père...
TOCS.
Infamie!
OLIVIER, à part.
0 désespoir... désespoir!,..
On ne nous fit pas attendre long-temps... son arrêt de mort était prononcé d'avance... Les infâmes ne voulurent même pas lui laisser son uniforme... On le conduisit garrotté et presque nu dans la cour de la maison... J'étais là, monsieur... et ma mère aussi... tous deux à genoux sur le pavé... Quand il parut... ma mère... ma pauvre mère... le courage lui manqua... elle tomba... alors, mon père me fit signe... J'allaism'élancer... on me retint... Mais tandis que les soldats préparaient leurs armes, mon père me cria : « Du courage, monfds... Vois la mère, ta sœur... maintenant c'est à toi de les protéger... de les...» Alors... Ah ! ce fut quelque chose d'atroce... Ah! mon pauvre père!... mon pauvre père!...
FÉLIX
Le malheureux !