‹ Magasin universel (volume 2)Chapitre 4 sur 187 · LE CHEVALIER D'ASSAS · texte numérisé non relu

LE CHEVALIER D'ASSAS

Capitaine au service de France, dans le régiment d'Auvergne, d'Assas, né au Vigan, périt à Closler- Camp, où il commandait une grand'garde. Étant allé au point du jour reconnaître les postes, il tomba dans une colonne ennemie qui s'avançait en silence pour surprendre l'armée française. Aussitôt, des grenadiers le saisissent et le menacent de l'égorger s'il dit un seul mot. Il y allait du salut de l'armée française. D'Assas se recueille un inslant pour enfler sa voix, et s'écrie : A moi, Auvergne, voilà les ennemis. Aussitôt il tombe, percé de coups. Ce trait de courage sublime, long-temps oublié, dut à Voltaire la popularité dont il jouit dans l'histoire moderne. Sans vouloir rien ôter au mérite d'Assas, on doit dire que des milliers de braves, dans les guerres de la révolution, de l'empire, ont fait autant et plus que lui, et que, par une injustice du hasard , leurs noms, pour la plupart, sont restés inconnus.

(Epkémérides, 16 octobre 1760.)

Page 1