L'OLYMPE ET LE KISSAVOS
L'Olympe et le Kissavos, ces deux montagnes' se querellent; l'Olympe alors se tourne , et dit au Kissavos : ne dispute point avec moi, ô Kissavos, toi, tou-
jours foulé par les pieds des Turcs. Je suis le vieil Olympe par le monde si renommé. J'ai quarantedeux sommets, soixante-deux sources , et à ebaque source, sa bannière , à chaque branche d'arbre, son Klephte. El sur ma plus haute cime, un aigle s'est posé, tenant dans sa serre une tête de brave ! — O tête, qu'as-tu fait pour être traitée ainsi? — Mange , oiseau , repais-toi de ma bravoure et de ma jeunesse ; ton aile deviendra grande d'une aune et ta serre d'un empan. Je fus Armatole à Lornos et à Xôromenos, cl douze ans Klephte , sur l'Olympe et dans les Khasia. J'ai tué soixante agas et brûlé leurs villages; pour les autres que j'ai laissés sur la place, Albanais ou Turcs, ils ne se comptent pas , oiseau. Mais à la fin est aussi venu mon tour de lomber dans les combats!
Alexandre Vayssièke.