ACTE I, SCÈNE V
CLARA
Viens, Djallie, attendons que mon port; soit seul pour demander la grâce de Natty.
(Elle rentre dans son appartement , a\cc Djallie.)
ARNOLD, THOMPSON, Officiers, Co.vstables, HAMILTON.
ARNOLD , aux officiers.
Je le répète, Messieurs, je ne comprends pas qu'un pays puissant connue est déjà le nôtre semble tellement s'enorgueillir des set-ours de la France, secours que nous avons mendiés si long-temps en vain. Moi-même, il y a deux ans, j'accompagnai noire compatriote Siias Deane, envoyé en mission auprès du cabinet de Ver. -ailles, et nous n'essuyâmes que des refus de la pari de cet orgueilleux gouvernement. El maintenant, parce que cette alliance si long-temps désirée vient enfin de se conclure , ce sont des fêtes dans toute l'Amérique comme si ce n'était que d'aujourd'hui que nous pouvons espérer la victoire; sous prétexte de faire honneur à ces étrangers qui viennent dans nos rangs , on leur donne déjà les emplois, les grades, à notre détriment. Je ne permettrai jamais (pie les officiers placés sous mon commandement aillent au-devant d'eux comme ils iraient au-devant de leurs frères.
HAMILTON
Général , je vous ferai observer que le général Washington, notre commandant en chef...
ARNOLD
Ici , ce n'est pas à lui qu'il faut obéir, mais à moi d'abord; parmi les dépèches que j'ai reçues ce matin, la plus importante concerne le major André, ce célèbre espoin anglais qui, dit-on, est à Philadelphie sous un faux nom. On me recommande de redoubler de surveillance... Tous les courriers m'apportent de nouvelles instructions sur cet homme que l'on ne peut découvrir. Le général Washington attache une importance vraiment singulière au sort de cet espoin.
HAMILTON
Général, c'est en effet un homme très redoutable par sou adresse et son audace; de plus, il est l'ami de ce transfuge américain , le capitaine Smith. Il n'est venu en Amérique qu'avec les instructions de cet implacable ollicier qui a juré de livrer son pays; en un mot, le major André était l'inséparable de l'homme dont la férocité vient de mettre à prix parmi, les sauvages, les chevelures américaines.
ABNOLD.
Soit. Mais je ne suis pas général américain pour espionner les espions, ceci regarde les constablcs. Voici la dépêche, (il la donne aux constatées.) Messieurs, plusieurs délits de chasse ont été commis malgré mes ordres.
LE CONSTABLE
C'est qu'il sera dilliciledc persuader aux ha-, bilans de ce pays qu'il n'ont pas le droit de tuer du gibier dans leurs bois.
ARNOLD
Ce sera pourtant ; je l'ordonne, nul ne peut chasser sans mie permission de moi. <
..y> LE CONSTABLE, à part.
Et Dieu sait à quel prix il la vend.
ARNOLD
Sergent Thompson, voici ûea arrestations qu'il faut faire, sur l'heure , par suite des condamnations pour ces mêmes délits. (Aux constables.) Qu'avez-vous à m'apprendre relativement à l'impôt d'urgence dont j'ai frappé Philadelphie.
LE CONSTABLE
Plusieurs personnes ont refusé de payer.
ARNOLD
Refusé?... et vous avez souffert?...
LE CONSTABLE
Selon vos ordre -, on a emprisonné les plus pauvres et saisi les riches. Mais je croyais qu'une députatioti des habituas s'était transportée auprès de vous pour vous présenter des observa lions.
ARNOLD
J'ai refusé de l'entendre; que peuvent-ils avoir ;i me dire ?... Quand un pays est soumis à la loi militaire, il doit obéir aux ordres du général eu chef, sans observation. L'argent perçu déviait être ici; je vous avais ordonné de me l'envoyer dès hier au soir.
UN CONSTABLE
Dès hier, en effet , nous avons donné des or • dres à cet égard, et nous sommes étonnés...
ARNOLD
Sergent Thompson , prenez quelques hommes avec vous , suivez ces Messieurs, et vous m'apporterez ici , sur l'heure , cet argent. Allez , au revoir, messieurs. (Ils sortent.)
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