ACTE III, SCÈNE VIII
de son goût... Mais s'il arrive un, deux, trois amoureux, qui l'adulent, qui la courtisent, qui lui disent qu'elle est charmante, spirituelle... oh! alors, ils en reveulent, ils n'en dorment plus... alors, on se venge. . . alors, on les fait marcher droit!
OLIVIER
Et vous voulez que je vous aide à jouer cette petite comédie ?
HENRIETTE
Mais c'est donc bien diflBcile de me dire que je suis gentille, que je danse bien, etc., etc.. Tenez, prenez exemple sur Royer... En voilà un qui veut bien ce qu'il veut !
OLIVIER, s'arrêtant.
Ob ! ne me parlez pas de ce Royer 5
HENRIETTE
Pourquoi ça ?
OLIVIER
C'est que cet homme qui se plaint si haut de la trahison qui a perdu son père... cet homme qui se vante à tout propos de l'honneur de son nom, qui croit avoir tout dit quand il a crié : « Je m'appelle Royer... »
(Royer, en enieudant prononcer son nom, a conduit
Marie dans un bosquet au fond, où il la fait asseoir.)
ROYER, à Marie.
Attendez... (Il s'approche sans être vu.)
HENRIETTE, à Olivier.
Oh! plus bas, Olivier, plus bas!
OLIVIER, baissant un peu la voix.
Cet homme, en profitant de la misère de celte pauvre fille pour l'égarer, pour la perdre... cet homme fait une lâcheté sans nom.
ROYER, d'une voix tonnante.
Henriette!...
HENRIETTE, se retournant avec frayeur, Royer! grand Dieu !
OLIVIER, à lui-même.
Lui!... Eh bien! tant mieux!
ROYER
Henriette, prenez le bras de Marie... Ne la quittez pas.
Oh ! je vous en prie, Royer...
ROYER, la poussant»
Allez... Mais allez donc!
MARIE, effrayée.
Qu'y a-t-il?
HENRIETTE
Viens, viens... Ob! mon Dieu! comme tu trembles !...
(Elle l'entraîne hors de la scène.)
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