‹ Magasin universel (volume 3)Chapitre 50 sur 242 · DÉCOUVERTE A NANTES EN SEPTEMBRE 183G · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE A NANTES EN SEPTEMBRE 183G

Une découverte des plus importantes pour les amateurs d'archéologie vient d'être faite dans cette ville. En déblayant un ancien mur d'enceinte de la ville, dans l'emplacement d'une maison que l'on bâtit rue Royale, on a mis à découvert une statue de femme à corps de chien ou de sphinx, dont l'exécution paraît remonter à la plus haute antiquité. La tête, remarquable par son caractère, est bien conservée. Les détails du corps rappellent les statues d'Isis et d'Io, et peuvent faire présumer l'origine égyptienne de ce curieux monument. Souslapartieinféi ieuredu corps, on remarque deux rangées de mamelles, signe adopté, comme on sait, dans l'antiquité égyptienne, comme symbole de la fécondité, ou, comme il n'est pas rare d'en trouver des exemples, attribué aux divinités qui président aux tombeaux. Il est probable que cette statue servait d'ornement à quelque cippe funéraire, dont on ne manquera pas de retrouver les vestiges en continuant de savantes recherches.

Ce qui donne bon espoir, c'est que ce n'est pas la première antiquité découverte sous cet emplacement. Dans un livre de recherches curieuses sur l'histoire

nationale, publié par M. Fournicr de Nantes, cet habile archéologue a prouvé que ce même emplacement qui occupe le terrain de l'église de Saint-Pierre, presque vers la place de la Préfecture, avait servi de cimetière pendant le temps de la domination romaine. Les tombeaux qu'il a reconnus et explorés renfermaient, outre les charbons, les cendres et les vases antiques, de nombreux objets de fabrication romaine. Non loin de là, on sait qu'il existe encore des vestiges de l'ancien temple de Yolianus. Cette précieuse découverte a mis en émoi tous les savants nantais, et l'on ne doute pas que tant de zèle n'aboutisse à quelque autre précieuse révélation.

Page 1