QUATRIÈME PÉRIODE PALÉONTOLOGIQUE
Les géologues caractérisent cette période par la présence des calcaires de Purbeck, sables de Haslings, argile wealdienne, grès vert, et craie.
La mer a de nouveau envahi les continents ou les grandes îles de l'Europe, car la végétation a encore changé de nature d'une manière extrêmement remarquable, et semble avoir rétrogradé. Ce ne sont plus, parmi les phanérogames gymnospermes, que quelques arbres conifères qui forment la base des rares forêts couvrant les montagnes ; quelques cycas mêlent encore leur feuillage à celui des pins , mais des vingt-et-une espèces qui paraient la campagne dans les époques précédentes, une seule existe encore. Presque tous les autres végétaux sont aquatiques, et laissent mollement flotter leurs longues guirlandes de verdure à la surface des eaux. Tels sont des naïades, des conferves, et quelques algues, différant presque toutes des espèces qui les ont précédées.
Puisque les eaux couvraient une grande partie de la terre, les poissons devaient être ses plus nombreux habitants, et c'est aussi ce que prouvent leurs nombreux débris. Des brochets, des saumons, des diodons, des balistes et des zées, sont à peu près les seuls genres qui soient bien déterminés jusqu'à ce jour, mais une foule d'autres qui sillonnaient en tous sens la profondeur des mers , ont entièrement disparu , et n'ont laissé après elles aucun analogue vivant; tels étaient les dercetis, les macropoma, etc. Ces nombreuses tribus étaient poursuivies par des requins qui, pour la première fois, parurent et devinrent les tyrans des mers.
Plus de sarigues promenant leurs petits à l'ombre des bois, plus d'oiseaux nageant avec grâce sur les eaux, ou courant sur les grèves. La campagne est retombée dans la solitude, et le silence des rivages n'est plus troublé que par le sifflement ou la voix flûtée de quelques reptiles peu nombreux en espèces. Meudon, ou plutôt l'emplacement qu'occupe aujourd'hui ce joli village, se trouvait être le rivage d'un immense lac d'eau douce, car on trouve dans ses craies des restes de crocodile et de mosasaure.
Le premier avait vingt pieds de longueur, mais le second (mosasaurus hoffmanni) était plus grand, et pouvait atteindre jusqu'à trente pieds. Ce n'était positivement ni un crocodile, ni un lézard proprement dit, mais il tenait le milieu entre les deux, ou plutôt entre les monitors et les iguanes, et il n'avait que quelques caractères des crocodiles. Sa tête était longue de trois pieds neuf pouces, et ses mâchoires, armées de dents formidables, occupaient toute cette longueur ; ses narines étaient fort grandes, ce qui lui donnait une physionomie assez extraordinaire ; son cou, plus dégagé que dans les reptiles analogues, lui laissait la faculté de tourner aisément la tête. Les doigts de ses pieds étaient réunis par une membrane, comme ceux d'un canard; sa queue, longue de dix pieds, était cylindrique à sa naissance, puis aplatie, large et très relevée verticalement; elle lui servait à ramer avec vigueur par un mouvement de droite et de gauche; peut-être comme les mâles de tritons qui peuplent nos mares, avait-il une belle crête sur le dos. Il devait ramper lourdement sur la terre, et, par conséquent, ne sortir de l'eau que pour pondre ses œufs.
En voilàun autred'une taille gigantesque, atteignant au moins cinquante-cinq pieds de longueur, c'est un iguanodon. Ce monstre colossal, doué d'une force prodigieuse, aurait eu bientôt détruit les autres habitants de la terre, si la nature lui avait donné la même voracité; aussi, ne se nourrissait-il que de végétaux. Il habitait les marais et les grands lacs d'eau douce, dont il pâturait les plantes aquatiques.
Du reste, il existait encore quelques espèces dereptiles nouveaux, tels que des saurocéphalus, saurodons, etc., et d'autres des périodes précédentes, tels que téléosaure, mégalosaure, etc.
A celte période seule, appartient un mollusque nommé, parles géologues, baculite; et qui ne parait être rien autre chose qu'une ammonite droite.