‹ [Magasin théâtralChapitre 854 sur 1545 · CA3K3TAN · texte numérisé non relu

CA3K3TAN

Et toi aussi, à ce qu'il paraît.

CLINTON

Ne ciaigncz rion de ces souvenirs, mes amis. i?i quelquefois ils icllcnl dans mou ùine d horribles incertitudes, je sens aiLçsilôt ur.e force qui me sottlionl cl lis (ii'^sii5e...ol,funl-il vuîis ledirci'

au moment de décider de ma destinée, moi, pauvre orphelin, ne pouvant aller confier mon âme à une mère indulgente ou à un père prévoyant... je suis allé rn'asseoir parmi les ruines de ce vieux château, à l'incendie duquel, seul, j'ai été miraculeusement arraché. J'ai évoqué, par la pensée, le souvenir de ceux qui ne sont plus... et qui m'avaient aimé. Je ne puis vous dire si je veillais ou si je dormais, lorsque tout à coup une ombre pâle et triste se leva devant moi... iist-ce une voix mortelle ou une voix céleste qui me parla ? est-ce mon oreille ou mon cœur qui l'entendit? je ne sais; mais voilà ses paroles : « Enfant, espère et persévère... Ta tàclic, en ce monde, est plus grande que tu ne penses... tes vertus rachèteront non seulement, dans l'avenir, la race maudite des Clinton, elles peuvent même payer la rançon d'expiation que Dieu demande à les ancêtres tombés! Marche! enfant, et n'oublie pas que Meta est la compagne que le ciel a marquée pour l'aider dans celle voie pénible... N'oublie nas surtout que si jamais ton amour cessait dctre saint et pur... le malheur... n J'allais sans doute en entendre davantage, lorsque le bruit d'une fanfare vint m'éveiller... Pardieu, c'était loi. Cabestan, le jour où tu abattis ce sanglier que nul chasseur, avant toi, n'avait pu atteindre!

CABESTAN

Et je me réjouis de l'avoir arraché à ces visions qui finiront par le troubler la cervelle... Tu es un peu don Quichotte , mon pauvre Gaspard , et il ne s'en faut pas de beaucoup que tu ne croies aux enchanteurs .. aux talismans... aux nécromanciens.

CAVALIER

Il croit, du moins jusqu'à présent, à la voix de l'honneur et à celle de Dieu... et, s'il veut écouler son cœur, il importe peu que le bruit de tes fanfares l'ait éveillé... Son cœur lui a dit que le jour où il ne respectera plus Meta, ce ne serait pas sculenicnt leur perdition à tous deux qu'il accomplirait, mais celle de sa race à venir, et peutêtre celle de sa race passée, sur laquelle Dieu n'a sans doute pas fermé tout à fait les portes de l'enfer.

CABESTAN

Les portes de l'enfer!... Bien dit... le mot est charmant. Je ne savais pas que les clés de l'enfer fussent au ciel.

CAVALIER

Cabestan! (Ou entend un bruit de fanfares.)

CABESTAN

El puis 1... Mais point de querelle, niessieurs.., Attcnlion! Ma foi, moins les vingt-un coups de canons, c'est une entrée royale.

CLINTON

Je tremble !

CAVAMEil.

AUon.i;, du courage.

LKS TALISMANS,

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