‹ Magasin universel (volume 2)Chapitre 3 sur 187 · ORIGINE DES MONNAIES EN FRANCE · texte numérisé non relu

ORIGINE DES MONNAIES EN FRANCE

Il est difficile de préciser l'époque de l'origine de la monnaie; si l'on en croit Hérodote, ce sont les Lydiens qui ont fait cette découverte; d'autres auteurs disent que les A ss] riens furent les premiers qui battirent monnaie, long-temps avant la naissance d'Abraham. Enfin, plusieurs écrivains s'accordent à reporter l'origine des monnaies au temps où Janus et Saturne régnaient sur l'Italie.

Lorsque le métal fut introduit dans le commerce. le poids seul, et le degré de pureté en déterminaient la valeur. Ce n'est que plus tard (et pour remédier aux inconvénients qu'amenait la nécessii à chaque marché conclu, la quantité d'or ou d'argent que l'on donnait en paiement) qu'on imagina d'imprimer sur chaque pièce de métal, une empreinte qui pût en déterminer le poids ci la pureté.

L'origine de cette marque n'a jamais été bien précisée; s'il faut s'en rapporter à Moïse, l'art d'imprimer sur les métaux était connu long-temps avant Abraham, puisqu'il dit qu'Abimelech donna 1,000 pièces d'argent à ce patriarche. Ainsi, du temps de Jacob la monnaie était déjà en usage dans quelques pays.

En France, la plus ancienne monnaie date de Thôodebalt , roi de Metz, fils de Thierry et petit- Bis de Clovis. Ce ne fut qu'au commencement du ix' siècle qu'on commença à perfectionner la monnaie, qui prit le nom de livre, parce que la pièce contenait une livre d'argent. Le roi Charlemagne divisa cette livre en vingt pièces, que l'on nomma sols, et un de ces sols en douze autres pièces qu'on nomma deniers. Toutes ces pièces étaient d'argent fin, et se maintinrent dans leur pureté jusqu'à la fin du règne de Philippe 1", qui commença à y mêler le cuivre.

En 1103, on y allia un tiers de cuivre; dix ans plus tard, la livre était moitié cuivre et moitié argent; sous Philippe de Valois, il ne lui restait plus qu'un quart d'argent. Enfin, l'altération des monnaies fut poussée si loin, que 20 sous qui valaient avant le règne de Philippe 1er une livre réelle d'argent, n'en renfermait pas dans la suite le tiers d'une once. Les sols

subiront la même altération, et d'argent pur qu'ils étaient sous Charlemagne, ils se trouvèrent tout de cuivre sous Henri III. Depuis celle époque ils n'ont pas changé.

Ce fut sous le règne de Louis-le-Dèbonnaire que la livre prit le nom de franc, d'une figure gravée sur la pièce, représentant un Franc ou Français à cheval. Sous Charles II, enSGi, on mit en place l'effigie du prince régnant, et sous Philippe-le-Bel, elle commença à avoir la légende : sit nomen domini benedictum.

Les monnaies restèrent dans le même état, jusqu'en 16V0, où l'on commença à fabriquer des louis d'or et d'argent; ce fut le surintendant de Bullion qui fit frapper les premiers louis qui parurent en France.

On raconte que pour donner cours à cette monnaie, il imagina de convier à dîner cinq seigneurs de ses courtisans, fit servir au dessert trois bassins pleins de ces nouvelles pièces, et leur dit d'en prendre autant qu'ils en voudraient; chacun en remplit ses poches à l'envi , et se sauva sans attendre son carrosse. Un peu plus tard, on fil des demi-louis, des quadruples louis, et des pièces de dix louis, mais ces deux dernières n'ont point eu cours dans le commerce. En 1611, on battit des pièces de CO sous, 30 sous et de 15 sous , et dès le règne de Louis XV on fabriqua des pièces de 6 francs.

La révolution ne changea rien aux anciennes monnaies; mais on y ajouta des pièces de 5 francs, de 2 francs, des demi-francs et des quarts de francs ; depuis, les monnaies ne subirent de changement qu'en 1832, époque où disparurent les pièces de 3 et de 6 francs.

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