‹ Magasin théâtralChapitre 931 sur 1377 · II- disaient tous qu'avec des mots diaboliques · texte numérisé non relu

II- disaient tous qu'avec des mots diaboliques

mpoisonnez l'eau des fontaines publiqui - . Cesl qu'on meurt en effet, el c'est quelque poison. Bien que ce soient des juifs, je crois qu'ils ont raison ( Il s'assied sur le degré à gauche, à distance ; Gabrii a droite. )

Voilà ce que j'ai fait, êtes-\"'i-- satisfaite, 0 Lea, !<■ | >l 1 1 - I ..-.m d< s anges du prophète ! Quand m >us son lirons . Lea, d'amour, d'amour sur- Tout le reste est amer el nous rejetons tout. [ tout, Quand nous sommes heureux, tout devient fleui - el Et nous fait une joie avec les moindre choses, [roses Souvent vous m'avez vu sombre, terrible affreux ; Vous m'avez cru méchant... et j'étais malhcuieuv. On eût pris, saccagé la Judée en ruine Et respiré mon air jusque dans ma poitrine... M. lis vous, Lea, mon ciel , mon Orient vermeil, Ma vierge enfant qui dort au berceau du soleil ! Voyez où va l'oubli, vous-même la première, Jéricho, le Jourdain , vos parents , votre mère, Et moi qui vous aimais , voyez où va l'oubli... Ah ! Lea vous pleurez... si vous pleuriez pour lui... (II se calme.)

Rappelez-vous... le vieux figuier de Eéthanie, Votre famille assise et toute réunie; Vos parents me disaient, en me parlant de nous : Nous sommes déjà vieux nous n'avons qu'elle et

[vous.

Nous sommes déjà morts, notre fille a votre âge; Vous aurez les troupeaux avec le pâturage... Qui sait ce qu'ils diraient s'ils savaient aujourd'hui...

(Elle pleure.)

Oh ! Lea , vous pleurez , mais ce n'est pas pour lui... ( Avec douceur.)

Je fais la part de tout... une femme séduite Est aveugle... du cœur comme des yeux; ensuite... Une femme, un enfant, c'est si faible, en effet, Qu'elle n'a point de part aux fautes qu'elle fait. On se blesse en jouant ; voilà comme il faut pren-

[dre Ces jeux, ces riens, l'oubli qu'on ne peut pas comprendre.

C'est un éclair qui passe, on en est ébloui. ( Avec force.)

Oh! Lea, vous pleurez et vous pleurez pour lui. . ( II se lève.)

Il a donc plus d'amour, ou bien est-ce autre chose? Car s'il est plus aimé, j'en veux savoir la cause. Il est Franc et chrétien; voyons, qu'a-t-il encor? Peut-être a-t-il de l'or, et moi je n'ai pas d'or: Peut être a-t-il de l'or pour acheter des femmes, Et des baisers pleins d'or, que le prix rend infâ-

[mes...

ACIK III, SCÈBIE II!

Ah ! s'il a tout cela, malheur ! oh! malheur! oui , Lea, vous faites bien; pleurez, pleurez pour lui!...

GABRIEL. Il va à lui; il cherche à le calmer. Ismaël, soyez hon.

ISMAEL

Page, où donc est ton maître?

GABRIEL

Promettez-moi , pour moi...

ISMAEL , tranquille.

Je ne veux rien promettre; Cela trompe, — assieds-toi, — comme tous le«

[ serments.

(Après un silence.)

Ils ont donc des poisons et des enchantements, Ces chrétiens? Oh ! pourquoi vous ai-je donc quit-

[te'e ?

Le malheur m'attendait et vous avait guettée... Mais je devais partir... Ces Francs venaient à nous; J'étais un homme, moi... j'ai dû me battre; et

[vous !...

Ah ! cet homme ne peut pas faire qu'une fdle Oublie à-la-fois Dieu, son pays, sa famille... Impossible, Léa... c'est un égarement, C'est un art de l'enfer, c'est un enchantement.

LEA

C'est un charme, Ismaël ; qu'est-ce que cette trame De malheur qui se mêle aux œuvres d'une femme , Qu'on ne puisse pas vivre innocente un seul jour. Que tout devienne faute , oui , tout , même l'amour !

ISMAEL, avec bonté.

Oh ! pas de désespoir !

LEA

Je m'étais attendrie A de simples récits qu'il fait de sa patrie. Je souffrais d'un chagrin qu'il m'avait confié; Je pleurais en voyant son Dieu crucifié.

ISMAEL

Ne parlez que de vous , j'ai tort; et c'est folie A moi de rappeler ce qu'il faut que j'oublie...

( Avec amour.)

Quand on vous reverra ! Leck, qui travaille l'or, Sur, Dina, qui s'aimaient et qui s'aiment encor, Votre mère...

Oh ! ma mère!

ISMAEL

Au seuil de votre porte :

N'allez pas la surprendre, elle tomberait morte... Tous vous ont vue enfant.

LEA

Nous partirons au jour.

ISMAEL

On vous présentera les palmes du retour ;

Les pasteurs de Dibon seront à votre entrée,

Et ceux de Galaad , et toute la contrée ,

Et des danseurs d'Alep , des joueurs d'instruments;

Tout est joie et concerts et divertissements.

LEA

L'aurore ne vient pas...

ISMAEL

Et si l'on nous demande,

En voyant à présent comme vous êtes grande , Autre chose, Lea, qu'est-ce (pie nous dirons?...

LEA

Tout ce que vous voudrez.

I SMAEL , avec amci Uime.

Alors, nous répondrons Que toute la Judée est morte sans défense... Qu'une î le de la mer qu'on appelle la France, Des peuples de la nuit que la nuit rend méchants, Qui n'avaient jamais vu que nos soleils couchants, Ont pris Jérusalem , et qu'après nos défaites [tes ! Nous n'avons qu'à pleurer comme font les prophè- Et qu'au pauvre Ismaël il n'est resté que vous. (Gabriel depuis un moment a pâli.)

iea. [nous;

Gabriel! qu'as-tu donc? Viens là, plus près de Il est froid; pauvre enfant! des pleurs sur son vi-

[sage !

Savez-vous, savez-vous ce qu'il faut à son âge De courage et de force ?... Enfin il a laissé [glacé. Tous les siens pour me suivre... Il tremble, il est (Elle le réchauffe dans ses bras.) ISMAEL se lève ; on entend les cris du peuple. Ah ! c'est toujours ce peuple et ses clameurs ! LEA , toute à Gabriel.

Regarde.

ISMAEL

Il faut lui tenir tête et faire bonne garde! Je reviens.

Il son.)

LEA

Gabriel !

GABRIEL

Vous vous en irez... loin...

Allez, allez-vous-en... Aussi qu'ai-je besoin... Vous ne nous aimez plus... Je m'en vais voir le

[siège...

(Il fait un mouvement pour se relever; elle le retient.) On me prendra peut-être, on me tuera , que sais-je ! C'est égal !

LEA , émue.

Gabriel !

GABRIEL

J'étais là de côté Moi, comme rien , et lui , vous l'avez écouté. Si j'étais écuyer, qu'on voulût me permettre De monter à la brèche à coté de mon maître... Mais je ne suis qu'un page , alors on le défend... Oh ! vous avez raison, je ne suis qu'un enfant !

( Il pleure.) LEA.

Vous avez un grand cœur, et vous passez votre âge, Gabriel , par votre ame et par votre courage-

GABRIEL

Je ne puis pas mourir !

LF.A.

Pourquoi mourir, pourquoi?

GABRIEL

Puisqu'il vous aime aussi.

LE CAMP UES CROISÉ

LE CAMP DES CROISÉS

Qui donc ? mourir.. ■ s. in-, moi ?

(Avec amour ci regardant autout d'elle ) Ne vous l'a-t-on pas dit: « Sois toujours auprès d'elle « Gomme l'ange éternel , comme l'amour fidèle.

GABRIEL

Oh ! je lui dirai tout... « Comte, vous l'aimez trop! »

LEA

Gabriel.

GABRIEL

«Vous allez, vous emportez d'assaut.

u La ville... Et puis , blessé «le blessure mortelle, « Et tout couvert de sang, montrez-vous devant elle. .1 ( Charles arrive blessé et se portant sui 1 .< pointe de son épée. (i Elle vous aimera peut-être...»

Page 1