‹ Magasin théâtralChapitre 273 sur 1377 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ADNEZ, debout près du berceau du jeune Philippe, écrivant des vers sur son portefeuille.

Pauvre petit qui soubris et reposes Si doucement sur la soie et les roses...

Ces vers sur cet enfant sont passables, c'est pire Que mauvais.

Il dépose son portefeuille sur le herreauet regarde l'enfant.

On dirait un ange qui respire.

Qu'il est beau! comme il dort insoucieux, vermeil ! Son pauvre frère, hélas! dort d'un autre sommeil : Pour toujours maintenantc'estla mort qui le berce. Oh! qu'un souffle fatal jamais ne te renverse, Belle nacelle où vogue un enfant endormi ! Porte ton doux fardeau sur un rivage ami. Je tremble à contempler ce noble et pur visage, C'est elle que je vois, c'est sa divine image. En admirant son fils je crains de l'offenser. Que fais-je, malheureux? Ah! pouvais-je penser Qu'avec l'aine de feu que le ciel m'a donnée Près d'elle je fuirais long-temps ma destinée? O Dieu ! dans quel moment éveillez-vous en moi Cet amour qui m'emplit et d'ivresse et d'effroi ?

Quand la mort... Voile-toi, coupable et saint mystère !

Comme un flambeau qui brûle au fond du sanctuaire. Amour, qu'honneur déjà condamne au repentir, Rentre et brûle en mon cœur pour n'en jamais

[sortir!

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