‹ Magasin théâtralChapitre 422 sur 1377 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

AURÉLIE

Ah ! quand on est princesse , il faut donc se défendre D'écouter quelquefois ce qu'on brûle d'entendre ! Mais on doit tout prévoir quand on veut tout oser. Sur sa discrétion je puis me reposer, Ou s'il parle il me sert. Achevons mon ouvrage ; Tout marche : le docteur portera son message ; Le conseil va s'ouvrir... Mais quel soudain effroi Au moment du combat vient s'emparer de moi ? Comptons nos ennemis : un, deux , trois adversaires : Et je suis seule. Allons , point de terreurs vulgaires ! Plus le péril fut grand , plus grand est le vainqueur, Et s'il trouble un cœur faible, il anime un grand cœur. Il m'exalte, il m'inspire, et seule je défie Les finances, la guerre et la diplomatie. Nous verrons qui de nous, messieurs, l'emportera ; Vous offrez la bataille : eh bien ! on combattra. Vos pareils sont enclins à gouverner leurs maîtres :

(Aux tableaux de famille qui l'entourent.)

Cela s'est vu souvent... N'est-ce pas, mes ancêtres? Un favori sur vous eut souvent du pouvoir. En ai-je un, par hasard?... Je n'en veux rien savoir. J'aspire à vous venger. Surpris de mon audace, Je crois voir vos portraits, fiers auteurs de ma race, La visière baissée et le glaive à la main, S'élancer des lambris pour m'ouvrir le chemin. Vous donnez le signal et j'entre dans la lice. Que de mes ennemis le plus hardi pâlisse ! Je n'ai qu'un peu de ruse, et cependant je crois Que cette arme suffit pour conquérir mes droits, Et qu'avec son secours, bien mieux qu'avec vos lances , Une Altesse en champ-clos vaincra trois Excellences !

SMHœœiEËEEEElEE

Page 1