LORRAIN. TOUS
N VPOLÉON. Tu as pourtant des païens en V\ ance ?...
LORRAIN. Un enfant n'a pas de plus pro- .1 père. . et . c: oquin !
vous êtes notre père à nous , ou je ne m'j connais pas. Je crois bien aussi que j'ai quelque part une vieille mère ;. . y a à peu près quatorze ans que j'ai reçu de ses nouvelles... J'étais en Italie... Beau pays, nulle dieux ! pas trop chaud , pas trop froid ; et des victoires pour se rafraîchir!... La v'Ià sa lettre : je me la suis fait lire vingt fois, vu que je ne sais pas lire moi-même... Tant y a que depuis Marengojen'ai plus entendu parler de la vieille. Elle m'aura peutêtre bien écrit poste restante à Vienne ou a Moscou ; mais nous passions toujours si vite , qu'on n'avait pas le tems d'aller au bureau.. Je ne sais plus où elle a établi son bivouac maintenant ; mais pourvu que le bon Dieu lui envoie tous les jours sa ration de pain et un peu de cendre chaude dans sa chaufferette , elle ira , elle ira la bonne femme... Ah! ne parlons plus de ça ! ne parlons plus de ça !
napoléon. Nous avons une grande revue sur le port aujourd'hui.
lorrain. Oui, oui; ça fait toujours plaisir. Ah ! j'avoue que nous avions besoin que le goût vous en reprît. Sire, je n'étais pas content de vous , moi !
NAPOLÉON. Bah!
lorrain. Ah! bon, que je disais: le v'Ià encore dans son jardin , qui bêche et qui greffe ! Cré coquin ! peut-on oublier comme ça ce qu'on se doit à soi-même... Quand on a été quelque chose enfin !...
napoléon. Ah! tu disais cela ! (Se
rc.'numani. ) Qu'est-ce que c'est donc que
cette barque ? peut-être vient - elle tle Fiance ?
LORRAIN. Oui, quelque contrebandier de Livourne, quelque pêcheurde la Spezzia;
mais de la France... {Il fredonne : \ra t'en voir s'ils viennent , Jean , etc. S'interrompanl.) Qui vive?
NAPOLÉON. Attends , attends ; c'est un ami , je crois.