scène ix
VARGAS, LOWEJNDÉGHEM.
VARGAS, allant pour sortir par la droite ; il rencontre Lowendégliem, et s'arrête.
Qui va là?
lowendéghem.
Un homme qui veut que nous mesurions nos épées.
VARGAS
Un duel! vous voulez un duel?
LOWESDÉGHEM.
Avec le plus criminel de ceux qui trahissent leurs frères.
Qui que vous soyez, monsieur, ne calomniez pas ce que vous ignorez; il est peut-éire plus facile d'être vertueux , comme vous l'êtes, que criminel , comme je le suis.
LOWESDÉGHEM.
Allons donc ! monsieur de Vargas ; ce n'est pas votre conduite, c'est votre vie qu'il faut défendre.
VARGAS
Mes instants sont comptés , monsieur ; laissez-moi passer.
LOWESDÉGHEM.
Quand je te dis que, moi vivant, tu ne sortiras pas d'ici.
VARGAS
Place, encore une fois! ou malheur à vous!
LOWESDEGHEM.
Défends-toi, te dis-je; défends-toi !
VARGAS, dégainant.
En garde donc, puisque vous êtes las de vivre ! (Ils ferraillent.) LOWESDÉGHEM , s'arrétant.
Malédiction !
VARGAS
Vous êtes blessé.
LOWESDEGHEM, essayant de ferrailler encore. Non... non...
Mais si, votre sang coule.
LOWESDÉGHEM.
Oui... toujours pour la patrie... ici comme au sac de Gand !
VARGAS , laissant tomber son épée.
Au sac de Gand ! ( Allant à lui. ) Qui donc ètesvous ?
( Ils se regardent de très près quelques instants à la clarté de l'ex-voto.)
LOWESDÉGHEM.
Si mon ami n'était pas mort, il y a vingtdeux années !...
VARGAS
Il n'y a au monde que Lowendéghem qui sache mon vrai nom.
LOWENDÉGHEM.
Il n'y a au monde que Robert d'Artewelde qui puisse me reconnaître.
(Ils se jettent dans les bras l'un de l'autre. )