‹ Magasin théâtralChapitre 678 sur 1377 · CHARNACÉ, MONALDESCHI, LANDINI, MICHELE · texte numérisé non relu

CHARNACÉ, MONALDESCHI, LANDINI, MICHELE

MONALDESCHI

Des soldats...

MICHELI, dit haut de l'escalier.

Vous voulez monseigneur, le voici.

MONALDESCHI

Charnacé.

CHARNACÉ, ivre pendant toute celte scène.

Du bas de l'escalier.

Que la porte en haut soit occupée, Ou je vous fais goûter du plat de mon épée.

Il s'approche.

Il est pour les buveurs un dieu qui les conduit. Je vous cherchais tous deux dans ce joli réduit.

MONALDESCHI

Nous?

CHARNACÉ

Oui, vous, pour mon compte.

LANDINI.

Et moil

CHARNACÉ

Toi, pour t'apprendre, Maraud, que chez la reine il faut vite te rendre.

Moi?

CHARNACÉ

Toi, je t'ai d'abord reconnu sur l'honneur, Le lieu, l'habit, et puis cet air d'empoisonneur.

LANDINI.

Mais, monsieur...

CHARNACÉ

Ta magie au moins est-elle bonne?

J'en veux faire juger nos bonnets en Sorbonne; Ils ont goût aux sorciers, et pour nous régaler, Us sont assez galans pour te faire brûler; Je suis homme à manquer pour toi la comédie, Et ta danse aux fagots sera fort applaudie.

MONALDESCHI, avec impatience, Baron, vous me cherchiez?

CHARNACÉ

Oui, certes.

MONALDESCUI.

Dans quel but?

CHARNACÉ

Le voici.

Il prend Landiniau collet et le pou ,,< ;iu Innd du ll>

Reste-là, bâtard de Belzébut, Et sois sourd, ou j'irai te couper les '.reiPes, Et tu ne pourrais guère en ravoir , , pw-llfs.

MONALDESCHI, avec plus d' a, ] f '!>■> < , .

Baron , je vous attends.

CHARNACÉ

Je viens... ,<i< île fait.

D'abord la reine a tort de crier au lorfait. .

Mouvement de surprise de Alonaldesclii

LANDINI, au fond, qui écoule.

O ciel !

CHARNACÉ

ALandini. A Monaldesclii.

Qu'est-ce que c'est?... Moi, d'abord, je vous

[aime, Parce que c'est très-bien, et j'aurais fait de môme

MONALDESCHI

Baron, qu'ai-je donc fait qui puisse me valoir Un suffrage si cher î

CHARNACÉ

Là ! peut-on en vouloir A quelqu'un de trouver une fille jolie.

MONALDESCHI

Baron...

LANDINI , toujours dans le fond.

Je suis pendu.

CHARNACÉ, à Landini.

Plaît-il?

LANDINI, dans le fond, à part.

Quelle folie! Nous sommes pris.

CHARNACÉ, allant à lui.

Tais-toi.

LANDINI.

Mon Dieu !

CHARNACÉ, tirant sa dague.

Te tairas-tu î Car ton chapeau fût-il mille fois plus pointu, La dague que voici l'est encor davantage.

MONALDESCHI

A Landini. A Charnacé.

Silence... Eh bien, baron?

CHARNACÉ, revenant.

Comme j'ai l'avantage De savoir ce château sur le bout de mon doigt, Et que Guise à la reine a parlé comme il doit. ..

MONALDESCHI

Le duc est donc resté, baron ?

CHARNACÉ

Eh! oui, sans doute

MONALDESCHI

Mais ce soir pour Paris il doit se mettre en route

CHARNACÉ

Non, car j'en ai reçu là-haut cet ordre écrit.

MONALDESCHI

Quoi! vous! et qu'est-ce donc que cet ordre prescrit?

A ! 0NTA1NEBLEAU

i HAltNAt.K.

A Landini.

Ferme les yeux, coquin.

A MunaMi'si lii, en lui passant le papier, tandis qu'il regarde Londini.

Lisez sans qu'il le \oic.

A Landini.

Sois aveugle, ou, vrai Dieu, d'ici je te renvoie I);ms l'enter, d'où jamais lu n'aurais dû sortir.

Muualdesclii lit. Jeu de scène entre Landini et Charnacé pendant ce temps.

« Le baron de Charnacé prendra sur-le-champ » le commandement du château de Fontaine- » bleau, et placera des sentinelles à toutes les » portes extérieures, et jusqu'à nouvel ordre n'en » laissera sortir personne sans un laissez-passer » de la reine.

» Par ordre de la reine, »Duc de Guise. »

monaldeschi, reculant vers Landini, tandis que

Charnacé redescend le théâtre.

Elle sait tout.

CHARNACÉ

J'ai cru devoir vous avertir.

monaldeschi, à demi-voix, à Landini...

Tu m'as trahi ; c'est toi.

charnacé, riant.

Lui... cette vieille face?

monaldeschi , avec humeur.

Baron...

charnacé, riant.

Ah ! j'en mourrai.

MONALDESCHI

Mais...

CHARNACÉ

Croyez-vous qu'il fasse Bon effet à genoux disant son madrigal?

MONALDESCHI

Laissez cet homme.

CHARNACÉ

Oh non, ça ne m'est plus égal; J'ai cru que cet enfant, qu'en bon goût on re-

[nomme, S'était fait enlever par quelque gentilhomme, Et j'aurais essayé de le sauver.

LANDINI.

Voilà.

CHARNACÉ

Mais puisque c'est ce drôle ..

MONALDESCHI

Eh! baron, est-ce là Un séducteur? sachons plutôt qui l'on soupçonne.

Tout le monde, à peu près.

MONALDESCHI

Par conséquent , personne.

Pourquoi donc est-ce à moi que vous vous adressez?

CHARNACÉ

Peut-iitre au ravisseur vous vous intéressez,

Car tous les gens d'ici ;nni \<>s compatriotes, El jecroirais manquer aux bor^s soins de mes hôtes, Et surtout aux bons vins qu'ils m'ont fait essayer, Si je ne tentais pas tout poui les en payer. MONALDESCHI.

Eli ! comment les servir?

CHARNACÉ

Mais, le diable m'emporte ■ Ce caveau sur le bois doit avoir une porte. Du château lentement je vais faire le tour. Je ne mets pas de garde au pied de cette tour.

MONALDESCHI

Sans doute, c'est fort bien.

CHARNACÉ

Cela veut dire une heure.

V part.

La nuit vient... D'ici là qu'il s'en aille ou demeure, Je m'en lave les mains.

landini, bas, à part.

Nous en profiterons.

Au Marquis. A Landini.

Adieu, marquis... Adieu, chien, nous t'y repren-

[drons.

Au Marquis, en sortant, et du milieu de l'escalier.

J'aurais été charmé de voir pendre ce drôle;

A Landini.

Mais le fagot nous reste, et je t'y garde un rôle.

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