‹ Magasin universel (volume 2)Chapitre 70 sur 187 · SUR UNE INSCRIPTION INDIENNE · texte numérisé non relu

SUR UNE INSCRIPTION INDIENNE

C'est, la plupart du temps, par les inscriptions gravées sur leurs édifices , leurs monuments \otils, funéraires , (pie les anciens nous ont fait connaître l'existence de ces divinités innombrables dont leur mythologie était si richement dotée, ou d'un de ces faits semi-historiques , héroïques, ,'iijets habituels de leurs poèmes et de leurs représentations théâtrales. De là , l'élude toute particulière que l'on a faite, dans ces derniers temps surtout, de l'explication des inscriptions grecques et latines , et la place importante qui a été assignée à la paléographie, considérée comme science historique. Non moins curieuses par les faits qu'elles relatent, non moins difficiles souvent à expliquer, les inscriptions des monuments indiens ont été, de la part des savants infatigables qui se livrent à l'étude du samskrit, l'objet de longues et pénibles recherches. C'est ainsi que, grâce à leurs efforts , se sont vues expliquées la description du tombeau de Typou, celle trouvée à Éléphanta par les Portugais, celle relative aux Djaïns , ces ennemis jurés des brahmanes, et bien d'autres encore. L'orientaliste qui était parvenu à posséder le mieux la langue samskrite, M. Wilkins. nous a donné la traduction d'une inscription du genre de celles que nous venons de citer. Voulant donner une idée de leur nature et de leur style, nous l'avons choisie de préférence, parce qu'elle présente un plus grand nombre d'allusions aux croyances religieuses des Indiens, qui ne le cèdent à celles des anciens ni en richesse, ni en intérêt, ni en poésie. Chacun sait que l'Inde a aussi dans le Mahabarataelle Ramayana, son Odyssée et son Iliade, et que ces poètes furent les seuls historiens des temps primitifs de la Taprobane et de la Chersonèse-d'Or.

L'inscription que nous donnons ici a été lue par Wilkins sur une colonne qui s'élève dans un marais près d'un petit temple , à Bouddhal, dans la province de Serkar. La colonne qui a été représentée, vue de face et de côté, dans la figure, est dans un état de détérioration complet ; aperçue de loin , elle présente, suivant l'observateur anglais, l'aspect d'un cocotier tronqué.

Voici maintenant la traduction de Wilkins : pour en faciliter l'intelligence, nous l'avons accompagnée d'un petit commentaire destiné à expliquer les allusions mythologiques :

Page 1