VUE DE LA COUR DU PALAIS DES DOGES, A VENISE
Par Joyant.
L'hisloire, la poé9ie , la peinture, se sont tour à tour emparées de Venise ; nous connaissons ses lagunes, ses gondoliers, sa mer paisible et son beau ciel. Qui ne se rappelle les chants de Byron dans le mélancolique pèlerinage de Childe-Harold : o Je vois sortir Venise du milieu des vagues, s'écrie-t-il, comme si la baguette d'un enchanteur l'eût élevée en un instant; elle semble une Cybèle des mers, avec sa tiare d'orgueilleuses tours , majestueuse dans sa démarche comme la souveraine des eaux. Ses filles avaient pour dot les dépouilles des nations, et l'inépuisable Orient versait dans son sein la pluie de ses trésors. Revêtue de la pourpre, elle invitait à ses banquets les monarques glorieux d'une telle faveur. Ces temps ne sont plus , mais la beauté de Venise existe encore ; les empires tombent , les arts disparaissent : la nature ne meurt jamais. Elle n'a pas oublié combien Venise fut jadis chérie ; Venise, l'aimable rendez-vous de tous les plaisirs, la ville la plus gaie de la terre , le carnaval de l'Italie ! » Les accents de Byron ont eu des milliers d'échos; tous les poètes, de haut et bas étage, ont chanté les merveilles et les magnificences de Venise. Nous aimons cet enthousiasme pour une noble cité, et si nous avions un reproche à faire aux voyageurs, aux artistes, ce serait d'avoir trop négligé les détails pour ne nous montrer que l'ensemble. On vante les vieux monuments de Venise : le palais des Doges, ceux de Moncenigo , de Pisani, de Manfrin, de Grimani , de Barbarico, d'Abresci, et nul n'a pris la peine de les décrire. Tâchons de combler aujourd'hui ce vide , du moins en ce qui concerne le palais des Doges ou palais Ducal.
A l'exposition de cette année, brillait un tableau de M. Joyant ; c'était la vue de la cour du palais des Doges, à Venise. Le public connaisseur se pressait en foule devant cette toile remarquable. M. Joyant n'est pas seulement un artiste de talent, plein de tact, composant avec sagesse, c'est encore un homme d'esprit ; nous l'avons ainsi apprécié en admirant son beau tableau. Fatigué sans doute d'entendre continuellement parler du ciel d'azur de Venise, il a placé audessus du palais Ducal des masses de nuages, comme un démenti donné aux exagérations poétiques ; nous serions presque tenté de remercier M. Joyant; il nous révèle que les cataractes célestes s'ouvrent quelquefois sur Venise, et ceci a pour nous l'attrait d'une nouveauté. Nos illusions cessent, mais l'imposante vérité de la nature les remplace. Laissons.donc aux poètes les hyperboles , et visitons en historien le splendide palais si bien rendu par M. Joyant.
Le palais Ducal est un vaste édifice carré, d'une architecture majestueuse, élevé sur deux ordres, et couronné par un ornement frangé dans le genre gothique ; d'un côté, il est appuyé sur la métropole, de l'autre il est à nu, et donne sur un des canaux de la cité. La principale façade est en marbre rouge et blanc, à petits losanges. On y voit à l'intérieur comme à l'extérieur, des piliers et des colonnes qui forment
portique; autrefois, ce portique n'était point muré, de sorte que les communications étaient ouvertes de toutes parts. Les colonnes reposaient aussi sur leurs piédestaux, mais les inondations fréquentes ayant forcé d'exhausser le sol de la petite place , il s'en est suivi que les piédestaux ont disparu, ce qui est d'un mauvais effet pour le corps du bâtiment. Sur le haut, règne un balcon avec un parapet composé de milliers de colonnettes. Le palais Ducal est tout aussi étrange que l'église Saint-Marc qui lui est adossée , église si bizarre , si singulière. Les murs du palais sont ornés de compartiments en mosaïques de diverses couleurs. Long-temps cet édifice imposa le respect et la crainte ; là, durant quatre siècles . a siégé l'inquisition d'état , et les têtes que le terrible tribunal faisait tomber étaient ordinairement accrochées à la tribune extérieure de Saint-Marc. Les conseils et tous les bureaux de l'administration trouvaient place dans le palais Ducal ; les moins importants occupaient l'étage inférieur; les autress'élevaientpardegrésdans l'ordre des dignités et des pouvoirs, jusqu'au grenier où siégeait le triumvirat des inquisiteurs d'état. Inaccessibles dans leur retraite à toutes personnes autres que les exécuteurs de leurs décrets, ils ne voyaient pas même leurs plus proches parents durant les quatre mois que chacun d'eux était en fonctions. La fameuse gueule de lion, à la porte des inquisiteurs, n'existe plus, mais on distingue encore l'ouverture dans la muraille. Les prisons étaient séparées du palais Ducal par un canal que le célèbre ponte di sospiri traversait, et par lequel les captifs étaient conduits au tribunal. Aucun des citoyens de Venise n'était hors d'atteinte de l'inquisition d'état, pas même les inquisiteurs eux-mêmes, car deux d'entre eux, réunis au Doge, avaient le droit de faire périr leur collègue.
La principale porte du palais Ducal , celle de la Car ta, date du doge Foscari ; on y a aussi placé sa statue à genoux devant un lion ailé, avec quatre autres figures qui symbolisent les vertus de Foscari. Cette entrée mène à la cour intérieure , pavée en grandes dalles , où l'on voit deux citernes pour le service du palais ; dans le contour , règne une galerie , le Broglio ; les grands de Venise s'y réunissaient pour causer des affaires de la république ; ils étaient ainsi à J'abri des soupçons qu'ils auraient pu donner aux inquisiteurs d'état s'ils se fussent réunis en tout autre lieu. Plusieurs statues se trouvent dans cette cour; la plupart furent apportées de la Grèce. L'escalier qui conduit au second portique est en marbre blanc ; c'était au-dessus de cet escalier que se faisait le couronnement du doge!, le lendemain de son élection. Au premier étage, et de distance en distance, des faces de lions sont incrustées dans les murs ; à gauche, une chapelle dédiée à saint Nicolas, est remarquable par les fresques du Titien. En quittant l'escalier, la première salle est celle des quatre portes, décorée de plusieurs tableaux de Véronèse ; le plafond emblématique, dû au pinceau duTinloret, représente Jupiter conduisant Venise dans l'Adriatique. La salle des Dix, à laquelle on arrive par celle des Quatre- Portes , est le lieu où s'assemblait le conseil , tribunal chargé de veiller à la sûreté de l'état , avec pouvoir absolu sur tous les citoyens ; le plafond , à compartiments, offre une magnifique fresque de Paul Véronèse : c'est Jupiter foudroyant les vices; un génie
ailé, ayant un livre ouvert où sont inscrits les décrets, se tient à côté du dieu.
Prés du conseil des Dix , la salle d'armes montre ses portes de cèdre du Liban , transportées en Chypre , et de là à Venise. Cette salle était riche en objets curieux, en bustes d'une multitude de guerriers célèbres, en vieilles armures , et notamment celles que portait Henri IV à Arques età Ivry. Devenu roi de France , Henri IV envoya lui-même sa cuirasse aux Vénitiens. Tous ces objets ont disparu depuis les dernières invasions qui en ont fini avec la liberté et l'indépendance de Venise. La salle del'Écusson est ainsi nommée , parce qu'on y suspendait les armoiries de la famille du doge régnant; elle conduit à une galerie, et de là à une grande pièce où les doges recevaient les ambassadeurs. La riche salle du conseil est ornée de tous les portraits des doges par Tintoret. On aperçoit dans le fond une place vide, recouverte d'un crêpe funèbre, et on lit cette inscription : Locus Marini Falieri décapitait! au milieu de tous ces hommes d'état, il se trouva un traître, Marino Faliero, décapité sur le parvis du palais Ducal. De cette salle on passe à celle du suffrage , dite communément du scrutin ; le sénat s'y assemblait pour l'élection des magistrats; elle est riche en morceaux de peinture qui retracent les exploits des guerriers vénitiens à une époque où Venise était au plus haut point de sa gloire.
Tel est l'édifice dont M. Joyant a reproduit la cour intérieure, telles sont ses richesses. L'œuvre de M. Joyarît , nous le répétons , est éminemment digne du suffrage des amis de l'art ; on n'a jamais rien peint de si régulier de lignes , de si parfait de perspective, de si vrai de couleur; il règne dans ce sinistre et majestueux bâtiment un air de mystère et de terreur qui effraie ; l'air et le jour circulent bien dans les longues galeries ; toutes les arcades sont admirablement percées ; à travers les croisées, l'œil se promène dans les vastes salles, dans les moindres appartements; tout est rendu avec justesse et vérité. « Voilà comme on doit peindre l'architecture, a dit un critique éclairé; cela vaut mieux que d'aller chercher sur la palette les tons traditionnels des marbres dorés et des ciels bleus de l'Italie. Si nous ne connaissions pas aujourd'hui toutes les ressources du diagraphe et de la caméra lucida, l'exécution de la vue intérieure de la cour du palais des Dogts tiendrait vraiment du prodige. »
Ne quittons pas Venise et son antique palais, sans jeter un coup-d'œil de tristesse sur les ruines vivantes encore de la vieille et puissante république , sans donner un regret à son infortune, à ses malheurs. Venise vaincue , a vu finir ses treize siècles de liberté ; elle disparaît peu à peu de la scène active du monde : « 0 Venise! s'écrie Byron avec amertume, tes palais déserts, tes rues solitaires, la présence de tes vainqueurs, tout contribue à répandre un.sombre nuage sur tes murailles. » La population de Venise qui montait vers la fin du dix-septième siècle à plus de deux cent mille âmes , s'élève à peine aujourd'hui à quatre-vingt mille habitants, et ce nombre diminue avec rapidité. Le commerce etles emplois officiels , source de la grandeur vénitienne , sont éteints ; la plupart des maisons patriciennes se trouvent désertes, et on n'en verrait debout pas une seule,
si le gouvernement, alarmé par la démolition récente de soixante-douze palais, n'avait formellement défendu cette triste ressource de la pauvreté. Ce qui reste de l'orgueilleuse noblesse de Venise est confondue avec les riches juifs sur les bords de la Brenta; le nom du gentil uomo venelo est tout ce qui nous est connu de lui. Enfin , on pourrait dire de Venise , suivant l'expression do l'Ecriture , qu'elle meurt chaque jour ; pénible et douloureux spectacle, même pour un étranger.
NADIR-SHAH. (1688-17V7.) Deuxième article, fvoir p. 253.)
En ceignant la couronne, Nadir exigea l'adhésion des mollahs pour quelques changements qu'il avait faits à la religion; ceux-ci refusèrent leur concours, et le nouveau monarque fit étrangler leur chef en plein conseil; puis il leur demanda quej emploi ils faisaient de leurs biens : « Une partie est destinée à des œuvres saintes, répondirent-ils ; le reste sert à l'entretien des ministres de l'islamisme qui prient sans cesse pour la prospérité du royaume. — Vos prières ont été inutiles, leur répliqua Nadir, car elles n'ont pu empêcher la Perse d'être envahie, démembrée, dévastée, et ses rois d'être détrônés et fugitifs. Mes prières et celles de mes soldats ont été plus efficaces ; c'est nous qui avons sauvé la Perse, c'est nous qui devons avoir vos biens. » Il en fit dresser un inventaire montant à soixante millions de revenu qu'il confisqua au profit du trésor.
Nadir ayant rassemblé une armée de cent mille hommes, se décida à faire le siège de Candahar, capitale du pays des Afghans; après plus de dix mois de fatigues, cette ville fut prise d'assaut; un grand nombre d'Afghans périrent parles armes; il transplanta les autres, et les remplaça, suivant sa coutume, par une nouvelle population amenée de diverses provinces. Nadir conçut alors le projet de conquérir l'Inde; son but fut exclusivement de s'enrichir des trésors immenses de l'Indoustan. La faiblesse de l'empire mogol, les intrigues qui divisaient la cour de Delhi lui aplanissaient tous les obstacles. Il part au mois de mai, reçoit la soumission des habitants de Caboul, traverse à gué l'Indus et les rivières qui se jettent dans ce fleuve, accepte la reddition de Lahore, et arrive dans les grandes plaines en face de Delhi, où il met en fuite l'armée indienne ; il s'empare des villes et les saccage de fond en comble. Chargé de dépouilles, il quitte Delhi pour revenir dans ses états; mais déjà Nadir n'est plus le père de ses guerriers ; l'avarice, l'orgueil ont endurci son cœur; ses jours de victoire vont disparaître, et l'on ne verra plus dans le sauveur de la Perse qu'un tyran farouche et barbare. Parvenu sur les bordsd'un fleuve, il ordonne à ses soldats de verser au trésor royal l'or et les bijoux qu'ils ont rapportés'de l'Inde ; quelques-uns obéissent et reçoivent en échange des objets de peu de valeur, les autres sont dépouillés brutalement de leur butin.
Arrivé à Ispahan, Nadir y célébra des fêles solennelles, dont la pompe fut encore augmentée par l'exposition des richesses apportées de l'Inde, parmi lesquelles on remarquait le fameux trône du Paon, et une tente construite par ses ordres, où l'on n'avait
employé que la soie, l'or, les diamants et les pierres les plus précieuses. Le Khoraçan était la province de prédilection de Nadir; il s'y rendit en 1741, et après y avoir fait un court séjour, il se mit de nouveau tm campagne pour aller réduire les peuplades du Caucase. Pendant celte marche, deux assassins inconnus attentèrentàses jours; blessé légèrementau bras, d'une balle qui tua son cheval, il se laissa tomber comme s'il était mort, et échappa ainsi aux meurtriers. Depuis cet événement, Nadir paraît un autre homme; il devient de plus en plus sombre et féroce ; la fortune l'abandonne, et son histoire n'offre plus qu'une longue suite de crimes et de revers. Les peuples du Caurease, du haut de leurs rochers, résistent aux
troupes de Nadir ; ils bravent leurs menaces, enlèvent leurs convois, et les obligent à la fuite.
En revenant de l'Inde, Nadir avait publié une exemption d'impôts pour toute la Perse, durant trois années. Bientôt il s'en repentit; et ne voulant pas toucher à ses trésors, il rétablit non-seulement les contributions ordinaires,"mais il en créa de nouvelles, devenues indispensables par l'accroissement démesuré de son état militaire. Quoiqu'il eût soin d'enrôler toujours les guerriers qu'il avait vaincus, et que l'on vit sous ses drapeaux des Afghans, des Abdalis, des Uzbecks, des Turcomans, des Curdes, des Arabes, des Géorgiens, ces recrutements étaient loin de lui suffire. Il avait souvent recours à des levées
d'hommes sur les Persans; de là, les mécontentements et les murmures d'un peuple, qui naguère le regardait comme son libérateur. La difficulté de soumettre les tribus arabes des côtes du Golfe Persique, et d'approvisionner ses armées dans les terres voisines de la Mer Caspienne, avait suggéré à Nadir la pensée d'avoir une marine. Pour arriver à ce résultat, il employa des moyens violents, fit saisir tous les bâtiments nationaux, mit en réquisition les navires étrangers qui se trouvaient dans les ports de la Perse, et ces mesures despotiques anéantirent complètement les relations commerciales si nécessaires à la prospérité des États.
Un des rêves de Nadir , du reste esprit très supérieur , paraît avoir été de réunir les chrétiens, les juifs et les musulmans dans une même
croyance; il fit traduire en persan plusieurs des livres hébraïques, ainsi que les évangiles. Cette pensée était inexécutable, et Nadir ne tarda pas à le reconnaître; dès lors, il se borna au projet d'établir parmi les mahométans une cinquième secte orthodoxe. Tous ses efforts pour amener les Persans à suivre celle secte furent inutiles, et il ne put jamais obtenir de la Sublime Porte un cinquième oratoire dans le sanctuaire du temple de la Mecque.
Nadir vieillissait; la vie des camps, cette existence de batailles n'allait plus à son tempérament ; il proposa les bases d'un traité général à ses nombreux ennemis, et comme la terreur qu'inspirait son nom était grande encore, la paix fut conclue en janvier 1747. Les fatigues de la guerre, les contrariétés, les soucis, les chagrins avaient altéré la santé de Nadir-
et lui rendaient Jo repos nécessaire. Menacé d'hydropisic pendant son séjour dans l'Inde, il avait amené avec lui un médecin célèbre qui le traita avec succès. Le docteur Indien mourut, et Nadir se confia aux soins d'un jésuite français, lo père Bazin. Nous devons à ce courageux missionnaire une curieuse relation des dernières années du conquérant. Ce qui perdit Nadir dans l'esprit des populations, ce fut surtout son peu do respect pour les opinions religieuses; son avarice extrême, son ambition, son intolérance, sa soif insatiable d'or et de conquêtes, le rendirent un objet d'borreur aux yeux des Persans. On ne peut se faire une idée de la férocité des agents qu'il employait pour se procurer de l'argent et des hommes. Lui-même, aigri peut-être par ses souffrances, par ses désastres dans sa dernière lutte contre les peuples du Caucase, par les révoltes qui éclataient de toutes parts, lui-même parcourait la Perse comme un chef de brigands; il rançonnait les villes, faisait mutiler ou aveugler les habitants ; on élevait sous ses yeux des pyramides d'ossements humains. Ispahan qui sous son règne perdit le rang de capitale de la Perse, eut particulièrement à souffrir de ses cruautés et de sa haine.
Les crimes de Nadir devaient avoir un terme; il était devenu insupportable à ses sujets, et tandis qu'à la tête d'une armée formidable, il allait combattre les Curdes, de sourdes menées se tramaient contre lui. Il était campé au milieu d'une vaste plaine, lorsque, dans la nuit du 19 au 20 juin 1747, quelques-uns de ses généraux persans, ayant à leur tête l'intendant de sa maison et le capitaine de ses gardes, entrèrent dans sa tente pour l'assassiner. Réveillé par le bruit, Nadir se lève, prend son sabre, et reçoit un coup de massue sur la tête; il tombe et demande la vie : a Tu n'as fait grâce à personne, lui disent les conjurés; tu n'en mérites aucune; » et ils le massacrèrent impitoyablement. Nadir-Shah était dans sa cinquante-neuvième année; On prétend qu'irrité contre les troupes persanes qui ne voulaient point adopter son système religieux, il avait donné mission aux Afghans et aux Uzbecks de les mettre à mort, et que les généraux persans, informés de cet ordre, se hâtèrent d'en prévenir l'exécution. Cette supposition n'est pas invraisemblable, car à la pointe du jour, les Afghans et les Uzbecks réunis vinrent attaquer les Persans, et venger du moins le prince qu'ils n'avaient pu défendre. Le chef secret de la conspiration, neveu de Nadir, fit périr toute la famille de son oncle, s'empara de ses trésors, et prit en main la suprême autorité ; il a gouverné la Perse sous le nom d'Adel-Shah.