‹ Magasin théâtralChapitre 1273 sur 1377 · JOHN, HENRI, MARIE · texte numérisé non relu

JOHN, HENRI, MARIE

HENr.i, à John et Marie.

Moi, je vais vous quitter aussi, car il faut que je coure auprès de miss Anna Weston lui raconter tout cela, de miss Anna Weston dont ma bonne Marie n'est sans doute pas jalouse?

marie.

Oh ! jamais.

HENRI

Adieu.

JOHN

Lord Henri , ne partez pas sans m'avoir par» donné.

HENRI

Vous pardonner! et ne sommes nous pas tous deux coupables? mais nous avons chacun notre excuse : vous dans votre tendresse pour Marie, et moi dans mon amour qui a rendu ma parole trompeuse quand mon cœur était sincère... moi, qui attendais que j'eusse renversé bien des obstacles pour promettre à la fois amour, opulence et noblesse... Et tout cela, Marie, tu l'auras, je le jure... car je t'aime d'un amour invincible et profond... pour ta leunesse et ta bonté... je t'aime

parce que... ton dévouement pour ce vieillard c'est celui d'un ange du Seigneur qui console un martyr... parce que j'ai souvent pleuré d'attendrissement en te voyant près de lui... je t'aime enfin parce que Dieu le veut... Et ne doutez jamais demoi quoi qu'il puisse arriver... l'amour ne meurt pas quand le ciel l'a commandé!... Adieu.

marie, tristement.

Déjà partir !

HENRI

Il le faut.

MARIE

Je n'ai pas encore eu le temps de vous voir... êtes-vous venu à pied?

IIENRI.

Non , mon cheval m'attend à l'angle de la place.

MARIE

Permettez-vous, mon père, que j'accompagne lord Henri jusque là?

JOHN

Va, mon enfant, va près de lui; Dieu te veille.

HENRI

Oh ! oui, près de moi, Dieu te veille.

Lord Henri et Marie sortent par le fond, John prête l'oreille et les e'coute partir.

Je les entends encore... ils s'éloignent... ( lud' low paraît devant la porte du fond. ) Ils s'arrêtent... que veulent-ils? (Ludloiv, après avoir observé, semble apercevoir Marie et Henri sur la place, et prend le même chemin qu'eux. ) Ils repartent... je ne les entends plus... Allez, heureux enfans, devenez époux, et je saurai seul, moi, que le fils de lord Bedfort sera l'époux de la fille d'un noble ; car ils ignoreront toujours que Marie est fille de ce noble par qui j'ai tant souffert!... Ah! William Smith... je ne me suis pas vengé sur ton innocent enfant du mal que tu m'as fait; je l'ai bien aimée ta fille, et Dieu m'en récompensera , car dans huit jours, disait Albinus, je pourrai voir le ciel, les arbres, le chemin... je pourrai du haut de mon clocher de Saint-Paul voir s'étendre devant moi la ville tout entière ! Est-ce possible? ah! mon Dieu ! je n'ose y songer... voir c'est vivre... Je ne sais quelle sainte confiance s'empare de moi... si j'osais espérer... l'espoir... c'est la joie... laisse-moi, Seigneur, un jour, une heure d'espoir... prolonge, oh! mon Dieu! mon trop fragile bonheur...

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