‹ Magasin théâtralChapitre 99 sur 1377 · JULIE , CRÉPON , PRÉVAL · texte numérisé non relu

JULIE , CRÉPON , PRÉVAL

julie. Monsieur, à qui ai-je l'honneur de parler?

CRÉPON , après avoir jeté les yeux autour de lui. Madame !

JULIE. Pourquoi ce mystère, monsieur, et toutes ces précautions?...

CRÉPON. Si madame la comtesse daigne excuser le plus humble de ses serviteurs, je solliciterai de ses bontés la faveur de l'entretenir sans témoin. L'affaire qui m'amène est pour elle de la dernière importance ; et réclame le secret le plus profond.

JULIE. Vous pouvez, monsieur, vous expliquer avec toute sécurité. Monsieur possède toute ma confiance : RI. Préval, conseillera la cour de cassation.

CRÉl'ON. JM. Préval, l'un des défenseurs les plus énergiques des libertés publiques! Ah ! monsieur, j'ai eu plusieurs fois l'honneur de vous entendre chanter avec M. le doyen de la Faculté de droit , et avec un goût !... le ténor le plus agréable !... Ah ! monsieur le conseiller, vous m'avez fait un plaisir !...

phéval. Monsieur, madame attend que vous lui fassiez connaître l'objet de votre visite.

Crépon. Pardon ! c'est que la littérature, les arts, la musique , j'en suis fou ; c'est ma vie. Madame la comtesse, je suis avoué de première instance à Paris ; je me nomme Crépon, André Crépon, ou Crépon le jeune. Je suis l'auteur de la première pétition adressée à la Chambre des députés pour réclamer le rétablissement du divorce. Elle est du 29 juillet 1830. Vous n'ignorez pas , madame la comtesse , que cette loi , si impatiemment attendue par la grande majorité des Français, vient déjà d'être adoptée par la Chambre des députés; et selon toute vraisemblance...

JULIE. Eh bien ! monsieur !

CKÉPON. C'est au nom, et comme fondé des pouvoirs spéciaux et les plus étendus de 31. le comte de Néris, que je me présente.

julie, à part Juste ciel !...

préval, à part. Quel nouvel espoir!

CRÉPON. A peine M. de Néris eut-il appris, à New- York, que la proposition d'un très-honorable membre avait été prise en considération, qu'il s'est embarqué pour la France. Depuis huit jours il est à Paris. Sa première pensée a été pour son ancien conseil, pour l'ami dont les sages avis lui avaient déjà procuré les avantages d'une séparation amiable. Nous nous sommes rendus à l'Abbaye-aux-Bois ; et sur l'assurance qui nous a été donnée que la santé de mademoiselle votre fille devait vous retenir encore plus de six semaines au Mont-

Page 1