‹ Magasin théâtralChapitre 401 sur 1377 · REPRESENTEE SUR LE THÉÂTRE FRANÇAIS, LE 6 MARS · texte numérisé non relu

REPRESENTEE SUR LE THÉÂTRE FRANÇAIS, LE 6 MARS

Cette comédie a été pour moi le délassement de travaux plus graves; je ne l'ai jamais considérée que comme un badinage, et j'ai cru que des conversations, semées de traits satiriques, où je me jouerais sans aigreur des hommes et des choses , où je donnerais en riant quelques leçons utiles, pourraient, à l'aide d'une intrigue légère, occuper doucement le cœur et divertir des esprits délicats. La plaisanterie trouve peu de place dans un ouvrage fortement noué , et une pièce satirique est nécessairement moins intriguée qu'une autre. Peut-être ma comédie a-t-elle déplu d'abord à quelques personnes par les qualités mêmes qui feront son succès un jour, surtout auprès du lecteur, et qui caractérisent le genre auquel elle appartient.

Je ne me défendrai point : si mon ouvrage renferme des beautés réelles, il vivra malgré les critiques; si le contraire est vrai, je le défendrais en vain, il est juste quïl meure. On ne m'a fait qu'un seul reproche que je veuille repousser; je dois des remercîmens au critique bienveillant qui a déjà répondu pour moi à cette accusation, mais elle est assez grave pour que je la réfute à mon tour. On a prétendu

que j'avais attaqué des hommes à terre. Ces mêmes hommes étaient debout quand j'ai dit :

« Eh bien ! ils tomberont ces amans de la nuit :

« La force comprimée est celle qui détruit ;

« C'est quand il est captif dans un nuage sombre,

« Que le tonnerre éclate et luit; « Et la chute est facile à qui marche dans l'ombre. »

En annonçant leur défaite, je ne pensais pas, je l'avoue , que ma prophétie dût sitôt s'accomplir. Je m'occupais alors de La Princesse Aurêlie, je devais la soumettre à leur censure , je les attaquais donc en face dans toute la plénitude , ou plutôt dans tout l'excès de leur pouvoir, et presque sans espérance d'arriver jusqu'au public.

Je dois de la reconnaissance à tous les acteurs qui ont joué dans ma pièce , et je m'empresse de la leur témoigner. Quant à l'actrice inimitable qui a représenté avec tant de grâce la princesse Aurélie , on a épuisé pour elle toutes les formes de l'éloge. Que lui dire? si ce n'est que je confie à son amitié la destinée d'un ouvrage qu'elle seule peut faire comprendre et goûter aux spectateurs. Ils me devront du moins un plaisir, celui d'admirer dans toute sa perfection un des plus beaux talens qui aient jamais honoré la scène.

Mars 1828.

LA

PRINCESSE AURÉLIE

-TïTTTîryrrinnrînrirrrînrirrîrîf iriririïTrsTrirttTrBTrbirirsirttt^

PERSONNAGES

AURÉLIE, princesse de Salerne.

Le comte de SASSANE, )

Le dcc d'ALBANO, ) Régeus de la principauté.

Le marquis de POLLA , )

Le comte ALPHONSE d'AVELLA.

BÉ ATR1X , dame d'honueur de la princesse.

Le docteur POL1CASTRO, premier médecin de la cour.

Le marquis de NOCERA.

Le GRAND JUGE.

Le baron d'ENNA.

Le duc de SORRE1NTE, capitaine des gardes.

Un Membre de l'Académie de Salerne.

Dames d'honneur, Sénateurs.

Courtisans, Gardes.

La scène se passe à Salerne.

Page 1