I.E CAMP lu S CROISÉS
LE CAMI' DES CROISÉS
J'ai donné toul mon sang) il tant toutes mes larmes ; .l'ai souffert (ont le mal que vous avez souffert, Tous mi', rêves du ciel sont tombés dans l'enfer ; Je n'ai plus de courage , et là , sur cette pierre,
( Il tombe à côté de Lea.)
.le ne puis que m'abattrc.et vous dire.., Mon père!... Vous êtes le plus fort... secours, secours, secours!... Vous êtes tout amour., pitié pour nos amours ! (Les chanta recommencent. ) LEA , après avoir écouté les citants et sans force. Quand nous sommes, dit-on, à notre dernière heure, J.'ame jette un sanglot comme une voix qui pleure.
[ Elle pleure.)
< iharles , je vais mourir... Ce qui se passe en moi , .le ne sais ce que c'est... ne le sais-tu pas , toi ? Ces chants , ce que tu dis , et ce temple , et sans doute Ce silence lui-même, où ton Dieu nous écoute , Je ne sais ce que c'est... Oh ! c'est de la frayeur... Cache-moi dans ton sein ! Charles, Charles, j'ai peur! Charles, [charmes !
Lea, qu'avons - nous fait? Que de pleurs, que de (Il baise lu tête de l.ea dans ses mains.) LEA.
Charles , tu perds ton sang.
CHARLES
Lea , tu perds les larmes.
Dieu te pardonnera.
LEA. Elle se relève.
Charle, un dernier effort, Carie pardon du ciel, c'est peut-être la mort.
GABRIEL, par le fond.
Fuyez, les assassins! Ah! qu'est-ce que vous faites !... Ismaé'l , — ils sont là , — leur a dit où vous êtes !. .
Gabriel !...
GABRIEL
Regardez, là-bas, cette clarté, C'est l'incendie; ils sont entrés de tout côté.
(Le temple s'éclaire de la lueur d'un incendie au dehors.) CHARLES.
L'incendie et la mort!...
GABRIEL
Voyez, là-bas, la flamme!
CHARLES
C'est bien ! qu'ils viennent donc !
LEA
Charles, va , je suis femme ; L'amour , c'est de la force.
CHARLES. 11 la prend dans ses bras.
Oh ! viens , ne tremble pas !
Les vaillants sont ici , les lâches sont là-bas.
LEA
Ce n'est pas cette mort quejecrains. Charles, Charle! l'Ius qu'un mot, plus qu'un seul,n'est-ce pas, dis-moi?
CHARLES
Parle.
LEA
On peut ouvrir le ciel, quand le ciel est fermé, Avec un mot d'amour, quand on a bien aimé. ( Le temple est envahi. Dans l'ombre des hommes tombent
blessés; des ri is ilu dehors , >lrs ln> m de I ini endie, La foule
se presse aux portes et les renver* Deiu l mi tombent
prêt de I ihai h
Ml ARLES , avec effroi.
( An ■ fei nu ti Oh ! des morts!!.. C'esl i nous, Gabriel, mon fidèle !
Tu veux h -ii i ..
GABRIEL, cioisant les bras
( lui , comte.
CHARLES
Avec nous '
GABRIEL, i part.
Avec elle.
( Haut.)
( >m , comte.
CHARLES
El toi , Lea ?
LEA
Je t'ai donné mi s joui s.
Tu ne regrettes rien, pas même nos amours?
LEA
A présent, oh ! non, rien! Charles, si je meurs, morte, Où serai-je , avec vous?
chaules , se rappelant que Lca n'est pas chrétienne. Ah ! — nous sommes...
LEA , calme.
Qu'importe?
CHARLES
Maudits vivants et morts.
LEA
Vous , vous êtes chrétien , Charles, je neveux pas mon ciel... je veux le tien...
CHAULES , d'inspiration.
Non, leciel n'a qu'un Dieu... Gabriel, va... regarde.., Et viens nous avertir...
GABRIEL
Lea, que Dieu me garde!
( Il sort. ) CHARLES.
Pas un prêtre !.. Tu veux, dis-tu , mon ciel ? et moi, Lea , je veux le ciel ou l'enfer avec toi. Ne crains pas. . ne crai ns pas... Va, je t'aime ! je t'aime ! Lea, c'est là le prêtre, et c'est là le baptême!..
LEA
Que voulez-vous ?...
CHARLES la prend par la main et la place en face du sépulcre.
Lea, regardez cette croix, Mettez-vous à genoux, et dites-lui : Je crois! ( Il la met à genoux. )
C'est mon Dieu; l'Occident, Lea, n'en a pas d'autre ; L'Orient n'en a qu'un, il est faux, c est le vôtre !... L'Arabe Mahomet n'est rien qu'un meurtrier... Et lui fut sage et bon, c'est lui qu'il faut prier ! Tout ce qu'on sait de grand, il le savait; la terre N'a jamais pu comprendre un aussi grand mystère. Il aimait, il souffrait, il priait. Pour cela Les Juifs l'on fait mourir ; il est mort , il est là ! Et si son marbre froid, sa froide sépulture Se soulève et vous dit sa dernière torture...