‹ Magasin théâtralChapitre 42 sur 1377 · SCENE XVI · texte numérisé non relu

SCENE XVI

ROLLA, STEFANO, puis MANOEL , ASCANIO, TEBALDEO.

STEFANO, hors d'haleine et tout joyeux.

Ali ! llolla, Roila ! de bonnes nouvelles. Je viens devoir Micliel-Ange , je lui ai tout dit. Avec quel intérêt il m'a ('coule ! Il ma chargé de revenir près de toi. de te rassurer sur l'avenir de la Sahiie-Cécdc. Je ne sais ce qu il médite, niais je sais qu'il est entré dans te cabinet du grand due et qu'on y a déjà mandé le sénateur Andréa Costa. Espère.

Entrent Manoël, Tebaldco, Ascunia.

tebxldeo. Eh bien! llolla, le bruit se répand dans Florence que tu as lait un chef-d'œuvre et qu'on te donne le laurier d'or. JNous venons te féliciter.

ASCAMO. Et te remercier. La gloire de ton triomphe va rejaillir sur toute la famille.

MANOEL.« Je vous l'avais bien dit, messieurs, que llolla parviendrait ! moi seul, je puis me vanter de n'avoir jamais douté de son génie !

ASCANIO. » C'est vous , Tebaldeo , qui troubliez mon jugement avec vos railleries éternelles!

tebaldeo. » C'est vous qui me rompiez la tête avec vos sinistres prédictions de misère et de suicide !

M\NOEL. » La paix, messieurs, la paix! ne récriminons pas. Parle, Ro'la; nous sommes à tes ordres. Je viens t'oft'i ir ma maison.

ASCANlO. » Moi, mon crédit.

TEBALDEO. » Moi, ma bourse. »

STEFWO. Mais qu'as-tu donc? tu me regardes avec des yeux fixes ; tu me lais peur.

ROLLA. Qui sont ces hommes?

stefaxo. Des amis infidèles au malheur et fidèles à la prospérité. Ils rougissaient d'eue tes païens ; ils sont déjà devenus tes flatteurs,

ROLLA. Tu te trompes; cache-moi; sauve-moi. Ils viennent ni'arrêler,Slcfano. Ce sont des sbires.

; STEFAXO Que dis-tu ?

tebaldeo, « aux: deux autres. Comme il nous regarde! il ne nous parle pas, vous voyez. Sa gloire l'enivie : il n'aura plus rien de commun avec nous ni avec le reste d< s liomiiK\s ! »

ROLLA, à Strjano. Léonor, tu sais...

STEFANO. Eh bien ?

BOLLA. Elle est revenue .. son front

rayonnait... die a levé sui moi son regard

(('■leste et m'a dit : Viens! viens!., et moi,

| comme il fallait la cachera tous les yeux,

j j'ai pris mon maiteau ; je l'ai tuée'

Stefano. Léonor?

roi.i.a. Oui, Léonor, sainte Cécile... je ne sais pas!... N'est-ce pas que c'est un grand crime? Il fallait avoir pitié, n'est-ce pas/... Elle était, si belle !

11 conduit Stefano devant l'estrade; Stefano et les trois autres jettent un en de douleur.

SiEFAXO. Ah ! je vois tout !.. ah ! mon

frère I

BOLLA. Oui, pleure, pleine et abandonne-moi ! ma rage n'a rien respecté, tu le vois, li y avait rue statue sur sa tombe, et c'est encore moi qui l'ai détruite... vois-tu ce bras ([ni tenait une lyre ?... c'est ÎMichel- Ange qui l'avait achevé!... ô e eux ! j'ai brisé une statue que Michel-Auge avait retouchée, et vous n'êtes pas tombés sus ma tète ; abîmes, vous ne vous êtes pas ouverts sous mes pieds ! Justice divine, réveille-toi ! mort à l'assassin ! mort au sacrilège!., punis l'amant qui a tué sa maîtresse, le père qui a ôté la vie à son enfant !

Il retombe.

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