PROMENADES A TRAVERS LES VILLES DE FRANCE
CHALON-SUR-SAONE.
Le département de Saône- et-Loire, formé de la portion la plus riche et la plus belle de l'ancien duché de Rourgogne, a déjà fourni quelques inspirations aux collaborateurs du Magasin Universel. Nous allons les compléter par une courte station dans la charmante cité de Chalon-sur-Saône. Ce déparlement , comme on le sait, a trois capitales, trois -villes princières; ce triumvirat se compose de Mâcon, chef-lieu administratif, de Châlon, chef-lieu judiciaire, d'Autun, chef-lieu épiscopal. M. Mazuy a décrit merveilleusement Mâcon ; Autun a trouvé une plume et un crayon pour ses monuments historiques ; parlons de Chalonsur-Saône.
Chalon-sur-Saône est agréablement assis entre Tournus, cette petite ville où commence en France, l'aspect italique avec les combles aplatis, la Villa sur les coteaux de ses environs, les lignes horizontales dans l'architecture , et Reaune, la cité vignoble par excellence. Participant du caractère de l'une et de l'autre, il doit être considéré comme le coeur réel de l'ancienne Rourgogne. Je ne sais si je me trompe, mais il me semble que c'est à Châlon qu'il faut chercher l'expression la plus complète de la nationalité bourguignonne. Auxerre, Chàtillon-sur-Seine, jetés sur les marches de notre contrée, auront beau faire valoir leur comprovincialisme chancelant, et revendiquer leur part de l'élément bourguignon, le type n'existe point en eux. De Dijon à Mâcon, se déroule la véritable Rourgogne, et Chalon-sur-Saône occupe le centre de celte délicieuse contrée.
On pourrait appeler Chalon-sur-Saône (YOrbandale des anciens romanciers) , la Tyr du pays bourguignon, à la pourpre et à quelques autres conditions près. Mais tout est relatif ; cette Tyr a son histoire ; place importante de la république des Éduens , dans la période gauloise, point de slation militaire d'une certaine valeur, sous la domination romaine, elle eut des rois bourguignons de la lignée franque, une cour célèbre. Ce fut près de celte ville que Constantin aperçut dans le ciel (quand il allait combatlre le tyran Maxence) cette croix lumineuse dont il fit reproduire l'image sur le Labarum, et au bas de laquelle étaient écrits ces mots providentiels :