‹ Magasin universel (volume 2)Chapitre 94 sur 187 · LES INCENDIES, EN · texte numérisé non relu

LES INCENDIES, EN

TOVT POR DIKY KT L'AMOVR.

Ces jours sont-ils marquéspour les fléaux du monde?. ..

— Assez, le choléra vint, de sa lèvre immonde,

Baiser la lèvre des humains.

— Naguère, triomphant, il dansait sur les tombes, Et l'on ne vit qu'après d'horribles hécatombes,

Le fer émoussé dans ses mains.

Tantôt encor, l'émeute a foudroyé nos villes; Nous avons entendu des discordes civiles,

Sonner le funèbre tocsin.

— Demain, peut-être, hélas! sur nos peuplades frêles, La peste d'Orient va déployer ses ailes,

Ficher sa faux dans notre sein.

Aujourd'hui, c'est la flamme au souffle délétère, Qui fait à chaque peuple, endormi sur la terre,

Sa part de cendres et de pleurs ; Et cela, quand la glace assiège notre porte, Quand, des monts espagnols, lèvent ne nous apporte, Que cris de mort et de douleurs.

La torche après le glaive ! — Est-ce Dieu qui se lasse? Est-ce le globe ancien qui change et se déplace?

Le grand abîme est-il ouvert?

— A mis, recueillons-nous; — c'est l'instant du silence; Attendons dans l'épreuve où le destin nous lance,

Que le secret soit découvert.

Que si le mauvais riche, en ce temps, fait ripaille, Quand l'orphelin tout nu se morfond sur la paille,

Quand à son cœur gèle le sang :

Ou bien, sur le sentier des voluptés bruyantes, Trouvant une besace et des voix suppliantes, Leur jette une obole, en passant;

La charité, d'ailleurs, cette vierge divine, Veille sur les mourants, les console, et devine Le pauvre, sans pain et sans draps.

— La charité du Christ, en ce pays de France, Lorsque le jour est gros d'angoisses et de souffrance,

Jamais, ne se croise les bras.

Dans son symbole, hélas! chaque tête est frappée; Londres, incessamment de commerce occupée,

Reine des maritimes champs, Qui, selon l'or, toujours pense, compte et mesure, Perd sa bourse, et n'a plus qu'une immense masure,

Au lieu du temple des marchands.

La froide Moscovie, à ses czars si fidèle, Voit périr dans le feu la plus magnifique aile

Du palais de ses empereurs.

L'autocrate gémit, s'humilie, et peut-être Songe au sol polonais, qu'inexorable maître

Il saccagea de ses fureurs.

Paris pleure un théâtre où la foule choisie Écouta si souvent, ivre de poésie,

Chanter Othello l'Africain.

De la nef des plaisirs, la voile est consumée...

— Mais, voilà qu'il s'élève une rouge fumée,

Pans la cité de Charles-Quint (*).

Des provinces du nord, la pieuse Italie

Voit par la flamme encor, sous ses yeux, démolie

Une église chère aux Gantois. ■*

— Puis, dans la noble Arras, à l'esprit charitable, Sur l'hospice embrasé, du fléau redoutable,

L'oeuvre commence par les toits.

Qu'à ces désastres , l'art blessé jusqu'aux entrailles , Se voile aussi de crêpe, assiste aux funérailles,

Et s'incline sur les débris !

— Et vous, seigneur, brisant le fatal cimeterre Du vandale nouveau qui ravage la terre,

Laissez au peuple ses abris.

Ah ! si la vieille Europe, inquiète et tremblante, Courbe vers le tombeau sa tête chancelante,

Jeunes frères, unissons-nous...

Resserrons nos liens et baissons la paupière;

— N'ayons peur, si le ciel nous réserve une pierre,

Pour y poser nos deux genoux !

Le Chev. Joseph Rard,

(De la Côte-d'Or.)

Chorey, février 1838.

( Antiquités mexicaines.— "Vase de granit. )

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