TOUS LES OFFICIERS
Oui.
CHRISTINE, se levant.
Jurez-le.
TOUS, se levant.
Je le jure.
Christine, debout.
Vous acceptez mes droits sans crainte et sans rexous. [mord?
Tous, oui, tous.
CHRISTINE
Or, ces droits sont de vieetde mort.
Soyez justes autant que l'homme en est capable. Et ne considérez ni moi ni le coupable.
Elle se rassied, les officiers ,1e mémo; Clairet enlreavccla casselte de Monaldescl.i , qu il pose sur une tal.le prés de Clirisline.
Qu'il vienne.
Nbnaldesclii entre accompagne' <te Cliamace' et de quelques
kaVJe'ii et •,\>i,,'tr -m le &ord de la norlc pendant que Clairet dépose h e-i.-.ftte'ur li Ifflffl
MONAi.ni m;iji, montrant unpapier à Cltarnacè. Charnacé... voila tout?
CHARNACÉ
Voilà tout.
monaloesciii, à part.
C'est d'elle... il faut tenter l'affaire jusqu'au bout. Christine, se penchant vers lui au moment un A
passe prés d'elle.
Marquis, un aveu franc, et peut-être je cède A la pitié... Rien ?
HONALOBSCHI, 86 détournant.
Rien!...
CHItrSTINE.
Que Dieu vous soit en aide.
Voici vos juges, donc.
Le Marquis va se placer en face de la reine.
Approchez... devant nous, Marquis, les accusés ne parlent qu'à genoux; .Mais devant vos égaux, juges par ma puissance, Vous parlerez debout, selon votre naissance. Répondez.
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Les Mêmes, GUISE.
GITsK, filtrant par la porte du fond.
Arrêtez !
CHRISTINE
Que prétend Guise ici?
GUISE, s'approchani de la reine.
Vous donner un conseil, madame.
Christine, l'éloignant de la main.
Dieu merci.
J'ai de bons conseillers, quoique je vous estime. gitse , élevant la voix, et au milieu de lu scène. C'est donc un ordre alors qu'il faudra que j'intime.
CHRISTINE
Un ordre?
GUISE
A vous.
rous, se levant.
Jamais.
CHRISTINE, les calmant du geste. .
Messieurs, silence, paix.
Guise, j'attends votre ordre en ce même palais, Où du roi vous m'avez apporté les hommages.
GUISE
Quels qu'ils soient, vous devez respect à ses mes-
[sages.
Écoutez donc, vous tous, en ce lieu réunis, Au nom du roi mon maître etmon seigneur, Louis, Roi très-chrétien et roi de France et de Navarre, Moi, Guise, duc et pair de France, je déclare A Christine , en ce lieu présente et m'écoutant. Que, faute de remettre en mes mains à l'instant D'un crime quel qu'il soit tout auteur ou complice, Pour que le roi mon maître en fasse à sa justice, Elle encourra sa loi sans grâce ni pardon.
CUR18TÏNE A IO\TFAJNKRLEAU.
CHIUSTINTÎ.
Voyons l'ordre signé par Louis île Bourbon.
Elle l'examine- cl le jolie sur la table.
Cet ordre, je l'avoue, a de quoi nie confondre ; Mais nous ne sommes plus à Stockolm pour répondre Comme l'exigerait notre honneur suédois.
Mais votre honneur français a dit : Fais ce que dois, Advienne que pourra! j'en suivrai le précepte, Que mon frère Louis du droit des gens m'excepte ; Qu'à ces mains qui portaient le sceptre, et qui
[parfois Sous leur blancheur de femme ont fait plier les
[rois, Il donne, s'il le veut, des fers : qu'il ose même Livrer a ses bourreaux, ceinte du diadème, La tôle qui choisit son hospitalité, Dont elle crut le toit par l'honneur abrité, Il le peut... c'est sa gloire, et certe il est le maître De la placer si haut!... la nôtre doit se mettre A conserver les droits du rang où je naquis ; Mes gens donc, parcesdroits, jugerontle marquis; Et si la force y met obstacle, je proteste Devant les nations!... retirez-vous...
Je reste.
L'appareil que je vois m'en impose le soin; Ne pouvant l'empêcher, j'en reste le témoin, Pour que, s'il plaît au roi que sa loi vous punisse , J'en rende témoignage aux gens de sa justice; Et s'il est en ce lieu quelque Français loyal, Je l'adjure en mon nom, et sous le droit royal De m'y prêter le sien, quelle que soit sa classe, Son état ou son rang.
cuarnacé, allant près de Guise.
Vive Dieu! c'est ma place, Baron de Charnacé.
CHRISTINE
Vous, pour le roi... comment?
CHARNACÉ
Son sujet, condamné par son haut parlement, Et qui, sûr de sa vie, offre par préférence Aux armes de Bourbon, de Navarre et de France, Sa tête, pour qu'un jour on ne prétende pas Qu'un Charnacé balance entre honneur et trépas.
chrstine, avec dépit.
C'est fort bien.. . maintenant personne ne réclame, Chacun a dit, je crois, son mot de grandeur d'amt, Continuons.
Elle se tourne vivement vers Monaldestlii et montre la cassette.
Ceci marquis, vous appartient?
MONALDESCHI
Sans doute.
CHRISTINE
Les objets que ce coffre contient?
S'il contient quelque objet, il m'appartient de
[même.
cuarnacé , bas à Guise.
Saint Aubin fait son jeu.
CHRISTINE , à part.
Quelle impudence extrême!
Elle se tourne vers les officiers.
Que pensez-vous, messieurs, que mérite celui Qui, chargé d'un emprunt et sur les biens d'autrui, Trompe celui qui prête et celui qui s'engage, Reçoit les fonds promis... en soustrait le vrai gage, Pour en remettre un faux et de nulle valeur?
BEMPO
C'est un vol de laquais.
CHAUNacé, bas à Guise.
C'est un vol de voleur, voix CONl'USES.
Bas, ignoble.
CHRISTINE , vivement.
Et de plus si, dans un livre infâme, Il ose de son crime accuser une femme, Une reine... enlin moi?
•rors.
Vous?
CHRISTINE
Pour ce crime affreux, Qu'aura- t-il mérité?
MONALDESCHI
Je répondrai pour cui.
Il mérite la mort s'il a commis ce crime.
CHRISTINE
C'est votre arrêt, marquis, que votre bouche ex-
[ prime.
Aux officiers.
Vous savez, Winter?
BEMPO
Riche en trésors bien acquis,
CHRISTINE
Je lui fis emprunter...
BEMPO
Par les mains du marquis ?
CHRISTINE
Mes diamans devaient garantir cette dette. Où pensez-vous qu'ils sont?
TOCS.
Où?
CHRISTINE
Dans cette cassette, Que le marquis à lui dit bien appartenir.
BEMPO
Eit-il vrai?
MONALDESCHI
Je l'ai dit.
BEMPO
Vous pouvez revenir ; Pensez, marquis, pensez que ce mol vous condamne.
MONALDESCHI
Soit. Ouvrez.
CHRISTINE
Ouvrez donc.
CLAIRET, qui a ouvert la boîte, avec rage% Rien.
TOUS LES OFFIClFns, qui se sont levés, le* fixés sur la casctie.
Rien.
CHRISTINE, à moitié levée, retombe sur son trône. Rien!
MONALDESCHI, à part.
O Marianne!
Tout le monde est immobile ; Christine quitte vivement
son trône, el marche rapidement en silence; elle lève les yeux, rencontre Monaldeschi, et lui tend la main.
CHRISTINE
Monaldeschi, je veux vous demander pardon.
Elle se promène encore et repasse près de Monaldeschi,
Bientôt, marquis, bientôt...
Elle va vers Guise, Charnacé' et Sue'non.
A Charnacé'.
Vous, Guise, Suénon, Demeurez.
Elle marche encore vers Monaldeschi.
Oui, marquis... faites que l'on me laisse.
Elle tombe sur un fauteuil en sanglotant. Tout le monde sort.
Malheur, malheur à moi!
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