‹ Magasin universel (volume 3)Chapitre 176 sur 242 · ENTRE LES MARINS ET LES NATURELS DE CERTAINES CONTRÉES · texte numérisé non relu

ENTRE LES MARINS ET LES NATURELS DE CERTAINES CONTRÉES

On ne saurait trop déplorer la fâcheuse influence que les navires employés aux voyages de long cours exercent souvent sur les sauvages hahitants des îles qu'ils visitent; outre l'exemple des vices les plus grossiers, qui est donné aux naturels par les matelots, et la mauvaise foi dont on use sans scrupule dans les rapports qu'on entretient avec eux, on les corrompt encore parles ohjets d'échange qu'on leur porte. Il arrive souvent qu'on n'a à leur offrir que des armes à feu, des munitions et de l'eau-de-vie, pour l'eau, les vivres et le bois dont on désire s'approvisionner sur leurs côtes; tandis qu'on pourrait profiter de ces échanges pour les faire jouir de quelques-uns des avantages réels de la civilisation, et pour leur communiquer aussi des notions utiles. On n'apprendra pas sans intérêt que le capitaine Finch, commandant du Vincamcs, l'un des bâtiments de la marine des États-Unis, s'est fait la loi de ne jamais donner d'armes aux sauvages, de peur de leur faciliter par là les guerres qu'ils entretiennent de trihu à tribu. Ayant rencontré à Nukuhiva, Tune des îles de Washington, le navire français le Pagure, et sachant que le capitaine n'avait à bord d'autres objets d'échange que des mousquets et de l'eau-de-vie, le capitaine Finch fit faire par ses propres chaloupes les approvisionnements dont ce navire avait besoin, et offrit au capitaine français des étoffes de coton et des outils, pour les échanges qu'il serait dans le cas de faire pendant le reste du vovage.

Il visita successivement les Ta'ipis, les Teiis, les Taivas et les Hapas, qui habitent différents quartiers de l'île de Nukuhiva, et qui se livrent à de continuelles hostilités, et les exhorta à vivre en paix les uns avec les autres.

Les chefs de ces peuplades le remercièrent du conseil cpi'il leur donnait, etexprimèrenlleuréîonnemenl de ce qu'aucun des navires qui les avaient visités auparavant ne leur en avait jamais donné un pareil.

FRANCE

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