‹ Magasin théâtralChapitre 695 sur 1377 · NON · texte numérisé non relu

NON

El défend-il aussi l'insulte et la vengeance?

CHRISTINE

Ali! si je me sentais un reste d'indulgence, 11 l'aurait étouffée.

SUENON.

Eh bien! livrez-moi donc Votre justice à faire aujourd'hui comme un don, I i \ rez-moi ce marquis, armés comme nous sommes, Pour un combat loyal entre deux gentilshommes, Et je jure sa mort aussi sûre bientôt Que si la main de Dieu l'eût écrite là-haut.

CHRISTINE

Non, j'ai dicté l'arrêt, il faut qu'il retentisse. Monaldeschi mourra par ma haute justice, (le sont mes droits, mon rang, l'état de mon séjour, C'est le soit de ma vie à Axer en un jour.

SUÉNON

Placez-les donc si haut qu'on ne les puisse at- Au trône... [teindre;

CHRISTINE

Vain espoir, que ceci doit éteindre!

SUÉNON

Eh ! madame, appelez vos sujets oubliés;

Leur cœur vous vaudra mieux que tous vos alliés.

Je les crois dévoués, mais nul plus que le vôtre. Acceptez donc un soin alarmant pour tout autre. Parlez, etrépondez à ceux de mes sujets Qui de me rendre au trône ont conçu les projets, Qu'au pouvoir que j'ai fait je nesuis point rebelle, Et que ce n'est pas la que mon destin m'appelle.

SUÉS ON.

Et le mien est-il donc de vous fuir?

CHRISTINE

Suénon !

La Suède avant vous n'a pas de plus grand nom.

s LÉ NON.

Qu'importe la Suède, où vous n'êtes point reine!

CHRISTINE

C'est la patrie encore.

SUÉNON

Et vous ma souveraine.

CHRISTINE

Fuyez d'où vous égare un trop vrai dévouement.

SUÉNON

Eh ! pourquoi l'accepter jusqu'au dernier moment, Pour m'en faire à jamais un horrible supplice?

CHRISTINE

Si ce malheur est vrai j'en étais la complice. Ne pouvant y répondre il fallait l'arrêter!... Mais je crus à ce trône où je dus remonter, Pour offrir en retour à votre ame loyale Les dons les plus brillans de la faveur royale, Et »ïl faut jusqu'au bout parler de bonne foi, Pour l'amour qu'il est vrai que vous avez pour moi, Christine vous gardait tant de gloire en partage Que son cœur n'aurait pu vous payer davantage.

SUÉNON

Le malheur aurait donc partout marqué mes jours?

i.iiiusum;.

A ce piix, Suénon..

SI BHOH.

Oui, le malheur toujours, Toujours, si d'un regard pour moi seul doux et Christine. [tendre...

NTe m'en dites pas plus que je n'en veux entendre. Vous partirez.

SUÉNON

Jamais.

CHRISTINE

Je le veux.

SCÉNON, avec amertume.

Mon devoir Est prononcé, je pars...

CHRISTINE

Mais non sans me re\uir.

i ouïe avec anxiété- Quel bruit!

SUÉNON

N'exigez pas ce courage impossible.

Si vous saviez mes maux!

Que n'y suis-je insensible!

SON, avec amour.

Christine?

il augmente.

cnr.isTiNE, écoulant.

Ah ! qu'on \ous trouve à cette heure en celicu, Cette clef dans vos mains... vous me perdez.

SUÉNON

0 Dieu!

Redites-moi ces mots?

CHRISTINE

Dire que je vous aime. ..

Jamais; fuyez.

SUÉNON

Un mot.

CHRISTINE

Oui, l'on vient ici même; Malheureux !

SUÉNON

Sans regret alors je partirai.

CHRISTINE

Rien, rien... vous savez trop que jevous reverrai.

Elle le pousse, ferme la porte avec violence.

Le démon de ma perte a rouvert cette porte.

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CHRISTINE, à gauche, appuyée sur un fauteuil; CLAIRET, entrant par la porte du fond; SAN- TIN'ELLI, près de lui; dix Soldats de Santinelli.

CLAIRET

On trompe ma vengeance... ô rage!

CHRISTINE

Eh! que m'importe?

CLAIRET

Vot s !> : omise.

CHRISTINE A FONTAINEBLEAU

CHRISTINE

Eh bien! j'y penserai.

SANTINELLI.

Vos ordres ne sont plus obéis.

CHRISTINE, iiiqiciueusement.

Jour sacré!

A-t-il dit vrai, Clairet?

CLAIRET

Plus qu'en toute sa vie.

CHRISTINE

Non. l'ordre est trop précis; vous m'avez mal servie.

A tous vos officiers monsieur l'a présenté.

SANTINELLI.

Cet ordre, m'ont-ils dit, vient de sa majesté, Mais cet ordre n'est pas fait pour des gentilshommes Voyez chez les valets.

CHRISTINE

Devant ce que nous sommes, Si grands qu'ils puissent être, ils sont tous des valtetournez. [lets.

CLAIRET

Non... cette heure a changé le palais, Et quelqu'un, à coup sur, les pousse et les excite. Même chez plusieurs d'eux j'ai cru voir cet ermite.. .

CHRISTINE

Je te dois ta vengeance.

CLAIRET

Assurez-vous d'abord La vôtre.

CHRISTINE

Ah ! je la tiens.

CLAIRET

Le marquis n'est pas mort.

CHRISTINE

Quelques heures encor. ..

Et dans une il échappe.

Comprcr.cz-vous enfin qu'il est des coups qu'on

[frappe Dans la nuit, pour pouvoir les porter sùremeut?

CHRISTINE

A la place, à la mienne, on punit autrement.

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