LE PAGE
Mais où donc est-il.
DESCARTES
Là.
LE PAGE , courant à lui.
Marquis.
MO>\LDESClH, irzssaillant.
Que faites-vous... vous me perdez, Paula, Pour(iuoi venir ici ?
PAl'LA , reculant.
Monseigneur...
CHRISTINE, se retournant.
Quel tapage î...
Je ne vous savais pas, marquis, ce jeune page ; Par un roi cependant il serait avoué...
MONALDESCHI, pasaiU devant Paula.
C'est un jeune Romain qui m'est tout dévoué. Et qui, voyant en moi son seul appui sur terre. N'a pas su contenir sa joie involontaire. Grâce...
CHRISTINE
Mais vous prenez un inutile soin.
Grâce pour lui, marquis? il n'en est pas besoin. Parmi vos serviteurs, j'aime à voir qu'on vous aime. Pour vous comme pour moi le danger fut extrême : Heureusement qu'à moi vous avez eu recours. Et n'avez point lâché ma robe de velours ; Vous saviez que jamais ne se noie une reine...
SENTINELLl.
Et nous savons aussi qu'à notre souveraine, .\ la vie, à In mort, il était attaché...
CHRISTINE
On a des concelli, monsieur, à bon marché ; Les amis sont plus chers.
LA CARDIE, s'approchaiit.
Mais cette calaslrophe...
CHRISTINE , s('Ttieinent et linlenompnnt. Vous avez un pourpoint d'une admirable étoffe.
Qui NOUS sied à ruvir, mais qu'un rien doit souiller. Vous avez fort bien fait de ne le pas mouiller. Comte Magnus. Mais Dieu m'aurait-il par un ange Fait tirer du péril ?... car ce sauveur étrange Est invisible. Oh ! si c'était quelqu'un de vous, J'aurais déjà heurté son front de mes genoux.
LE BARON
Ne vous étonnez pas, majesté. Je soupçonne Que mon neveu, sachant que près votre personne Je suis l'introducteur de tout noble étranger, A la formalité ne veut pas déroger.
CHRISTINE
Quoi ! c'est voire neveu qui m'a sauvé la vie ?
LE BARON, embarrassé.
L'étiquette par lui n'a pas été suivie En cette occasion : mon neveu, majesié. Vous vit et vous parla sans être présenté ; ]Mais vous pardonnerez, dans ce péril exlrènic, 11 a cru qu'il pouvait se présenter lui-même.
CHRISTINE
Et je l'en remercie. Où donc est-il ? Eh bien ! Beau cavalier, lenez, vous me craignez donc bien ? Votre témérité de faiblesse est suivie ; Vous étiez plus hardi pour me sauver la vie.
STEINBERG
Madame, pardonnez, mais tremblant et surpris, 11 me semble qu'un rêve agite mes esprits ; El je crains que soudain l'illusion s'envole Si je quitte ma place, ou dis une parole. Je doute, je me touche...
CHRISTINE
Après cet examen, De vos lèvres, monsieur, touchez aussi ma main; Vous ne douterez plus. A votre accent, je pense Que vous êtes Français. Çà, quelle récompense A mérité l'enfant d'un pays si lointain, Qui >ient au nôtre exprès pour heurter le destin !• Sans hii, c'en était fail, nous n'aviez plus de reine. Entendez-vous, messieurs ?
Oh! noire souveraine .\vec lui ne doit pas s'acquitter à demi.
LA GARniC.
Des litres.
SENTINELLl.
Des honneurs.
CHRISTINE
Il sera notre nmi.
D'abord... Puis s'il veut moins, il pourra prendre
[ensuite Tel rang qu'il lui plaira parmi vous à ma suite... Donc, vous venez de France ?
STEINBERG
Oui, reine.
niRISTIVE.
Voulez-vous Nous dire en ce pa\s ce f|u'on pense de nous ?