‹ Magasin théâtralChapitre 816 sur 1377 · LE MARQUIS DE LA FEUILLADE, LE BARON , LE VICOMTE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE LA FEUILLADE, LE BARON , LE VICOMTE

LE MARQUIS. Ah ! bonsoir, monsieur le baron. Quelles nouvelles ?

. le baron. Mauvaises. Bonaparte a battu les Prussiens à Champ-Aubert et à Montmirail.

LE MARQUIS. Est-ce Slir ?

LE baron. Tenez, demandez au vicomte.

le vicomte. Ah! mon cher, tout est perdu. Les alliés sont en pleine retraite. On les a poursuivis sabrant jusqu'à Château-Thierry. Le peuple se lève, il s'est armé avec les fusils prussiens dont les routes sont couvertes ; si Soissons tient, tout est perdu.

le marquis. Savez-vous si les souverains alliés ont reçu à tems nos lettres ?

LE baron. Elles ont été remises à un homme sûr.

le vicomte. La paix n'est point à craindre alors?

le marquis. Non. Les conditions qu'on lui imposera ne sont point acceptables. Il faut qu'il ait l'air de vouloir la guerre. Qu'est-ce que cela?

LE BARON. Quoi?

LE marquis. Ce bruit?

le baron , de la fenêtre. Qu'y a-t-il , mon brave ?

UN homme , de la rue. Dix mille prisonniers russiens qui passent sur le boulevart. Venez les voir.

UN CRIEUR. Voilà ce qui vient de paraître ! Bulletin de la grande victoire remportée par l'empereur Napoléon à Montmi rail et à Champ-Aubert.

LE MARQUIS. Allons ! ( Se jetant dans un fauteuil. y Que faire?

le baron. Cela ne peut pas durer. Cet homme les bat partout où il se trouve , c'est vrai ; mais il ne peut pas être partout. .. Avez-vous reçu des lettres du comte d'Artois?

LE vicomte. Oui Il est en Franche- Comté , à la suite des Russes.

LE MARQUIS. Et ses fils?

LE vicomte. Le ducd'Angoulème est au quartier-général des Anglais dans le midi. Le duc de Berry est à Jersey. Tout va bien par là.

le baron. Mais il faudrait le faire savoir aux souverains alliés.

tous. Sans doute , sans doute.

le marqsïS. Avez-vous vu la proclamation de Louis XVIII datée d'Hartwell?

Très-bien ! des pardons , des places...

le vicomte. Eh bien ! mais il est impossible que Bonaparte avec ses quarante mille hommes puisse même résister...

le marquis. Mais les alliés le croient bien plus puissant.

LE baron'. Il faudrait les prévenir de sa faiblesse.

TOUS. Certes!

le vicomte. Mais il faudrait un homme sûr qui ne craignît point de passer à travers les rangs français Quant à Paris,

il n'y a rien à craindre : la police est poui nous.

le marquis. J'irai , moi, si vous voulez.

le baron. Vous?

LE VICOMTE. VOUS

LE marquis. Oui. Si je suis fusillé , eh bien ! vous direz à ma mère : Il est mort digne de vous, digne de son père, il est mort pour ses princes légitimes.

MAGASIN THKATKAL.

le BARON. Comment passerez- vous?

le marquis. Avec une livrée. J'aurai l'air d'appartenir à quelque général de l'année. Mais un passeport ?

le vicomte. J'en ai trois ou quatre en blanc, que la préfecture m'a donnés en cas de besoin.

le marquis. Eb bien! vite alors car

il n'y a pas un instant à perdre... Donnezmoi les lettres. ( . appelant.) Germain !

germain. Monsieur?

LE marquis. Donne-moi une de tes redingotes de livrée , et va chercher un cheval de poste. Tu m'attendras au coin de la

rue de Rohan et Saint-Honoré. J'irai à franc étrier jusqu'à Villers-Cotterets j de la

je passerai à pied bien : les Lettres <lu

comte d'Artois et du duc de Berry. Vous, voyez ici le duc de...

TOUS. Oui , oui.

le marquis. Ne dites pas à ma mère où je suis. Elle aime bien son roij mais ellt aime encore mieux son fils.

TOUS. Adieu, adieu, mon brave marquis.

LE VICOMTE. Bonne réussite.

LE BARON. Bon voyage , mon ami.

le marquis. Venez me conduire.

e@@ a®@QQ&9Q09QQ®QQ8eQSQ099esQ»se9QeQ3ao®ec3QQaoooocooaoaoaooeooi

Une rue de Paris.

Page 1