LUIGI, THÉCLA, MARCO, ELCI
THÉCLA
Venez , petite fille ; Vous étiez contre moi du complot de famille.
elci. [vous.
Contre vous, bonne mère! Ah! dites mieux, pour Un plaisir qui surprend n'en est-il pas plus doux?
LUIGI
Avec l'aube naissante elle s'était levée.
MARCO
Pour aller de son oncle épier l'arrivée.
ELCI.
Comment ne pas l'aimer? Il m'aime, et tous les ans Je reçois de sa part quelques nouveaux présents.
Oui, pauvre, il donne encor.
Ces cadeaux d'Italie, Je les crains.
ELCI.
Et moi , pas ; ils me rendent jolie.
THÉCLA
Aussi , pour votre bien , je vous dis sans détours Qu'un peu de vanité se sent dans vos atours.
ELCI.
Rien qu'un peu ?
LUIGI
C'est permis.
MARCO
L'église, qu'elle imite, En parure de fête à se parer l'invite.
THÉCLA
Pas aujourd'hui, Marco.
MARCO
Mais le jour du Seigneur.
Chacun s'ajuste au mieux , et je m'en fais honneur: Je tire l'habit neuf de l'armoire d'ébène, Et suis beau sans remords une fois par semaine.
ELCI.
Et ces atours , d'ailleurs, qui les rend plus mondains? Vous.
ELCI.
Ces bijoux d'or sont un don de vos mains : Reprenez-les.
THÉCLA
Prends garde.
ELCI.
Osez.
THÉCLA
Tu ris , friponne.
ELCI , qui lui donne un baiser.
Vous n'oseriez.
LUIGI
Eh bien ! tu n'as donc vu personne?
UNE FAMILLE AU TEMPS DE LUTHER
ELCI.
Hélas ! pas lui , du moins.