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SCENE III

LE PÈRE LE BEL, à gauche, debout près du lit de paille; MARIANNE, assise, la tête appuyée sur le père Le Bel; LANDINI, qui entre par le fond; MÉRULA, à gauche.

mérula, à Landini, au moment où il entre. Allons, entre; on t'attend.

LANDINI, à pari.

Au diable la rencontre !

Marianne est-elle ici ?

MÉRULA.

Faut-il qu'on te la montre ? La voilà.

landini, s'approche de Marianne, qui fait un effort pour l'écouler.

Le marquis m'envoie ici.

merula, vivement.

Vraiment!

LE père le bel, avec anxiété.

Il est sauvé.

landini, confidentiellement.

Sauvé... vous devinez comment.

mérula, bas, avec intention.

Viendra- t-il?

landini, de même.

A minuit.

Me'rula le tire à l'écart, et cause avec lui. Ici il s'e'tablit une double scène entre Me'rula et Landini, d'une part, et Marianne et le père Le Bel de l'autre.

Marianne, avec une joie convulsive.

Mon père!

LE PÈRE LE BEL

Eh bien!

Marianne, se soulevant.

Mon père !

LE PÈRE LE BEL

Tu pâlis?

MARIANNE, presque debout.

Je vivrai jusque là, je l'espère.

LE PÈRE LE BEL

Malheur! je te comprends.

MARIANNE, tombant à rjenoux.

Je Vous avoûrai tout.

landini, à Mérula, à l'écart.

Nous partagerons.

MÉRULA.

Oui.

LE père le BEL, à Marianne , qui cherche à se relever.

Ma fille...

MARIANNE

Mon sang bout; Il me brûle le cœur.

landini, toujours à V écart avec Mérula. ,■ Une somme si forte, - . 7 C'est dangereux.

le père le bel, à Marianne.

Enfant, repens-toi.

Mérula, à Landini.

Que m'importe!

Dussé-je voir l'enfer danser autour de moi. LANDIM, à Mérula.

Tu le veux.

Marianne, avec des sanglots.

O mon Dieu ! c'en est trop.

le père le bel.

Repens-toi, Malheureuse.

Marianne, se pressant le front.

Là! là!...

LANDINI à Mérula.

Marché fait.

LE père le bel.

Prends courage.

MÉRULA.

Le sortilège est sûr?

LANDINI.

Surtout après l'orage.

Mais je n'eusse jamais osé l'essayer seul.

Il tire plusieurs objets d'un petit sac de velours.

Marianne, se pressant la tête.

Je souffre là.

LANDINI.

Toi, prends ce morceau de linceul, Fais du feu.

Mérula le met dans le bassinet de son arquebuse et fait du feu avec l'amorce. Il prend les cierges qui sont devant un christ et les allume.

MARIANNE

Je ne sais, mais ma tête se trouble.

LE PÈRE LE BEL

I Dieu, garde sa raison !

I LANDINI, qui tient un des cierges.

Pour faire un cercle double ! Donne-moi ton poignard. C'est bien, il est en croix, 1 II nous protégera.

Il se met au fond et au milieu du théâtre, et fait deux cercles par tei i e.

LE père le bel, à Marianne.

Le ciel, en qui tu crois, Ne demande qu'un mot, qu'un repentir sincère.

MARIANNE

Sous un bandeau de fer mon cœur brûleet se «erre.

i tMini , à Mi'rula, qui se place à côté de lui. Entre ici, maintenant que tout est apprêté.

Marianne, cherchant à se soulever.

Il viendra pour me voir... il vient de ce côté.

I K PÈRE LE BEL

Quel délire fatal ce froid sourire annonce !

mérula, dans le cercle.

Tu me diras les mots pour que je les prononce.

Marianne, dont le délire croit à chaque mot. Il vient.

LE PÈRE LE BEL

Pense à ton Dieu.

LANDINI.

Maintenant à genoux t LE prre LE bel, levant les mains au ciel. Dieu vivant, entends-moi.

Satan, écoute-nous.

LE PERE LE BEL

Ksnrit saint!

LANDINI.

Feu maudit !

LE PERE LE BEL

Secours-la.

LANDINI.

Je t'appelle.

LE PÈRE LE BEL

Viens, sauveur des humains.

LANDINI.

Viens, archange rebelle.

LE l'KRK LE BEL.

Dieu iniis fois sainl !

LANDINI, a Mi'i nia.

Allons, et répète trois fois.

i vndini et mérula, d'une voix forte.

Del-éhiith!

LK PEUH LE BEL, sortant de sa prière.

De l'enfer n'enterids-je pas lcsvoiiî MARIANNE, '/"/' est parvenue à se mettre debout. Moiiiildesclii!

LK l'Eu» LK BHf., apercevant Landini et Mérula. Que vois-jc? analhème! anathème!

LANDINI et MÉRULA. %

Jielrébulh!

LE PÈRE LE BEL

En arrière!

MARIANNE» cherchant à se traîner vers la porte. Il viendra, puisqu'il m'aime.

LE PÈRK LE BEL

Damnés, je vous proscris de l'éternel salut.

MARIANNE

Monaldeschi

LE PÈRE LE BEL

Malheur éternel !

LANDINI Cl MÉRULA.

Bclzébuth!

Viens.

LE PÈRE LE BEL

Mort!

LANDINI.

Viens.

LE l'I SRI LE BEL.

Mort!

LANDINI et MÉRULA.

Viens!

La foudre éclate, la porte s'ouvre avec fracas. Christine parait ; Marianne a sen aspect lomlic sur un banc île pierre il.ins l'angle du roc.

MARIANNE, avec un cri et montrant Christine. Làl

Elle tombe.

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