‹ Magasin théâtralChapitre 970 sur 1377 · FANNY, LA FOLLE · texte numérisé non relu

FANNY, LA FOLLE

LA FOLLE entre doucement et furtivement enre- (jardant avec admiration.

Ah! que j'ai bien fait de m'échapper, que c'est beau ici... c'est comme autrefois...

fanny, rêvant.

Pauvre Fabius!

la roi, le, vivement, allant à elle.

N'appclcz-vous pas Fabius?

FANNY, ÙpOU\,'VlU'.i', SC /c'i'C.

Grand Pieu!

LA FOLLE

Il me poursuivrait encore; il me forcerait à rentrer dans cette affreuse maison.

FANNY, avec terreur.

Ah! mon Dieu! quelle est cette femme?

LA FOLIE

On est bien ici... je suis bien... je suis heureuse.

FANNY, appelant.

Georges, Louis.

LA FOLLE

Oh! n'appelez pas, ne me faites pas chasser , il y a si long-temps que je n'ai été chez moi.. . Oh ! c'est que je suis si heureuse... ne nie chassez pas.

FANNY, l'examinant avec effroi.

Pauvre femme!

LA FOLLE

' Oh! n'ayez pas peur, je ne suis pas méchante; et vous êtes si jolie... (Elle la regarde.) Ah! je vous connais.

FANNY

Moi?

LA FOLLE

Oh! oui, c'est bien cela... un jour je l'ai vu... Fabius le cache avec grand soin; (Fanny se rapproche ) mais un matin, pendant qu'il dormait, je l'ai vu sur son cœur.

FANNY

Quoi donc?

LA FOLLE

Votre portrait, qu'il a fait.

FANNY

Mon portrait?

LA FOLLE

Je connais aussi votre frère.

FANNY

Mon frère?

LA folle , tout en regardant autour d'elle. Oui, oui, votre frère, M. Achille de Matta; il vient souvent nous voir, il aime Célesline, et a promis de l'épouser.

FANNY, avec fierté.

La sœur de Fabius?... Etes-voussûrc de ccque vous me dites, madame?

LA FOLLE

Vous oubliez qui je suis, mademoiselle... une telle question est une insulte.

FANNY

En effet, je l'oubliais, une pauvre folle.. .(Elle rêve) et cependant...

LA FOLLE , avec lut cri.

Ah! le voilà.

Qui donc?

LA FOLLE

Fabius, lui qui me poursuit toujours Oh '. cachez-moi, cachez-moi; je neveux pas rentrei dans ce cachot... non, sauvez-moi.

FANNY

Oh! rassurez-vous; c'est votre fils, il ne vous fera point de mal.

la foi.i.k^ faisant pnsier fanny à sa gauehe. Eh bien ! -vous qu'il aime, allez lui demander ma grâce.

FANNY

Oui, oui, j'y vais.

LA FOLXE la poussant doucement.

Allez... allez. (Fanny fait un pas vers Fabius.) Oh ! je les ai bien attrapés, ils ne me trouveront pas.

Elle entre tlans l'appartement du côte gauche.

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