LES ARCHERS
Enfer!
RAYMOND
Heureusement Clarcnee, Suffolk et mylord Gray, tués devant Angers, Prouvent à nos soldats que les cœurs étrangers, Si bien cachés qu'ils soient sous leur armure an • N'y sont point à l'abri d'une lance française, [glaise Aussi Bedfoid vient-il de signer un traité Avec Philippe et Jean; s'il est exécuté, Si le duc de Bourgogne et le duc de Bretagne Se joignent à l'Anglais pour tenir la campagne, Vrai !>icn! nous n'avons plus qu'à demander merci, A moins que Charles Sept... puisse-t-il être ici Pour entendre le vœu que je forme dans l'ame!... De sa royale main déployant l'oriflamme, En tête des barons à sa voix réunis, [Denis! » INe charge en criant haut: « Montjoie et Saint- Car malheur à qui, sourd à ce cri de vaillance, L'entendrait sans lever ou l'épéc ou la lance!
ANDRÉ
Pour moi, je sais quelqu'un qui bien tranquillement D'être Anglais ou Français attendra le moment.
RAYMOND
Qui? .
andré, montrant Yaqoub.
Lui.
Raymond, s' adressant à Yaqoub.
C'est vrai?
yaqoub.
C'est vrai. Que m'importe, en mon bouge Armagnac à croix blanche ou Bourgogne à croix
[rouge?
Que m'importe quel est le faible ou le puissant? Ni Charles ni Henri n'ont de droit sur mon sang. Il faudra bien qu'un jour la France ou l'Angleterre PourYaqoub,Gls d'Hassan, garde six pieds de terre; Et quels que soient, vivans, leurs désirs absolus, Morts, Charles ni Henri n'en obtiendront pas plus.
r, \Y5IOND.
A moins que cependant le bourreau ne te mène Prendre possession de ton dernier tloniaiue; Et, comme le tombeau que révère Ismaêl, Ne loge ton squelette à mi-chemin du ciel; C'estce que quelque jour ri.-u permettra peut-être.
and ni;.
Et quand as-tu quitté le comte notre maître?
RAYMOND
Voilà bientôt un mois que du eamp de Beaugé Nous partîmes tous deux : lui s'était dirigé Vers la Bretagne; moi, j'ai fait route opposée. D'une commission qui n'était pas aisée J'avais à m'acquitte!': pour atteindre Avignon, Il fallait, à travers Anglais et Bourguignon, Par la ruse ou le fer te frayer uw pi Et remettre au saint-père un important Je l'ai fait; me voilà! de son côte, ma loi ! Que lecomte à son tour s'en tire comme moi, Et ce ne sera pas malheureux... Du saint-père J'apporte cette lettre en bon état, j'espère !
Regardez ! de Benoît voilà le sceau bien net, Avec les clefs, la croix, la crosse et le bonnet. .. Signez-vous!
Tous se signent. Du regard il ordonne à Yaqoub d'en faire autant; Yaqoub croise ses mains sur sa poitrine et incline la tête.
Toi?
YAQOUB.
Qu'il soit fait ainsi que vous faites!
Jésus et Mahomet sont deux puissans prophètes.
Raymond, à Yaqoub en tirant son poignard. Regarde ce poignard : s'il t'arrive jamais De mêler ces deux noms, Yaqoub, je te promets Qu'à la première phrase arrêtant ta harangue, Ce fera ton palais ira clouer ta langue.
tous, s' approchant de lui.
Mort au blasphémateur !
yaqoub, se levant et mettant la main à son cimeterre.
N'approchez pas, maudits!...
Arrière, par Allah!... Arrière! je vous dis...
IWWMVrtTOlVHMMWV\VWVVW«WrtWM\TOW\lVVWlVWWW