‹ Magasin universel (volume 3)Chapitre 168 sur 242 · GASTON, DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

GASTON, DUC D'ORLÉANS

Gaston de France, duc d'Orléans, troisième fils de Henri IV et de Marie de Médicis, naquit à Fontainebleau le 25 avril 1608; jusqu'à 18 ans il pot ta le titre de duc d'Anjou. Il grandit à la cour de son frère Louis XIII, et à une époque où l'on hâtait tant les vies royales, un prince si rapproché du trône devait naturellement adopter un parti, et servir de bannière à une des grandes opinions qui divisaient la société. Marie deMédicis avait une prédilection marquée pour Gaston ; non-seulement elle lui portait cette tendresse de mère qui était puissante chez la reine, mais elle y rattachait une pensée politique. Marie savait que pour dominer les volontés du roi, elle avait besoin de tous les appuis, et Gaston devait lui être en aide ; le caractère de ce prince se prêtait au rôle que les partis voulaient lui faire jouer; il était jaloux de son frère; il n'aimait pas le voir la couronne au front, tandis que lui languissait au fond de son faible apanage sous le gouvernement du maréchal d'Ornano. Toutes les fois qu'on s'adresse à Gaston pour lui inspirer l'esprit de révolte, il n'hésite point ; Huguenots, Catholiques ardents, tous lui font des offres de service. Louis XIII était sans enfants, et tout faisait croire qu'il n'aurait pas de postérité; dès lors Gaston aurait été appelé à la couronne. Le parti nobiliaire poussait encore plus haut ses projets ; cette couronne que l'on pouvait attendre par succession, pourquoi ne s'en emparerait-on pas par un coup hardi? A toutes les époques la noblesse n'avait- elle pas voulu avoir un roi de son choix? De là sans doute cette méfiance de Louis XIII, cette tristesse maladive qui tourmentait ses longues journées et ses nuits fatiguées de rêves; Gaston lui devint insupportable.

Dès l'année 1629, par suite de quelques discussions avec le cardinal Richelieu, on apprit que Gaston d'Orléans avait quitté la cour pour se rendre en Lor-

raine. Le cardinal avaitfait de grandes concessions au prince, frère du roi, pour l'attirer à ses intérêts; il avait présidé à son mariage, malheureuse union qui n'avait pas duré plus d'une année, car la princesse de Montpensier était morte en couches. Gaston avait reçu un bel apanage; à qui le devait-il, si ce n'était à Richelieu? Mais tout cela ne suffisait point au jeune prince; inconstant etléger, Gaston était sousl'influence d'un conseil de favoris auquel présidait Puylaurens. Jamais esprit plus hardi et plus faible en même temps que ce duc d'Orléans; il se jetait un jour avec toute imprudence dans une entreprise, le lendemain le repentir arrivait, les craintes, la peur, et avec cela les

d'ordonnance, convoqua la noblesse de son gouvernement, fit des achats d'armes et de munitions de guerre, projeta de s'emparer des passages de la Loire, et ordonna dans la Normandie des levées de troupes qui devaient se réunir à Orléans. Il quitta cette ville le 13 mars 1631, avec sa suite, pour se rendre en Bourgogne, où le duc de Bellegarde> gouverneur, était dévoué à ses intérêts; mais Louis XIII, après avoir fait arrêter la reine-mère à Compiègne, s'était déjà mis à la poursuite de son frère ; il était arrivé le premier à Dijon, et Gaston, à qui s'étaient réunis les ducs de Bellegarde et d'Elbeuf, se retira promptement en Lorraine. Le duc de Lorraine, qui avait per-

aveux, les trahisons envers ses amis. Gaston revint j sonnellement à se plaindre du cardinal, écouta favo

en France en 1630 ; cette année vit échouer la tentative de la reine-mère pour perdre le cardinal de Richelieu, et commencer les disgrâces de cette princesse, la toute-puissance du ministre, et les singulières fluctuations delapolitique et de la vie de Gaston d'Orléans. A son retour en France, Gaston avait fait les plus grandes protestations au roi, il avait promis surtout de se séparer de la reine-mère, dans son opposition contre la puissance haute et absolue du premier ministre. C'était une promesse vaine, et dans les derniers jours de décembre, voici ce qu'il advint. Le cardinal de Richelieu était chez lui, bien couvert et bien calfeutré, lorsqu'on annonça la visite inopinée de Monsieur, suivi d'une longue file de gentilshommes. Richelieu fut tout à la fois surpris et effrayé, il se leva sur-le-champ et vint au-devant de Gaston, qui, le saluant à peine, lui dit : « C'est malgré moi que j'ai juré naguère d'être votre ami ; je brise ce serinent, je ne puis le tenir envers un homme de votre sorte; vous outragez la reine ma mère. » Et aussitôt les gentilshommes firent geste de main et d'armes comme pour la venger. Richelieu restait muet, sans réflexion, saluant, baissant la tête et son corps, comme pour demander grâce. Gaston continua : « Quant à moi, vous me traitez avec par trop d'insolence, homme de rien que vous êtes ; vous mériteriez que je vous châtiasse comme un valet. » Et Gaston leva encore une fois la main ; tous les gentilshommes qui accompagnaient le prince fixaient les yeux sur lui pour savoir ce qu'ils devaient faire, et s'ils devaient se débarrasser du cardinal par quelque bon coup d'épée. « Je t'épargne, Monsignor, ajouta Gaston en se moquant; mais prends garde, car rien ne te garantira pour l'avenir du châtiment réservé à ceux qui outragent des gens de notre qualité. » Et Richelieu, le visage pâle, se confondit en signes de soumission, dans la crainte d'irriter davantage le fougueux jeune homme; on voyait ses yeux s'animer et renaître à mesure qu'il accompagnait Monsieur, se retirant plein de colère vers la porte, et accablant d'injures l'orgueilleux cardinal ; aussi, lorsqu'il eut tenu Terrier à Gaston, et qu'il le vit s'éloigner, il ne put s'empêcher de dire : « Je dois un ex voto à Notre-Dame pour en avoir échappé si belle; mais tout ce monde-là me le paiera. »

Gaston se retira le même jour à Orléans; les magistrats se déclarèrent pour lui, et les habitants armés gardèrent les portes pour veiller à sa sûreté. On blâma le prince d'avoir manqué de résolution, de s'être borné à vouloir faire peur, de n'avoir pas du moins enlevé le cardinal qu'il pouvait enfermer au château d'Àmboise. Gaston manda ses compagnies"

rablement la proposition d'une ligue contre Richelieu, et celle du mariage de Gaston avec sa sœur. Le 1er avril, Gaston écrivit au roi son frère une longue lettre : « Je ne suis point sorti de la cour, disait-il, pour troubler votre Etat ; si j'ai obtenu quelques faveurs des étrangers en ma retraite, la violence sans exemple de celui qui me poursuit avec vos armes les a comme obligés à ce faire. >• A cette lettre Richelieu fit répondre : « Personne ne poursuit Monsieur que sa mauvaise conduite. Le roi est résolu de châtier ceux qui, malicieusement et faussement, voudront calomnier ses serviteurs. » Gaston se prépara à entrer en France à la tête d'une puissante armée, et il publia un manifeste d'une violence extrême, où Richelieu est accusé d'avoir voulu attenter à la vie du roi, à celle de Monsieur et de la reine-mère, pour usurper la couronne. En moins de sixsemaines, le duc de Lorraine avait mis sur pied douze mille fantassins et cinq mille hommes de cavalerie ; des troupes avaient été aussi levées en France pour Monsieur, et l'infante Isabelle, gouvernante des Pays-Bas, lui envoya des secours en argent. Tous ces préparatifs n'effrayèrent point Richelieu ; il menaça le duc de Lorraine d'envahir sa principauté s'il ne licenciait ses troupes; et celui-ci, voyant l'orage près de fondre sur lui, ne trouvant dans Gaston ni l'audace ni les moyens pour une grande entreprise, obéit sans hésiter aux ordres du cardinal. Gaston se réfugia à Bruxelles.

A celte époque une commission jugeait, à Rue], le maréchal de Marillac, et les menaces de Monsieur hâtèrent son exécution. Le prince se prépara à la guerre; ses pierreries et joyaux furent engagés à Amsterdam ; il devait entrer en France avec les Espagnols, et le duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, le recevrait dans sa province. Dix régiments de cavalerie allemande, liégeoise et wallonne, se réunirent à Trêves; Gaston y joignit douze cents chevau-légers et gendarmes; le duc d'Elbeuf eut la lieutenance générale de cette armée. Montmorency n'était, pas encore en mesure ; il avait demandé que l'armée de Gaston n'entrât en France qu'au mois d'août, mais elle s'était mise en marche dès le mois de mai. Langres, Dijon, et toutes les villes jusqu'aux frontières du Languedoc, refusèrent d'ouvrir leurs portes. Lodève, Pézenas, Béziers, reçurent Gaston; mais bientôt le combat de Castelnaudary renversa tous les projets du frère du roi. Lorsque après la défaite du maréchal de Montmorency, l'armée entière fuyait de toutes parts, Gaston voulut s'élancer tête baissée dans les rangs ennemis, et les seigneurs qui restaient aupiès de lui eurent beaucoup de peine à

le retenir. Les Espagnols l'appelèrent en Roussillon, lui promettant encore des secours en hommes et en argent ; mais il céda aux prières de la duchesse de Montmorency, qui espérait par la soumission du prince obtenir la liberté de son mari. Louis XIII et le cardinal de Richelieu venaient d'entrer en Languedoc avec une troisième armée. Gaston dépêcha vers son frère le sieur de Chaudebonne ; et en même temps il reçut du roi un envoyé chargé de lui annoncer qu'il serait reçu en grâce s'il renonçait à conspirer contre l'Etat. La réconciliation eut lieu ; Gaston promit de se retirer en telle ville que le roi aurait agréable, à ne recevoir aux charges de sa maison que des personnes agréables à Sa Majesté et nommées par elle, et de plus d'aimer tous ceux qui servaient Sadite

Majesté, et particulièrement le cardinal de Richelieu, son cousin « lequel il avait toujours estimé pour sa fidélité à la personne du roi et aux intérêts de V Etal. » Cette déclaration signée, Gaston alla habiter Tours. Parmi ceux qui avaient embrassé la cause de Gaston d'Orléans, le sieur Cabestan fut exécuté à Lyon, le vicomte de l'Estange au Pont-Saint-Esprit, le sieur Deshayes, à Réziers, et le duc de Montmorency à Toulouse. Le supplice du duc de Montmorency surtout excita une impression profonde de pitié et de terreur ; on avait foulé aux pieds les promesses secrètes, les engagements pris avec Gaston d'Orléans. Aussi Monsieur manifesta -t-il toute sa colère ; c'était là un manquement de parole qui fortifiait sa haine contre Richelieu. Gaston n'hésita pas un moment;

(Gaston d'Orléans.)

poussé par ses courtisans, alléché par l'Espagne, il quitta encore une fois la France pour se retirer à Bruxelles. A Montereau, au moment où on le débottait, il prit la plume et écrivit au roi son frère une lettre où il seplaignaitdu méprisse la foi jurée, annoncantsa résolution de chercher auprès des étrangers une retraite assurée. Il y avait à peine six mois qu'il était à Bruxelles, lorsqu'il accepta les propositions d'accommodementqui lui furent faites de la part du roi, et on le vit reparaître à la cour, donnant la main à son cher cousin le cardinal. En 1636, le comte de Soissons voulant se défaire de Richelieu, à Amiens , quelques estafiers se chargèrent d'exécuter ce dangereux complot; mais la faiblesse de Gaston le fit échouer. En 1 G4 1 , il laissa le duc de Guise et le duc de Rouillon traiter avec les Espagnols; mais l'année suivante, il s'engagea dans la conspiration de Cinq-Mars. Un traité fut

signé à Madrid par Fon tailles au nom de Gaston, et par Olivarez pour le roi d'Espagne; d'après ce traité, Monsieur devait recevoir quatre cent mille écus pour faire des levées en France, et cent vingt mille écus de pension. Richelieu découvrit ces trames, et Gaston demanda grâce, en chargeant et abandonnant ses complices. Dans cette affaire, il se couvrit de honte ; l'original du traité avec l'Espagne avait été brûlé, son silence entraînait l'absolution de Cinq-Mars et de de Thou. Gaston consentit à se laisser interroger par le chancelier, et ses réponses seules servirent de preuves contre ses coaccusés.

Après la mort de Richelieu et de Louis XIII, la régence du royaume fut déférée à Anne d'Autriche, et Gaston nommé lieutenant -général du roi mineur. Mazarin prenait alors les rênes du gouvernement. Gaston, qui s'était montré si remuant sous le règne de

son frère, ne devait pas rester étranger aux intrigues et aux désordres d'une régence; et l'ennemi flottant de Richelieu ne pouvait être l'ami constant de Mazarin. La guerre de la Fronde commence en 1648 et finit en 1652. Si l'on vit à cette singulière époque de notre histoire le grand (.onde assiéger Paris pour le roi, et bientôt après défendre Paris contre le roi; Turenne donner pour le roi le combat du faubourg Saint- Antoine, et l'année suivante prendre la qualité de lieutenant-général de l'armée contre le roi pour la liberté des princes, on sera moins étonné de la versatilité de Gaston, qui, gouverné par l'abbé de La Rivière, et ensuite par le cardinal de Retz, changea plusieurs fois de parti. En 1649, il se joint au prince de Condé pour faire le blocus de Paris ; en 1650, Condé est arrêté prisonnier, et c'est avec le consentement de Gaston. En 1651, il traite avec les Espagnols et ramène en triomphe à Paris les princes mis en liberté. Bientôt il se sépare encore du prince de Condé. Anne d'Autriche l'avait plusieurs fois perdu et regagné, lorsqu'enfin il se réunit au prince de Condé pour forcer la reine-mère à renvoyer une seconde fois le cardinal Mazarin. Gaston fait partir pour Orléans mademoiselle de Montpensier, sa fille, avec la mission de maintenir cette ville dans son parti. Lors du combat du faubourg Saint-Antoine, Condé, refoulé sous les murs de Paris, allait être vaincu ; le duc d'Orléans, cédant aux sollicitations des chefs de la Fronde, monte à cheval, fait armer le peuple et vient sauver Condé et son armée. Paris ouvre ses portes, et suru.n ordre de Gaston, obtenu par Mademoiselle, et dont l'original est conservé à la Bibliothèque royale, le canonde la Bastille tire surlestroupesduroi. Peu de temps après, le jeune Louis XIV rentra dans Paris. « Et quoiqu'il fût du devoir du duc d'Orléans, écrit un parlementaire, de venir au-devant du roi son neveu, cependant il ne le fit pas. Le sieur deServin lui fut envoyé le même soir au nom de Sa Majesté, pour lui faire entendre qu'il devait se retirer dans son logis de Limours; à quoi il répondit avec quelques paroles qui marquaient son ressentiment. Le duc ne voulut point cependant suivre les conseils de ceux qui lui disaient de ne pas obéir: il résolut de céder et se retira le lendemain à Limours, avec divers seigneurs de son parti. » Depuis cette époque, la vie politique de Gaston n'offre plus rien de remarquable. Il mourut à Blois, le 2 février 1660, âgé de cinquantedeux ans. Gaston d'Orléans était l'homme du monde qui aimait le plus le commencement des affaires, comme il était l'homme du monde qui en craignait le plus le dénoûment; il entra dans tous les complots, parce qu'il n'eut pas la force de résister à ceux qui l'y entraînaient, et il en sortit toujours avec honte parce qu'il n'eut pas le courage de les soutenir. Du reste, brave de sa personne ; on l'a présenté comme un lâche, il ne l'était point ; sur plus d'un champ de bataille il avait croisé le fer et montré ainsi sa noble origine; mais il était dépourvu de cette énergie de volonté qui constitue l'homme politique; il n'avait point de tenue, et le président Mathieu Mole put dire de lui avec vérité que le dernier qui lui parlait avait toujours raison ; son caractère facile convenait aux gens de loi et de basoche; aussi les caricatures, sous la Fronde, le placèrent sous un bonnet à mortier de président, qui absorbait sa tête fatiguée. A. Maïcy.

LE S1MPLON.

Situé presque à l'extrémité Oiuntale du Valais, le Smiplon est l'un des passages les moins élevés de ceux qui servent à la communication de la France et de l'Italie ; mais aussi, plus qu'aucun autre, il réunit les merveilles de la nature à celles du génie humain. Sa traversée, de Brigg à Domo-d'Ossola, est de 13 lieues et demie. Jusqu'au commencement de ce siècle, il n'existait au milieu de ses rochers qu'un sentier étroit et périlleux, que parcourait à peine quelque muletier ou quelque voyageur guidé par une impérieuse nécessité.

Ce fut pour favoriser les relations militaires et commerciales de la France et de l'Italie que les travaux de la route du Siinplon furent ordonnés par arrêté des consuls, du 20 fructidor an 8 (7 septembre 1800). Ils commencèrent au printemps de l'an 9 (18:1) et furent terminés, en 1807, d'après les plans du général Thureau et de l'ingénieur en chef Céard, sous la direction de ce dernier, et sous l'inspection de MM. Lescot, Houdard, Cordier et Polonceau, pour la partie du côté de la Suisse, et de MM. Duchènc, Coutmond, Maillard. Gianolla et Rossi, pour la partie de l'Italie.

La difficulté du travail fut beaucoup plus grande de ce dernier côté. Il fallut percer d'outre en outre des rochers d'une masse énorme et dans une vallée très-étroite, franchir des torrents et des précipices, soutenir des montagnes dont la base était minée par les eaux et le temps, et construire sur leurs flancs des massifs de murailles, quelquefois élevés de plus de cent pieds. Aucune de ces immenses difficultés n'a étonné les ingénieurs, et le succès a pleinement justifié leur noble confiance. De Brigg à Domo-d'Ossola la route, aussi unie qu'une allée de jardin, est tracée au milieu des rochers, des précipices et des torrents, se ployant avec élégance pour suivre les ondulations et la pente des montagnes. Sur une largeur invariable de 24 pieds elle conserve uneinclinaison constante de 6 pouces seulement par toise, et insensiblement elle s'élève jusqu'au-dessus des nuages, à la hauteur de 4,014 pieds au-dessus de Brigg, pour redescendre de 5,255 pieds jusqu'à Domo-d'Ossola. On a établi de distance en distance, ainsi qu'au Mont-Cenis, des Hivernales, ou refuges pour le voyageur fatigué ou égaré ; des parapets ou des bornes le rassurent dans les endroits dangereux, où, en un mot, celui qui traverse dans l'été cette route merveilleuse, jouit, sans courir aucun danger, des tableaux les plus imposants, les plus sublimes que puisse piésenter la nature.

Les frais qu'a dû coûter cette œuvre gigantesque sont incalculables : on ' ne parle pas de moins de 12,000,000 francs, produit des contributions imposées à l'Italie, comme l'indique l'inscription de la grande galerie, ./ère italo.

Tous les jours 3,000 ouvriers y travaillaient, et 160,000 quintaux de poudre suffirent à peine pour faire sauter les rochers. Et pourtant les aqueducs, les murs de soutènement d'une hardiesse étonnante, les ponts, au nombre de vingt-deux, plusieurs galeries énormes, tout fut achevé dans l'espace de six ans !

La route part de Brigg, bourg assez important, situé au pied du Simplon, et auquel plusieurs couvents, un château flanqué de quatre tours surmontées de

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