‹ Magasin universel (volume 3)Chapitre 206 sur 242 · ONT. FAICT. FAIRE. LE. PRESENT. TABLEAV · texte numérisé non relu

ONT. FAICT. FAIRE. LE. PRESENT. TABLEAV

MDCIX .

Ces trois pages sont délicieuses de coloris, correctes de dessin et du plus grand prix aux yeux des artistes.

A la Maison- de-Ville, on vous montrera encore l'enveloppe des vases d'argent dans lesquels était contenu le vin d'honneur que l'on offrait aux gouverneurs de la province et aux princes. — Piosper Jo-

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( Église de Saint-Symphorien à Nuits)

lyot de Crébillon était d'origine nuitonne; Jean Sarrazin, comédien du roi ;N. Hornot, auteur de l'Abrégé chronologique de l'Histoire universelle; François Thurot, capitaine, célèbre marin, dont on voit un très-mauvais portrait au pastel dans la salle du Conseil, à la Maison-de-Ville ; Antoine Broin, religieux de la Trappe, mort en odeur de sainteté, étaient nés à Nuits. — Les armes de cette ville sont d'azur à trois bandes d'or : autrefois, elles étaient de trois quinte-feuilles de Vergy.

Louis XIII a couché à Nuits le 3 septembre 1730, et Louis XIV y fit son entrée en 1658. Bonaparte' alors simple officier d'artillerie, a habité assez longtemps cette petite cité pour en avoir gai dé le sou Te-

nir et avoir remarqué l'esprit fin, délicat, l'amabilité constante de feue Madame Marey , mère de M. Marey-Gassendi, ancieu maire de Nuits.

Le territoire de Nuits, qui comprend le clos de Vougeot, la Romanée-Conti, les Richebourgs, les Saint-Georges, les Saint-Julien, les Echéseaux, la Tâche, etc., produit les vins les plus distingués de toute la Bourgogne ; cette ville, véritable capitale du haut vignoble, a vu partir de son sein le signal d'une industrie nouvelle qui a ouvert un immense avenir au commerce de Bourgogne, je veux parler des vins mousseux.

C'est dans les environs et le faubourg occidental de NnitB, que le patois bouiguignon s'est le mieux

maintenu, pur de toute altération. — Voici un exemple de cette langue si accentuée, si abondante :

« Vah ! bô Gieu dé Gieu, qués sôpés que c'étô que ce qui : en serai-l-y jamâ dé tant béas su la tàrre ? — Pendant qu'ai mangeint ai foison, qui dé neus aui ô osû aillé cri dé l'éâ à l'ai rivère ? »

Traduction. Ab ! bon DieudeDieu, quels repas que c'était, cela! en sera-t-il jamais de plus beaux sur la terre ? — Pendant qu'ils mangeaient à merci, qui de nous aurait osé aller chercher de l'eau à la rivière ?

Ces phrases sont extraites de la conversation d'une bonne vieille racontant, un soir, à l'auteur de ce fragment, ce qu'étaient les repas des fées nuitonnes, dont le palais était aux Trous légers, dans le magnifique et pittoresque vallon de Nuits. Car il faut bien que vous le sachiez, c'est dans la vallée qui avoisine cette charmante cité, que dorment toutes les mythes populaires et toutes les pieuses traditions de la vieille Bourgogne. — Sans doute le siècle où nous vivons a soufflé sur toute cette tiède et vivifiante poésie du peuple, qui tapissait nos collines, et soupirait sous les pas de nos aïeux ; sans doute il a atténué tous ses souvenirs et désenchanté tous ses rêves ; mais assez de légendes ont survécu, ici, pour parfumer encore les âmes éprises comme la mienne de tout ce qui est mystère et passé.

Le chevalier Joseph Bard (de la Côte-d'Or),

Inspecteur des monuments historiques.

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