I \ HUISSIER
Leurs Grandeurs!
ALBANO
Allez Mes collègues et moi nous voici rassemblés; Laissez-moi recueillir mes sens et ma mémoire , Pour vaquer aux travaux d'un conseil provisoire.
t44t + **ttt*t + *****4.*t + 4
UH(U"MHC
LA PRINCESSE AUREL1E. — ACTE II. 195
Mais ce pouvoir, messieurs, que chacun nous envie , Et dont le poids peut-être abrège notre vie , Si d'un commun accord nous l'avons demandé , Si nous l'avons reçu , si nous l'avons gardé , Si , par un dévouement qui tous trois nous honore , Nous sentons le besoin de le garder encore ; Pourquoi ? dans quel motif et pour quel résultai .' Le plus noble de tous, l'intérêt de l'État. Nous gouvernons donc bien ?
ALBANO
La question m'étonne.
SASSANE.
Et pour nous remplacer nous ne voyons personne. En esprits du même ordre, il faut en convenir, Le présent est stérile , ainsi que l'avenir.
ALBANO
.l'avouerai qu'au pouvoir je ne resterais guère, Si le marquis cessait d'administrer la guerre.
POLLA.
Et les finances donc , morbleu ! j'ose assurer Que personne après vous ne pourra s'en tirer. ALBANO.
Je m'en flatte.
SASSANE.
Pour moi , ma grandeur me fatigue ; Que le siècle en talens n'est-il donc plus prodigue ! Sur d'être remplacé, libre desoins...
ALBANO-
Erreur !
Vous retirer ! qui ? vous !
POLLA.
Ma foi ! j'entre en fureur.
Égoïsme tout pur qu'une telle manie , Et ce n'est pas pour soi que l'on a du génie.
Ce dégoût des honneurs par moi manifesté Vous semble pour l'empire une calamité : .Te le combattrai donc ; mais si je dois conclure Que la chose publique irait à l'aventure, Que tout serait abus , confusion , chaos , Pour peu qu'un seul de nous rentrât dans le repos, Veuve de tous les trois , que devient la patrie ?
ALBANO
Et pourquoi donc prévoir ce malheur , je vous prie ? Mon cher collègue, au fait !
POLLA.
C'est vrai , plusdedétour^ ; J'ai puisé dans tes camps l'horreur des longs discours , Et si je vous en veux , si vous êtes coupable , C'est que vous me rendez l'éloquence agréable.