‹ Magasin théâtralChapitre 790 sur 1377 · FRÉRON · texte numérisé non relu

FRÉRON

BONAPARTE, au ser ent. fetS cet ('(liteau enavant de la batterie, tout le inonde maintenant voudra en i ire.

CARTAUlC. Citoyen commandant, nous avons reçu de Paris un • lan d'i ttaque, et

[uevi

BONAPARTE. Et quel esl l'auteur de ce plan?

GARTAi x. Le célèbre général d'Arçon.

BON «PARTE. Qui n'a peul être jamais vu Ile. -C'est le cinquième qu'on envoie .ris, et le dernier de mes canofinierS en ferait un moins mauvais -me le meilleur d eux tous... A oyons ce plan.

•TAiX. fîsant. Le général Cartaux s'emparera de tous les points occupés par l'ennemi du coté de la terre, en abandonnant entièrement la mer.

Il se rendra maître, à quelque prix que ce soit, des forts Faron, Saint-Antoine, Lartigues , Sainte-Catherine et Lamalgue.

Lue fois maître de ces forts, il fera procéder sans relâche au bombardement de la ville.

BONAPARTE. Et combien d'hommes de renfort nous envoie-t-il pour exécuter i plan ?

Cartaux. Pas un ; il faudra nous contenter de ce que nous avons.

BONAPARTE. Soixant, mille h suffiraient pas ; et avec les renforts venus de l'année de Lyon , nous sommes à peine trente mille.

fréron. 11 faudra pourtant bien exéci;ter les ordres du comité , ou ta tète , citoyen général , répond du succès.

BONAPARTE , hù prenant la main. Citoyen représentant , vois-tu d'ici cette citadelle incrustée comme un nid d'aigle aux flancs

de cette montagne? C'est le fort de

Faron que ton comité parisien nous ordonne de prendre. Si tu veux que j'exécute ses ordres, trouve-moi des soldats qui aient des ailes et amène-moi l'hippogrille nour les y conduire

NAPOLEON

bornons-nous à La

gasparïn. Eh bien prise du fort Lamalgue.

Bonaparte. Oui, et pour y arriver tu foras passer les trente mille hommes entre le feu de quatre forts et celui du canin retranché qui est en avant de Toulon, et ad tu y auras laissé la moitié de tes hommes, avec le reste tu iras attaquer le fort Lamalgue, étoile par Vauban, avec ses angles opposés aux angles, sa batterie de soixante pièces d'artillerie et ses trois mille hommes de garnison. (S'asscyant sur une. pièce.) Insensés!

CARTAUX, à Bonaparte. Citoyen commandant, as-tu dirigé une batteiie de quatre obusiers sur la poudrière?

BONAPARTE. Oui.

cartaux. Eh bien?

Bonaparte. J'y ai jeté vingt obus dont dix-sept ont porté.

CARTAUX. Sans résultat?

BONAPARTE. Sans résultat.

CARTAUX. Il faut continuer.

Bonaparte. Inutile!

CARTAUX. Pourquoi?

Bonaparte. La poudre a été transportée dans la ville.

fréron. Il faut tirer sur la ville alors , et profiter de l'explosion du magasin où on l'a transportée pour faire une attaque.

Bonaparte. Oui , ce serait bien ; — mais qui m'indiquera celle des huit cents mai- ! sons de Toulon qu'il faut incendier?

fréron. Brûle tout.

bon vparte. Est-ce à moi, qui suis Corse, 1 de te rappeler que Toulon est français?

salicetti. Qu'importe! Turenneabien j brûlé le Palatinat.

Bonaparte. C'était nécessaire à ses des- i ^ins ; ici c'est un crime inutile.

FRÉRON. Serais-tu aristocrate par hasard? j [ Bonaparte hausse les épaules. ) Citoyen gé- j néral , il faut en finir. — Attaque la ville | comme tu l'entendras ; mais que dans huit !

jours la ville soit prise ou dans neuf \

jours je t'envoie à Paris comme suspect. . ! etdans quinze , — tu comprends.

CARTAUX. Oui, oui : ch bien! alors, je i m'en tiens au plan du comité... L'attaque j générale aura lieu demain.

Bonaparte. Tu te perds , et l'armée !

aussi.

CARTAUX. Mais que faire alors?

BONAPARTE , se levant et montrant sur la \ carte le fort du Petit-Gibraltar. C'est là qu'est j Toulon.

CARTAUX. Là?... mais pas du tout... Il !

nous montre l'issue de la rade Toulon \

'est pas de ce côté ( A part. ) Prendre j

e Petit-Gibraltar pour Toulon !

Bonaparte , aoec force. C'est là qu'est Toulon . vous dis-je. Prenons ce fort aujourd'hui, et demain ou après-demain nous cuirons dans la ville.

S u.icetti. C'est le mieux défendu.

Bonaparte. Preuve qu'il est le plus in»» portant.

gasparin. Le commandant lui-même l'a jugé tellement imprenable, qu'il a dit que , si nous l'emportions , il se ferait jacobin.

BONAPARTE. Qu'on me charge de l'attaque , et dans douze heures je lui enfonce moi-même , ou mon épée dans la poitrine, ou le bonnet rouge sur la tète.

salicetti. Mais nous perdrons dix mille hommes.

BONAPARTE. Dix mille, vingt mille, qu'importe ! pourvu qu'il m'en reste trois mille pour y mettre une garnison.

fréron. Ah ! voilà le philantrope qui ne veut pas brûler huit cents maisons et veut faire tuer dix mille hommes...

BONAPARTE, s' éloignant. Niais!

CARTAUX. Ainsi donc , citoyen commandant, tiens-toi prêt à foudroyer la ville.

BONAPARTE. D'ici ?

Cartaux. Oui... Pendant ce tems.

Bonaparte. Il y adeux portées de canon. cartaux. Non... Tu peux tirer.

BONAPARTE. Canonniers, commencez le feu.

( Les canonniers commandent sur toute la ligne : En action1. — Chargez l Bonaparte pointe la pièce lui-même , prend une mèche , met le feu, et revient sans regarder où a porte' le boulet.)

GASPARIN, qui a regardé attentivement.

Il a raison , le boulet est tombé à deux cents toises au moins des ouvrages extérieurs.

fréron. N'importe , ce jeune homme me déplaît : il sent l'aristocrate ; mais nous le ferons bien obéir.

gasparin. Citoyens , le commandant parait savoir ce qu'il faut faire mieux que personne , il faudrait le charger...

FRERON, sans l'écouter, à Cartaux. Général , viens donner tes ordres , et que dans une heure on commence l'attaque.

( Bonaparte le suit des yeux avec compassion ; Cartaux soit avec Salicetti, Gasparin, Frc'rm , elc.;

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