‹ Magasin théâtralChapitre 95 sur 1377 · M™ DE CÉSANNE, ISAURE, HENRI, ÉLISE, AI™ DE BRÉCOURT, JULIE · texte numérisé non relu

M™ DE CÉSANNE, ISAURE, HENRI, ÉLISE, AI™ DE BRÉCOURT, JULIE

HENRI. Mesdames, si vous voulez partir, le guide est à vos ordres.

Élise. Vite ! vite ! partons, mesdames, parlons! Combien je suis curieuse de trouver encore des violettes et des fraises au milieu des glaciers!

M,I,e de BRÉCOURT. Mesdemoiselles, et vous, monsieur mou petit-fils, qu'on m'écoute! Il est sept heures; nous déjeunons à dix: donc, vous n'avez que trois heures à donner à votre promenade. De l'exacti- | lude, ou nous déjeunons sans vous. Des | rires, de la gaîté, tant que vous pourrez: I il faut que jeunesse s'amuse ! mais point |

d'imprudences; je veux qu'on prenne ici l'engagement de n'aller que le pas sur le revers du pic Saucy, et, si le vent s'élève. de s'envelopper de son manteau. Aie le promet-on?

ÉLISE. Nous le jurons !

Mmc de BRECOURT. Fort bien! Il faut que nous soyons en voix pour ce soir, afin de ravir tous nos auditeurs. Et vous, chère madame de Césanne, ne jetez pas les hauts cris au moindre ruisseau que vous aurez à traverser ; n'ayez pas la prétention de diriger votre clieval ; laissez-vous conduire par lui; il connaît sou terrain: c'est le seul moyen de prévenir les chutes. Voilà mes ordonnances. J'ai dit: partez, et que Dieu vous accompagne! Un moment ! si M. Henri me fait un rapport favorable sur la conduite de ces demoiselles, pour prix de leur obéissance, ce soir, après le concert, je donne bal à tout le Alont-d'Or.

HENRI. Bravo! bravo! ma bonne mère!

Élise. Vive madame la marquise de Brécourt! Partons , partons , monsieur Henri!

JULIE, à MMe de Césanne. Aladame, je vous demande en grâce d'avoir l'œil sur cette jeune folle !

Élise. Jeunefolle ! une fille qu'on prend tous les jours pour la sœur de sa mère !

julie. Je vous abandonne toute mon autorité.

Mme de Césanne. Et j'en ferai bon usage, madame. Allons, Isaure, ouvrez la marche avec M. le duc. Vous, mademoiselle Elise, vous me servirez d'écuyer. Je n'ai pas l'intrépidité de madame la marquise, et votre malice est sujette à s'égayer de mes frayeurs... Alais aujourd'hui vous aurez pour moi toutes les prévenances et toute la sollicitude d'un galant chevalier.

ÉLISE. Vouspouvez-y compter ; à inoins cependant que mon noble palefroi ne veuille s'élancer sur les traces du fougueux destrier de AI. Henri ! Depuis quelques jours ils se sont pris d'une passion héro'ique l'un pour l'autre ! ils ne peuvent plus se quitter ! et, quand ils veulent une chose, ces Auvergnats sont têtus!... A vous donc les honneurs du pas, monsieur le duc ! votre bras à AIUe de Césanne.

HENRI, à Isaure. Alademoiselle...

ÉLISE, à BJme de Césanne. Et vous, belle châtelaine, daignez me faire la grâce d'accepter le mien.

Mme de Césanne. Avec le plus grand plaisir, preux chevalier. {A tnalatne de Brécourt.) Elle est vraiment charmante!

El, quand la raison sera venue, et qu'on pourra songer à la marier, dans deux ou

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trois ans, je ne veux pas qu'elle reçoive un mari d'aulre main que de la mienne.

Ils sortent.

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