ACTE III, SCÈNE V
DON LUIS , qui a remonté un peu la scène ,
s'aircte.
Assez, de grâce! Trêve à ces pénibles débats, c*€8l moi qui vous en conjure. Puisque Lowendéghem n'est plus ,je ne [«remis pour juge en cette question (pie la duchesse d'Albe , à qui je vais en écrire.
LE DEC *
Comment , don Luis, tu hésites! — Balancerais-tu entre un misérable bourgeois anobli et le duc d'Albe?
VAltOAS , bas à don Luis.
C'est-à-dire l'esclave d'un despote, le bourreau de la Belgique.
Au nom de ma patrie et de ma mère, taisez-vous.
LE DUC
Kappelle-toi toutes ses infamies.
VARGAS, bas à don Luis.
Souviens-toi de tous ses crimes.
VON LUIS
Grâce tous deux , grâce pour vous-mêmes.
LE DUC
Mais c'est le meurtrier de Lowendéghem , l'apostat de la liberté.
VARGAS , à mi-voix.
Mais c'est le lâche rival du comte d'Egmont, le judas de l'hospitalité.
LE DUC
Ecoute... c'est lui qui prépara le poison d'Elisabeth.
VARGAS , à mi-voix.
Begarde... c'est lui qui alluma le bûcher de don Carlos.
DON LUIS
Arrière tous deux! laissez -moi! — vous me feriez bénir le mystère qui entoure mon berceau , et maudire le jour qui m'a vu naître. — Il est mort , il est au ciel celui dont je voudrais porter le nom. Mais vous, vous me couvrez de honte , vous m'épouvantez ! — Laissez-moi ! par pitié , laissez-moi !
( Il sort par le fond. )