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ART DE RESTAURER LES TABLEAUX

Outre lés accidensqui peuvent en un instant endommager plus ou moins un tableau , l'air et la lumière ont sur la peinture une action puissante qui l'altère plus ou moins promptement, suivant la qualité ou la préparation des couleurs employéesetsuivantle lieu où les tableaux sont exposés.

Les vernis qu'on applique sur les tableaux n'ont pas seulement pour résultat de faire ressortir la transparence et l'éclat des couleurs ; ils les préservent encore de l'action de certaines émanations qui les altéreraient, si elles se trouvaient en contact immédiat avec elles. Ces vernis doivent être renouvelés de temps en temps, parce qu'ils perdent leur transparence et jaunissent d'autant plus promptement, qu'ils sont exposés dans un lieu plus obscur, et où l'air se renouvelle plus difficilement.

Il résulte de là que la place la plus convenable pour la conservation des tableaux est une salle bien aérée et éclairée par un jour du nord.

Lorsque l'altération du vernis est parvenue au point où il nuit plutôt qu'il ne sert à l'effet du tableau, il faut l'enlever et en remettre un autre , opération assez facile , tant qu'on ne rencontre que des vernis ordinaires composés de mastic dissous dans l'huile volatile térébenthine; mais quelques peintres ont cru pouvoir employer des vernis huileux, tels que le vernis au copal, et il est très difficile de les enlever. Dans tous les cas , même lorsqu'il ne s'agit (pie d'enlever un vernis tendre , il y a des précautions à prendre pour ne pas attaquer les glacis.

Le procédé le plus ordinairement employé pour enlever le vernis consiste à frotter la surface du tableau avec le bout des doigts , que l'on a préalablement dégraissés avec un peu de résine quelconque pulvérisée. Ce frottement réduit aussitôt le vernis en poussière; et, en continuant de frotter , on le fait disparaître en entier.

On conçoit qu'une pareille manutention doit user l'épiderme; c'est pourquoi il est mieux de se servir d'un morceau de peau. Mais de quelque manière qu'on opère, il faut essuyer souvent la poussière, pour s'assurer qu'on n'effleure pas la peinture.

On peut encore enlever le vernis en le dissolvant avec un mélange d'alcool , d'essence de térébenthine et d'huile. On tient de chaque main un petit tampon de coton imbibé, l'un du mélange ci-dessus, l'autre d'huile pure. On commence par frotter d'huile la place que l'on vent dcvernir; ensuite on emploie le mélange spiritueux qui dissout le vernis très rapidement : c'est pourquoi il ne faut frotter que pendant quelques secondes , et de suite on doit arrêter l'action dissolvante avec le coton imbibé d'huile. Sans cette précaution, on s'exposerait à dissoudre une partie de la couleur; de plus, on a soin d'examiner à chaque instant l'état du tampon dissolvant , pour voir s'il n'a attaqué que le vernis.

( La suite à un prochain numéro, )

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